Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il écrivait à ses gouverneurs : « Évitez de vous occuper de travaux au moment des prières, car celui qui les néglige est encore plus enclin à négliger les autres prescriptions de l’islam. »

Il arrivait qu’il adresse une exhortation au gouverneur qu’il avait nommé, et celui-ci en était si fortement ébranlé qu’il pouvait se démettre de lui-même de sa fonction et quitter son poste, tant la parole de ‘Umar trouvait un écho profond en lui. En effet, lorsqu’une exhortation jaillit du cœur de celui qui conseille, elle pénètre le cœur de celui qui est exhorté (1).

Nombre d’imams ont déclaré explicitement que toute personne à qui ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz confiait une responsabilité était digne de confiance. Al-Hasan al-Basrî lui avait lui-même écrit de belles exhortations, et si nous devions tout rapporter, ce chapitre deviendrait trop long. Nous avons néanmoins mentionné ce qui suffit à l’illustrer.

Il écrivit ainsi à l’un de ses gouverneurs : « Après quoi… Je te rappelle la nuit qui précède l’Heure, et dont le matin sera celui de la Résurrection. Quelle nuit ! Et quel matin ! “Et ce jour-là sera un jour difficile pour les mécréants.” [Al-Furqân : 26]. »

À un autre, il écrivit : « Je te rappelle la longue veille des gens de l’Enfer, dans les flammes, pour l’éternité. Garde-toi de paraître devant Dieu en étant condamné ; ne risque pas que ce soit ton dernier instant auprès de Lui, annihilant tout espoir de Sa clémence. »

On raconte qu’à la réception de cette lettre, le gouverneur concerné délaissa lui-même sa charge et se rendit auprès de ‘Umar. Celui-ci lui demanda : « Qu’y a-t-il ? » Le gouverneur répondit : « Tu m’as tellement bouleversé par ta lettre, ô Commandeur des Croyants, que je jure de ne plus jamais exercer de fonction officielle. »

[Section]

Il restitua tous les biens pris de manière injuste, comme nous l’avons déjà mentionné (2), au point de rendre même le chaton de bague qu’il portait. Il déclara : « Al-Walîd me l’avait donné sans en détenir le droit. » Il renonça à tout ce dont il jouissait auparavant en matière de vêtements raffinés, de nourriture ou de biens matériels, au point de cesser de se réjouir de sa propre épouse Fâtima, réputée pour sa grande beauté et qui était la fille de son oncle paternel, le calife ‘Abd al-Malik ibn Marwân. On rapporte même qu’il aurait restitué au Bayt al-Mâl (Trésor public) l’équipement et les biens qui lui venaient d’elle, Dieu seul le sait.

Avant d’accéder au califat, ses revenus annuels s’élevaient à quarante mille dinars. Il y renonça complètement, si bien qu’il ne lui resta plus que quatre cents dinars de revenu par an. Lorsqu’il prit ses fonctions de calife, il ne possédait que trois cents dirhams. Il avait plusieurs enfants, dont son fils ‘Abd al-Malik, qui était le plus éminent d’entre eux ; ce dernier mourut de son vivant, durant le califat de son père, et l’on rapporte qu’il était d’un bien encore supérieur à celui de ‘Umar. À sa mort, ‘Umar ne laissa pas paraître de tristesse et dit : « C’est un décret agréé par Dieu, je ne puis donc m’y opposer. »

Avant de devenir calife, on lui apportait des chemises d’une finesse et d’une douceur remarquables, et il s’exclamait : « Comme elles sont belles, si seulement elles n’étaient pas si rugueuses ! » Mais après être devenu calife, il portait des chemises épaisses et rapiécées, qu’il ne lavait même pas avant qu’elles ne soient très sales, en disant : « Comme elle est belle, si seulement elle n’était pas si douce ! » Il revêtait également un manteau de peau épais. Sa lampe consistait en trois tiges ayant chacune de l’argile à leur extrémité, et il ne construisit jamais rien ou ne fit ériger aucun édifice.

(1) Dans (B, Ḥ) : « ... son admonestation vient de lui, et cela uniquement parce qu'elle sort du cœur du prédicateur et pénètre dans le cœur de l'autre. » (2) Voir p. 18 de ce volume.
وكان يكتبُ إلى عمَّاله: اجتنبوا الأشغال عند حضورِ الصلوات، فإنَّ منْ أضاعَها فهو لما سواها من شرائع الإسلام أشدُّ تضييعًا. وقد كان يكتبُ الموعظةَ إلى العامل من عماله فينخَلِعُ منها، وربما عزَلَ بعضُهم نفسَه عن العمالة وطوى البلاد من شدَّة ما تقعُ موعظتُه منه، وذلك أنَّ الموعظة إذا خرجتْ من قلب الواعظ دخلتْ قلبَ الموعوظ (١) . وقد صرَّح كثيرٌ من الأئمة بأنَّ كل من استعمله عمر بن عبد العزيز ثقة، وقد كتب إليه الحسن البصري بمواعظَ حسان ولو تقصَّينا ذلك لطال به هذا الفصل. ولكن قد ذكرنا ما فيه إشارةٌ إلى ذلك. وكتب إلى بعض عماله: أما بعد، فإني أذكِّرك ليلة تمخَّضُ بالساعةِ وصباحُها القيامة، فيا لها من ليلة، ويا له من صباح، ﴿وَكَانَ يَوْمًا عَلَى الْكَافِرِينَ عَسِيرًا﴾ [الفرقان: ٢٦] وكتب إلى آخر: أذْكِّركَ طولَ سهرِ أهل النار في النار مع خلودِ الأبد، وإيَّاك أنْ ينصرفَ بك من عند الله، فيكون آخر العهد بك، وانقطاع الرجاءِ منك. قالوا: فخلَعَ هذا العاملُ نفسَه من العمالة، وقدم على عمر فقال له: ما لك؟ فقال: خلعتَ قلبي بكتابك يا أمير المؤمنين، والله لا أعودُ إلى ولايةٍ أبدًا. [فصل] وفد ردَّ جميعَ المظالم كما قدَّمنا (٢) ، حتى إنَّه ردَّ فصَّ خاتم كان في يدِه، وقال: أعطانيه الوليدُ من غير حقِّه؛ وخرج من جميع ما كان فيه من النعيم في المَلْبس والمأكل والمتاع، حتى إنَّه ترك التمتُّع بزوجته فاطمة، وكانت من أحسن النساء، وبنت عمه أمير المؤمنين عبد الملك بن مروان، ويقال: إنه ردَّ جهازها وما كان من أموالها إلى بيتِ المال، والله أعلم. وقد كان دخْلُه في كلِّ سنة قبل أن يلي الخلافة أربعين ألف دينار، فترَك ذلك كلَّه حتى لم يبقَ له دَخْلٌ سوى أربعمئة دينار في كلِّ سنة، وكان حاصله حين ولي الخلافة ثلاثمئة درهم، وكان له من الأولاد جماعة، وكان ابنُه عبدُ الملك أجلَّهم، فماتَ في حياته في زمن خلافته، ويقال إنه كان خيرًا من أبيه، فلما مات لم يُظهر عليه حُزنًا، وقال: أمر رضيه الله فلا أكرهه، وكان قبل الخلافة يؤتى بالقميص الرفيع اللين جدًّا فيقول: ما أحسنه لولا خشونة فيه، فلما ولي الخلافة كان بعد ذلك يلبس القميص الغليظ المرقوع ولا يغسله حتى يتسخ جدًّا، ويقول: ما أحسنَه لولا لينه. وكان يلبسُ الفروةَ الغليظة، وكان سراجُه على ثلاث قصبات في رأسهن طين، ولم يَبن شيئًا
(١) في (ب، ح): " … موعظته منه، وما ذاك إلا لأنها تخرج من قلب الواعظ فتدخل في قلب الآخر". (٢) انظر ص (١٨) من هذا الجزء.

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