Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lors de sa transmission orale, il déclara : « J’ai entendu Thawbân dire : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : “Mon Bassin s’étend d’‘Adan à ‘Amman al-Balqâ’. Son eau est plus blanche que le lait et plus douce que le miel, et ses cruches sont aussi nombreuses que les étoiles du ciel. Quiconque en boit une gorgée ne connaîtra plus jamais la soif. Les premiers à y parvenir seront les pauvres parmi les Émigrés (Muhâjirûn), ébouriffés de la tête, portant des vêtements salis, ceux qui n’épousent pas les femmes aisées dans le luxe et à qui l’on n’ouvre pas les grands palais.” »

‘Umar dit alors : « Pour ma part, j’ai épousé des femmes jouissant d’aisance, dont Fâtima bint ‘Abd al-Malik. Dès lors, je ne me laverai pas la tête avant qu’elle ne devienne ébouriffée, et je ne quitterai pas mon vêtement avant qu’il ne soit usé (1). »

On rapporte qu’il possédait une lampe pour écrire ses affaires personnelles et une autre, dédiée au trésor public, pour traiter des intérêts des musulmans ; il ne traçait jamais pour son compte privé la moindre lettre à la lumière de cette dernière. Chaque matin, il psalmodiait un passage du Coran, sans prolonger sa lecture. Il disposait de trois cents agents de police et de trois cents gardes. Un membre de sa famille lui offrit un jour des pommes : il les huma, puis les renvoya avec le messager
en lui disant : « Dis-lui qu’elles sont bien parvenues à destination. » Un homme l’interpela : « Ô Commandeur des Croyants ! Le Messager d’Allah (ﷺ) recevait volontiers les présents, et celui qui t’offre est un proche parent. » Il répondit : « Les présents qu’on offrait au Messager d’Allah (ﷺ) étaient de véritables cadeaux. Quant à nous, ce qui nous est offert constitue un pot-de-vin (2). »

On rapporte aussi qu’il accordait à ses fonctionnaires d’importantes allocations : certains recevaient cent ou deux cents dinars par mois, estimant que s’ils disposaient du nécessaire, ils se consacreraient pleinement aux affaires de la communauté musulmane. Ses proches lui dirent : « Ne pourrais-tu pas pourvoir ta famille autant que tu pourvois tes fonctionnaires ? » Il répondit : « Je ne leur refuserai jamais un droit qui leur appartient, et je ne saurais leur offrir un droit qui ne leur revient pas. »

Sa famille resta néanmoins dans une grande gêne ; il s’en excusa en expliquant qu’ils bénéficiaient déjà de nombreux avantages antérieurs. Un jour, il s’adressa à un homme de la descendance de ‘Alî : « J’ai honte devant Dieu que tu restes devant ma porte, sans qu’on t’y fasse entrer. » À un autre d’entre eux, il dit : « J’ai honte devant Dieu et je ne veux pas te mêler aux biens de ce monde, eu égard à l’honneur dont Allah vous a comblés. »

Il déclara également : « Il nous arrivait, à nous et à nos cousins Banû Hâshim, d’être parfois dans une position avantageuse et parfois non : tantôt nous cherchions refuge auprès d’eux, tantôt ils s’adressaient à nous, jusqu’à ce que le soleil du Message se lève et réduise à néant toute ruse, fasse taire tout hypocrite et fasse taire tout orateur (3). »

Aḥmad ibn Marwân raconta : « Abû Bakr, le frère de (4) Khaṭṭâb, nous a rapporté que Khâlid ibn Khaddâsh a dit : “Ḥammâd ibn Zayd nous transmit, d’après Mûsâ ibn A‘yan, le berger — lequel gardait les moutons de Muḥammad ibn Abî ‘Uyayna — que lions, moutons et bêtes sauvages…” »

(1) Tārīkh Ibn ʿAsākir (54/174) ; et le hadith de la Bassin (al-Ḥawḍ) rapporté par Abū Salām d’après Thawbān, rapporté par al-Tirmidhī (2444) dans les chapitres sur la Description du Jour de la Résurrection, les Affections et la Piété ; al-Tirmidhī le qualifie de hadith ḥasan ṣaḥīḥ gharīb. Également rapporté par Ibn Mājah (4303) dans le chapitre de l’ascétisme (zuhd), ainsi que par Aḥmad dans le Musnad (21862 et 22367). Le hadith dit (mursal) est authentique, à l’exception de la mention « les premiers hommes... » jusqu’à la fin. Parmi les hadiths du chapitre relatif au Bassin, on trouve notamment ceux d’al-Ḥuḍhayfa b. al-Yamān, ʿAbd Allāh b. ʿUmar, Abū Barza al-Aslamī, Ḥāritha b. Wahb et al-Mustawrad b. Shaddād. (2) Voir ces récits avec leurs chaînes de transmission dans Tārīkh Ibn ʿAsākir (54/174-177). (3) Voir Tārīkh Ibn ʿAsākir (54/179). (4) Dans (Q) : « Ḥaddathanā Abū Bakr b. Akhī Khaṭṭāb », attesté dans (Ḥ, B) et dans Tārīkh Ibn ʿAsākir (54/180).
بالحديثِ مُشافهةً، فقال: سمعت ثوبانَ يقول: قال رسولُ الله ﷺ : "حَوْضي ما بينَ عدَنَ إلى عمَّان البَلْقاء، ماؤه أشدُّ بياضًا من اللَّبَن، وأحْلَى من العسَل، أكاويبُه عددُ نجوم السماء، مَنْ شرِبَ منه شربة لم يظمَأْ بعدَها أبدًا، وأوَّل الناسِ وروداَ عليه فقراءُ المهاجرين، الشُعْثُ رؤوسًا، الدُّنس ثيابًا، الذين لا ينكِحون المتنعِّمات، ولا تُفتح لهم الشُدد" . فقال عمر: لكني نكحت المتنعِّمات، فاطمة بنت عبد الملك، فلا جَرَم لا أغسل رأسي حتى يَشْعث، ولا أُلْقي ثوبي حتى يتَّسخ (١) . قالوا: وكان له سراجٌ يكتبُ عليه حوائجَه، وسراجٌ لبيتِ المال يكتبُ عليه مصالحَ المسلمين، لا يكتبُ على ضوئه لنفسِه حرفًا. وكان يقرأ في المصحف كل يوم أوَّلَ النهار، ولا يُطيلُ القراءة، وكان له ثلاث مئة شرطي، وثلاث مئة حَرَسيّ. وأهدى له رجل من أهل بيتهِ تفاحًا فاشتمَّه ثم ردَّه مع الرسول، وقال له: قل له قد بلغَتْ محلَّها، فقال له رجل: يا أمير المؤمنين إنَّ رسول الله ﷺ كان يقبلُ الهدية، وهذا رجلٌ من أهل بيتك، فقال: إنَّ الهديَّةَ كانتْ لرسولِ الله ﷺ هديَّةً، فأمَّا نحن فهي لنا رِشْوَة (٢) . قالوا: وكان يُوسعُ على عمَّاله في النفقة، يُعطي الرجلَ منهم في الشهر مئة دينار، ومئتي دينار، وكان يتأوَّلُ أنهم إذا كانوا في كفاية تفرَّغوا لأشغالِ المسلمين، فقالوا له: لو أنفقتَ على عيالك كما تُنفق على عُمَّالك؟ فقال: لاْ أمنَعُهم حقًا لهم، ولا أُعطيهم حق غيرِهم. وكان أهلُه قد بَقُوا في جهدٍ عظيم، فاعتذر بأنَّ معهم سلفًا كثيرًا من قبل ذلك، وقال يومًا لرجل من ولدِ علي: إني لأستحي من الله أن تقفَ ببابي ولا يؤذنُ لك. وقال لآخر منهم: إني لأستحي من الله وأرغبُ بك أن أدنِّسك بالدنيا لما أكرمكم الله به. وقال أيضًا: كنَّا نحن وبنو عمنا بنو هاشم مرَّةً لنا ومرَّةً علينا، نلجَأُ إليهم ويلجَؤون إلينا، حتى طلعت شمسُ الرسالة فأكسدتْ كلَّ نافق، وأخرسَتْ كلَّ منافق، وأسكتَتْ كل ناطق (٣) . وقال أحمد بن مروان: ثنا أبُو بكر أخو (٤) خطَاب حدّثنا خالد بن خداش حدّثنا حماد بن زيد عن موسى بن أعْيَن الراعي - وكان يرعى الغنمَ لمحمد بن أبي عُيينة - قال: كانتِ الأُسد والغنمُ والوحش
(١) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٧٤)، وحديث الحوض عن أبي سلام عن ثوبان أخرجه الترمذي (٢٤٤٤) في صفة القيامة والرقائق والورع، وقال الترمذي: حديث حسن صحيح غريب؛ وابن ماجه (٤٣٠٣) في الزهد. وأحمد في المسند (٢١٨٦٢)؛ وأحمد في المسند (٢٢٣٦٧). والمرفوع منه صحيح، دون قوله (أول الناس … إلى آخره) وفي الباب من حديث الحوض عن حذيفة بن اليمان وعبد الله بن عمر وأبي برزة الأسلمي وحارثة بن وهب والمستورد بن شداد. (٢) انظر هذه الأخبار بأسانيدها في تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٧٤ - ١٧٧). (٣) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٧٩). (٤) في (ق): "حدثنا أبو بكر بن أخي خطاب"، والمثبت من (ح، ب) وتاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٨٠).

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