Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous faisions paître nos moutons sous le califat de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, tous au même endroit. Un jour, un loup s’attaqua à l’une des brebis. Je m’exclamai alors : « Nous appartenons à Dieu ! Je ne peux qu’en conclure que cet homme pieux est décédé. » Il dit : « Nous avons fait le calcul (1), et il s’avéra qu’il était effectivement mort cette nuit-là. »

D’autres ont rapporté le même fait de la part de Ḥammād, qui disait : « Nous gardions des moutons à Kermān » et il mentionna la même histoire ; un autre témoignage la confirme également.

Parmi ses invocations, on rapporte : « Ô Dieu, des hommes T’ont obéi comme Tu le leur as ordonné et se sont abstenus de ce que Tu leur as interdit. Ô Dieu, c’est en réalité Ta grâce qui les a guidés avant même leur obéissance envers Toi ; accorde-moi donc Ta grâce (2). »

On rapporte aussi de lui : « Ô Dieu, ʿUmar n’est pas digne de recevoir Ta miséricorde, mais Ta miséricorde est digne d’atteindre ʿUmar (3). »

Un homme lui dit : « Qu’Allah te maintienne en vie aussi longtemps que cette vie t’est profitable ! » ʿUmar répondit : « C’est déjà décrété. Dis plutôt : “Qu’Allah te donne une vie empreinte de bien et te fasse mourir parmi les justes” (3). »

Un autre lui demanda : « Comment te portes-tu ce matin, ô Commandeur des croyants ? » Il répondit : « Ce matin, je me sens lent, pesant, souillé par les fautes, et je place mes espoirs en Dieu (3). »

Un jour, un homme entra auprès de lui et dit : « Ô Commandeur des croyants, ceux qui t’ont précédé trouvaient dans le califat un ornement, tandis que toi, tu es l’ornement du califat. Ta semblance, ô Commandeur des croyants, est comme l’a dit le poète :
“Et lorsque la perle rehausse la beauté des visages…
C’est la splendeur de ton visage qui orne la perle.” »

Alors ʿUmar se détourna de lui (3).

Rajāʾ ibn Ḥaywah raconta : « Un soir, je veillai chez ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz et la lampe commença à faiblir. Je lui dis : “Ô Commandeur des croyants, ne devrais-je pas réveiller ce jeune serviteur pour qu’il la répare ?” Il répondit : “Non ! Laisse-le dormir, je ne veux pas lui imposer deux travaux à la fois.” Je proposai : “Ne puis-je pas me lever pour la réparer ?” Il répliqua : “Non ! Il ne convient pas d’utiliser un hôte comme serviteur.” Alors il se leva lui-même, arrangea la lampe et y versa de l’huile, puis il revint en disant : “Je me suis levé étant ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, et je me suis rassis étant ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz (4).” »

Il déclara aussi : « Multipliez le rappel des bienfaits, car le rappeler, c’est déjà en faire preuve de gratitude (5). »

Il dit encore : « Ce qui m’empêche de parler abondamment (6), c’est la crainte de la vanité. »

On lui apprit qu’un homme de ses compagnons venait de mourir. Il se rendit donc auprès de sa famille pour leur présenter ses condoléances. Alors, ils éclatèrent en sanglots devant lui pour pleurer le défunt.

(1) Dans (H, Q) : « فحسبناه », attesté dans (B) et dans le Tārīkh d'Ibn ʿAsākir 54/180. (2) Tārīkh d'Ibn ʿAsākir (54/180). (3) Tārīkh d'Ibn ʿAsākir (54/181). (4) Tārīkh d'Ibn ʿAsākir (54/184, 185). (5) Tārīkh d'Ibn ʿAsākir (54/186). (6) Dans (Q) : « من كثرة ذكرها » est une erreur de lecture, attesté dans (B, H) et dans le Tārīkh d'Ibn ʿAsākir (54/187).
تَرْعى في خلافةِ عمرَ بنِ عبدِ العزيز في موضع واحد، فعرض ذاتَ يوم لشاةٍ منها ذئبٌ، فقلتُ: إنَّا لله، ما أرى الرجلَ الصالح إلَّا قد هلَكَ. قال فحسَبنا (١) ، فوجدناه قد هلك في تلك الليلة. ورواهُ غيره عن حمَّاد فقال: كنا نَرْعى الشاءَ بكَرْمان، فذكر نحوه؛ وله شاهدٌ من وجهٍ آخر. ومن دعائه: اللهم إنَّ رجالًا أطاعوك فيما أمرتهم وانتهَوْا عما نهيتَهم، اللهمَّ وإنَّ توفيقَك إيَّاهم كان قبل طاعتهم إياك، فوفِّقْني (٢) . ومنه: اللهمَّ إنَّ عمر ليس بأهلٍ أنْ تنالَهُ رحمتُك، ولكنَّ رحمتك أهلٌ أنْ تنالَ عمر (٣) . وقال له رجل: أبقاك الله ما كان البقاءُ خيرًا لك. فقال: هذا شيء قد فُرغ منه، ولكنْ قلْ: أحياكَ الله حياةً طيبةً، وتوفَّاك مع الأبرار (٣) . وقال له رجل: كيف أصبحتَ يا أمير المؤمنين؟ فقال: أصبحتُ بطيئًا بطينًا، متلوثًا بالخطايا، أتمنَّى على الله – Exalté soit-Il – (٣) . ودخل عليه رجلٌ. فقال: يا أمير المؤمنين إنَّ مَنْ كان قبلك كانتِ الخلافةُ لهم زينًا، وأنت زين الخلافة، وإنما مثلك يا أمير المؤمنين كما قال الشاعر: وإذا الدُّرُّ زانَ حُسْنَ وجوهٍ … كانَ للدرِّ حسنُ وجهِكَ زَيْنا قال: فأعرضَ عنه عمر (٣) . وقال رجاءُ بن حَيْوَة: سمَرْتُ عند عمر بن عبد العزيز ذات ليلة فعشي السراجُ فقلت: يا أمير المؤمنين: ألا أنبه هذا الغلام يصلحه؟ فقال: لا! دعه ينام، لا أحب أن أجمع عليه عملين. فقلت: أفلا أقومُ أُصلحه؟ فقال: لا! ليس من المروءةِ استخدامُ الضَّيف. ثم قام بنفسه فأصلحَه وصبَّ فيه زيتًا ثم جاء وقال: قمتُ وأنا عمر بن عبد العزيز، وجلستُ وأنا عمر بن عبد العزيز (٤) . وقال: أكثروا ذكرَ النعم، فإنَّ ذكرَها شكرُها (٥) . وقال: إنه ليمنعني من كثرة الكلام (٦) مخافةُ المباهاة. وبلغه أنَّ رجلًا من أصحابه تُوفي، فجاء إلى أهله ليعزِّيهم فيه، فصرخوا في وجهه بالبُكاء عليه،
(١) في (ح، ق): "فحسبناه"، والمثبت من (ب) وتاريخ ابن عساكر ٥٤/ ١٨٠. (٢) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٨٠). (٣) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٨١). (٤) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٨٤، ١٨٥). (٥) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٨٦). (٦) في (ق): "من كثرة ذكرها" تصحيف، والمثبت من (ب، ح) وتاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٨٧).

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