Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« J’ai alors compris que mon Seigneur me demanderait compte de ces gens au Jour de la Résurrection, et que Mohammed (que la prière et la paix soient sur lui) serait mon contradicteur à leur sujet. J’ai craint de ne pas disposer d’arguments solides pour me justifier devant lui, et j’ai eu pitié de moi-même, si bien que j’ai pleuré » (1).

Meymoun ibn Mihrân a dit : « ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz m’a confié un poste de gouverneur, puis il m’a déclaré : “Si tu reçois de ma part un ordre qui n’est pas conforme à la vérité, jette-le à terre.” » (2)

Il écrivit également à certains de ses administrateurs : « Si jamais la force que tu détiens sur les gens t’incite à les opprimer, souviens-toi alors de la puissance de Dieu sur toi, de la fin de ce que tu leur infliges, et du fait que leur requête contre toi demeure auprès de Dieu. » (3)

‘Abd ar-Rahmân ibn Mahdî rapporte, d’après Jarîr ibn Hâzim, d’après ‘Îsâ ibn ‘Âsim, qu’’Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz écrivit à ‘Adî ibn ‘Adî : « L’islam comporte des traditions (sunnan), des lois (charâ’i‘) et des obligations (farâ’id). Quiconque les met entièrement en pratique parachève ainsi sa foi, et quiconque n’en accomplit pas la totalité ne peut parfaire sa foi. Si je demeure en vie, je vous les expliquerai afin que vous puissiez agir en conséquence. Mais si je meurs, je ne tiens pas tant que cela à prolonger ma compagnie parmi vous. » (3)

Al-Bukhârî l’a mentionné dans son recueil authentique (Sahîh) en commentaire, avec certitude (4).

As-Sûlî mentionne qu’’Umar écrivit à l’un de ses gouverneurs : « Craignez Dieu, car Il n’accepte que la piété, Il ne fait miséricorde qu’à ceux qui la pratiquent, et Il ne récompense que par son biais. Ceux qui en font le sermon sont nombreux, mais ceux qui l’appliquent réellement sont bien peu nombreux. » (3)

Il a également dit : « Celui qui considère que ses paroles font partie de ses actes parlera peu, hormis pour ce qui le concerne et lui est utile ; et quiconque évoque fréquemment la mort se contente de peu de choses en ce monde. » (5)

Et il a dit encore : « Quiconque ne considère pas ses paroles au rang de ses actes multiplie ses fautes ; et quiconque adore Dieu sans science gâte plus qu’il ne répare. » (5)

Un jour, un homme s’adressa à lui d’une manière qui l’irrita ; ‘Umar fut sur le point de s’emporter contre lui, puis il se maîtrisa. Ensuite, il dit à cet homme : « Tu voulus que le diable m’excite par la fierté du pouvoir pour que je te fasse subir ce dont tu pourrais me tenir rigueur demain ? Lève-toi – que Dieu te fasse miséricorde –, nous n’avons pas à débattre avec toi. » (6)

Il disait aussi : « Les choses que Dieu aime le plus sont la modération dans l’effort (al-qasd fî al-jidd), le pardon lorsqu’on est capable de punir, et la douceur dans l’exercice de l’autorité. Jamais un serviteur n’a fait preuve de douceur envers un autre en ce monde, sans que Dieu ne fasse preuve de douceur envers lui au Jour de la Résurrection. » (7)

(1) Tārīkh Ibn ʿAsākir (vol. 54, pp. 159-160). (2) Voir Tārīkh Ibn ʿAsākir (vol. 54, p. 162). (3) Tārīkh Ibn ʿAsākir (vol. 54, p. 164). (4) Rapporté par al-Bukhārī de manière isolée et abrégée dans le chapitre de la foi : section intitulée « La parole du Prophète ﷺ « L’Islam est fondé sur cinq » » au début du chapitre. (5) Voir Tārīkh Ibn ʿAsākir (vol. 54, p. 165). (6) Voir Tārīkh Ibn ʿAsākir (vol. 54, p. 166). (7) Ainsi dans (Q, Ḥ, B), et dans Tārīkh Ibn ʿAsākir (vol. 54, p. 167). « al-Jidda », qui est probablement la forme correcte.
البلاد، فعلمتُ أنَّ ربِّي – Exalté soit-Il – سيسألُني عنهم يوم القيامة، وأن خَصْمي دونهم محمد ﷺ ، فخشيتُ أنْ لا يثبت لي حجَّة عند خصومته، فرحمتُ نفسي فبَكيت" (١) . وقال ميمون بن مِهْران: ولَّاني عمر بن عبد العزيز عمالة ثم قال لي: إذا جاءك كتابٌ مني على غير الحق فاضرِبْ به الأرض (٢) . وكتب إلى بعض عماله: إذا دَعتْكَ قدرتُك على الناس إلى ظلمهم، فاذكُرْ قدرةَ الله عليك، ونفادَ ما تأتي إليهم، وبقاءَ ما يأتون إليك (٣) . وقال عبد الرحمن بن مَهْدي عن جرير بن حازم عن عيسى بن عاصم قال: كتب عمرُ بن عبد العزيز إلى عديِّ بن عديّ: إنَّ للإسلام سُننًا وشرائع وفرائض، فمن استكملَها استكملَ الإيمان، ومن لم يستكمِلْها لم يستكملِ الإيمان، فإنْ أعشْ أبيِّنْها لكم لتعملوا بها، وإنْ أمتْ فما أنا على صحبتِكم بحريص (٣) . وذكره البخاري في صحيحه تعليقًا مجزومًا به (٤) . وذكَرَ الصُّوليُّ أنَّ عمرَ كتب إلى بعض عمَّاله: عليك بتقوى الله، فإنها هي التي لا يقبلُ غيرَها ولا يرحم إلا أهلَها، ولا يثابُ إلَّا عليها، وإنَّ الواعظين بها كثير، والعاملين بها قليل (٣) . وقال: منْ علم أنَّ كلامه من عمله، قلَّ كلامُه إلَّا فيما يعنيه وينفعه، ومن أكثر ذكر الموت اجتزأ من الدنيا باليسير (٥) . وقال أيضًا: من لم يعدَّ كلامه من عمله كثرت خطاياه، ومن عبدَ الله بغيرِ علم كان ما يُفسده أكثرَ مما يصلحه (٥) . وكلَّمه رجلٌ يومًا حتى أغضبه، فهمَّ به عمر ثم أمسك نفسه، ثم قال للرجل: أردتَ أنْ يستفزَّني الشيطانُ بعزةِ السلطان، فأنال منك ما تنالُه مني غدًا؟ قم - عافاك الله - لا حاجة لنا في مقاولتك (٦) . وكان يقول: إنَّ أحبَّ الأمور إلى الله القَصْدُ في الجِد (٧) ، والعفو في المَقْدرة، والرفق في الولاية، وما رَفَق عبدٌ بعبدٍ في الدنيا إلَّا رفق الله به يوم القيامة.
(١) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٥٩، ١٦٠). (٢) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٦٢). (٣) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٦٤). (٤) أخرجه البخاري معلقًا مجزومًا في الإيمان: باب قول النبي ﷺ "بني الإسلام على خمس" في ترجمة الباب في أوله. (٥) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٦٥). (٦) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٦٦). (٧) كذا في (ق، ح، ب)، وفي تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٦٧). "الجِدَة" وهو أشبه بالصواب.

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