Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un de ses fils sortit alors qu’il était tout jeune pour jouer avec d’autres garçons, et l’un d’eux lui fendit la tête. On amena le garçon qui avait blessé son fils auprès de ʿUmar. Lorsqu’il entendit le tumulte, ʿUmar sortit et, se trouvant face à une femme qui disait : « C’est mon fils et il est orphelin », il lui répondit : « Ne t’inquiète pas. » Puis il lui demanda : « Reçoit‑il une allocation au dīwān ? » Elle répondit : « Non ! » Il dit alors : « Inscrivez‑le parmi la descendance. » Son épouse Fāṭima s’exclama : « Vas‑tu vraiment agir ainsi envers lui alors qu’il a blessé ton fils ? Que Dieu lui fasse telle ou telle chose ! La prochaine fois, il blessera à nouveau ton fils. » ʿUmar répliqua : « Malheur à toi, c’est un orphelin et vous l’avez effrayé. » (1)

Mālik ibn Dīnār a dit : « Les gens disent : “Mālik est un ascète.” De quel ascétisme puis‑je me prévaloir ? Le véritable ascète, c’est ʿUmar ibn ʿAbd al‑ʿAzīz : le monde s’est offert à lui, la bouche béante, et il l’a complètement délaissé. » (2) On raconte qu’il ne possédait qu’une seule chemise ; quand on la lavait, il restait chez lui jusqu’à ce qu’elle sèche. Un jour, il s’arrêta devant un moine et lui dit : « Malheur à toi, exhorte‑moi ! » Le moine lui répondit : « Suis la parole du poète : “Dépouille‑toi de ce bas‑monde, car tu y es venu nu…” » ʿUmar l’apprécia, la répétait souvent et la mit en pratique à la perfection. (3)

On raconte également qu’il rentra un jour chez son épouse et lui demanda de lui prêter un dirham ou quelques petites pièces pour qu’il puisse s’acheter du raisin, mais elle n’avait rien. Elle lui dit : « Tu es le Commandeur des croyants et il n’y a pas dans ton trésor de quoi acheter du raisin ? » Il répondit : « Cela est plus facile que de devoir supporter demain les fers et les chaînes dans le feu de l’Enfer. » (4) On rapporte aussi que la lampe de sa maison consistait en trois tiges surmontées de terre glaise. (5)

Un jour, il envoya son serviteur rôtir un morceau de viande. Le serviteur le lui rapporta rapidement, déjà rôti. ʿUmar lui demanda : « Où l’as‑tu rôti ? » Il répondit : « Dans la cuisine commune des musulmans. » ʿUmar répliqua : « Mange‑le donc, car ce n’est pas une subsistance qui m’est destinée ; c’est plutôt la tienne. » (6) Ils lui chauffèrent aussi de l’eau dans la cuisine publique, et il compensa cela en payant un dirham de bois. (5)

Son épouse raconta : « Il ne s’est pas uni à moi ni n’a eu de pollution nocturne tout le temps où il fut calife. » (6)

On raconte encore qu’il parvint à ʿUmar ibn ʿAbd al‑ʿAzīz qu’Abū Salām al‑Aswad transmettait, de la part de Thawbān, un hadith relatif au Ḥawḍ (le Bassin). Il l’appela donc et le fit venir par courrier express. Puis il lui dit, compatissant : « Ô Abū Salām, nous ne voulions pas te causer de peine, mais j’avais besoin de t’entendre le rapporter de vive voix. »

(1) Tārīkh Ibn ʿAsākir, vol. 54, pp. 167-168. (2) Dans Tārīkh Ibn ʿAsākir, vol. 54, p. 168 : « Quel ascétisme chez Mālik alors qu'il porte une jubba et un habit ! » (3) Voir Tārīkh Ibn ʿAsākir, vol. 54, p. 169. (4) Tārīkh Ibn ʿAsākir, vol. 54, p. 172. (5) Voir Tārīkh Ibn ʿAsākir, vol. 54, p. 173. (6) Voir Tārīkh Ibn ʿAsākir, vol. 54, p. 174.
وخرج ابنٌ له وهو صغير يلعب مع الغلمان فشجَّه صبيٌّ منهم، فاحتملوا الصبيَّ الذي شجَّ ابنه وجاءوا به إلى عمر، فسمع الجَلَبة فخرج إليهم، فإذا مُرَيْئَةٌ تقول: إنه ابني وإنه يتيم. فقال لها عمر: هوِّني عليك. ثم قال لها عمر: أله عطاء في الديوان؟ قالت: لا! قال: فاكتبوه في الذرِّيَّة. فقالت زوجته فاطمة: أتفعل هذا به وقّد شجَّ ابنك؟ فعل الله به وفعل، المرة الأخرى يشجُّ ابنَك ثانية. فقال: ويحك، إنه يتيم وقد أفزعتموه (١) . وقال مالك بن دينار: يقولون مالكٌ زاهد، أيُّ زهدٍ عندي (٢) ؟ إنما الزاهدُ عمر بن عبد العزيز، أتَتْهُ الدنيا فاغرةً فاها فتركها جملة (٣) . قالوا: ولم يكن له سوى قميصٍ واحد، فكان إذا غسلوه جلسَ في المنزل حتى ييبس، وقد وقف مرة على راهبٍ فقال له: ويحك عظني، فقال له: عليك بقول الشاعر: تجرَّدْ من الدنيا فإنَّكَ إنما … خرجتَ إلى الدنيا وأنتَ مُجرَّدُ قال: وكان يعجبه ويكرره وعمل به حق العمل (٣) . قالوا: ودخل على امرأته يومًا فسألها أنْ تُقرضه درهمًا أو فلوسًا يشترى له بها عنبًا، فلم يجدْ عندَها شيئًا، فقالت له: أنت أميرُ المؤمنين وليس في خزانتِك ما تشتري به عنبًا؟ فقال: هذا أيسر من معالجة الأغلال والأنكال غدًا في نار جهنَّم (٤) . قالوا: وكان سراجُ بيتِه على ثلاث قصبات في رأسهن طين (٥) . قالوا: وبعث يومًا غلامَهُ ليشويَ له لحمةً، فجاءه بها سريعًا مشويَّة، فقال: أين شويتَها؟ قال: في المطبخ، فقال: في مطبخ المسلمين؟ قال: نعم. فقال: كُلْها فإنِّي لم أُرزَقْها، هي رزقُك (٦) . وسخَّنوا له ماءً في المطبخ العام، فرَدَّ بدلَ ذلك بدرهمٍ حطبًا (٥) . وقالت زوجتُه: ما جامع ولا احتلم وهو خليفة (٦) . قالوا: وبلَغَ عمرَ بن عبد العزيز عن أبي سلام الأسود أنه يحدِّثُ عن ثوبان بحديثِ الحَوْض، فبعثَ إليه فأحضره على البريد وقال له كالمتوجِّع يا أبا سلام ما أرَدْنا المشَقَّة عليك، ولكنْ أردْتُ أنْ تشافهَني
(١) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٦٧، ١٦٨). (٢) في تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٦٨): "أي زهد عند مالك وله جبة وكساء!؟ ". (٣) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٦٩). (٤) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٧٢). (٥) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٧٣). (٦) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٧٤).

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