Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il fait partie des douze imams au sujet desquels est rapporté le hadith authentique : « Les affaires de cette communauté demeureront droites tant qu’elle comptera douze califes, tous issus des Quraych » (1).

Il (qu’Allah lui fasse miséricorde) s’efforça, durant la brève période de son califat, de rendre justice aux opprimés et de restituer à chacun son dû. Chaque jour, son héraut proclamait : « Où sont ceux qui sont endettés ? Où sont ceux qui veulent se marier ? Où sont les nécessiteux ? Où sont les orphelins ? », jusqu’à ce qu’il subvienne aux besoins de chacun (2).

Les savants ont divergé pour savoir qui était le meilleur, entre lui et Muʿâwiya ibn Abî Sufyân. Certains ont préféré ʿUmar pour sa conduite, sa justice, son ascétisme et son adoration. D’autres ont mis Muʿâwiya au-dessus, en raison de sa précocité dans l’Islam et de sa compagnie du Prophète, au point que certains ont déclaré : « Un seul jour que Muʿâwiya a passé auprès du Messager d’Allah (ﷺ) l’emporte sur ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, ses jours et sa famille. »

Al-Ḥâfiẓ Ibn ʿAsâkir rapporte dans son ouvrage d’histoire (3) que ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz appréciait une esclave parmi celles de son épouse Fâṭima bint ʿAbd al-Malik. Il lui avait demandé de la lui céder, soit par achat, soit comme don, ce qu’elle refusa. Lorsqu’il devint calife, elle la prépara, la parfuma et la lui offrit. Une fois seule avec lui, il se détourna d’elle ; quand elle s’approcha, il l’évita.

Elle lui dit : « Ô mon maître, que devient l’amour que tu me témoignais ? » Il répondit : « Par Allah, mon amour pour toi est resté intact, mais je n’ai plus besoin de toi. Quelque chose m’est survenu qui me préoccupe de toi et des autres. » Il l’interrogea alors sur son origine et la façon dont elle avait été amenée. Elle raconta : « Ô Commandeur des croyants, mon père a commis une faute à l’ouest du pays (4). Mûsâ ibn Nuṣayr l’a donc frappé d’une amende à cause de cette faute ; j’ai été prise et envoyée à al-Walîd, qui m’a offerte à sa sœur Fâṭima, ton épouse. Celle-ci te l’a ensuite donnée. » ʿUmar s’exclama : « Nous sommes à Allah et c’est à Lui que nous revenons ! Par Allah, nous étions tout près de la honte et de la ruine ! » Puis il ordonna qu’elle fût renvoyée, avec honneur, dans son pays et auprès des siens.

Son épouse Fâṭima raconta : « Un jour, je suis entrée auprès de lui, alors qu’il était assis dans son oratoire, la joue posée sur sa main, et que des larmes coulaient sur ses joues. Je lui demandai : “Qu’as-tu ?” Il répondit : “Malheur à toi, Fâṭima ! On m’a investi du pouvoir sur cette communauté. J’ai alors réfléchi au pauvre affamé, au malade délaissé, à celui qui n’a pas de quoi se vêtir, à l’opprimé accablé, à l’étranger prisonnier, au vieillard avancé en âge, à celui qui a une famille nombreuse mais peu de ressources, et à tous ceux qui leur ressemblent, dispersés à travers les contrées et aux extrémités du monde…” »

(1) Rapporté par Muslim (1821 et 1822) dans le chapitre de l’imamat : "Le peuple appartient aux Quraysh" ; par Abū Dāwūd (4279) dans le livre du Mahdī ; et par Ahmad (20281, 20290, 20298, 20307, 20319, 20347, 20508, 20528), de manière longue et abrégée, tous d’après Jābir ibn Sumrah. (2) Voir le Tārīkh d’Ibn ʻAsākir (tome 54, p. 158). (3) Ibn ʻAsākir, Tārīkh (tome 54, pp. 158‑159), le récit y est rapporté avec des expressions similaires. (4) D’après Ibn ʻAsākir, elle était esclave d’origine berbère. (5) Le manuscrit (Q) ajoute ici la phrase suivante : « l’orphelin brisé, et la veuve isolée », cette addition n’étant pas présente dans les manuscrits (H, B) ni dans le Tārīkh d’Ibn ʻAsākir.
واحدٍ في الأئمة الاثني عشرَ، الذين جاء فيهم الحديث الصحيح: "لا يزال أمرُ هذه الأمةِ مستقيمًا حتى يكون فيهم اثنا عشر خليفةً كلُّهم من قريش" (١) . وقد اجتهد (رحمه الله) في مُدَّة ولايته - مع قِصَرِها - حتى ردَّ المظالم، وصرف إلى كلِّ ذي حقٍّ حقه، وكان مناديه في كلِّ يوم ينادي: أين الغارمون، أين الناكحون؟ أين المساكين؟ أين اليتامى؟ حتى أغنى كلًا من هؤلاء (٢) . وقد اختلف العلماء أيَّ الرجل أفضل هو أو معاوية بن أبي سفيان؟ ففضَّل بعضُهم عمر لسيرته ومَعْدِلته وزهده وعبادته. وفضَّل آخرون معاوية لسابقته وصحبته، حتى قال بعضهم: ليومٌ شهده معاوية من رسول الله ﷺ خيرٌ من عمر بن عبد العزيز وأيامه وأهل بيته. وذكر الحافظ ابنُ عساكر في تاريخه (٣) أنَّ عمر بن عبد العزيز كان يُعجبه جارية من جواري زوجته فاطمة بنت عبد الملك، فكان سألها إياها إمَّا بيعًا أو هِبَةً، فكانتْ تأبَى عليه ذلك، فلما ولي الخلافة ألبسَتْها وطيَّبَتْها وأهدَتْها إليه ووهبتها منه، فلما أخلتْها به أعرضَ عنها، فتعرَّضت له الجارية فصدف عنها، فقالت له: يا سيدي فأين ما كان يظهر لي من محبَّتك إيَّاي؟ فقال: والله إنَّ محَبَّتَكِ لباقيةٌ كما هي؟ ولكنْ لا حاجة لي فيك، فقد جاءني أمرٌ شَغلني عنك وعن غيرِك، ثم سألها عن أصلها ومن أين جلبوها، فقالت: يا أمير المؤمنين إنَّ أبي أصابَ جنايةً ببلادِ المغرب (٤) فصادره موسى بن نُصير فأُخذتُ في الجناية، وبعث بي إلى الوليد فوهبَني الوليدُ إلى أخته فاطمةَ زوجتِك، فأهدَتْني إليك. فقال عمر: إنا لله وإنا إليه راجعون، كِدْنا والله نفتضح ونَهْلِك، ثم أمرَ بردِّها مكرَّمةً إلى بلادها وأهلها. وقالت زوجته فاطمة: دخلتُ يومًا عليه وهو جالس في مُصَلَّاه، واضعًا خدَّه على يده، ودموعه تسيلُ على خدَّيه، فقلت: ما لك؟ فقال: ويحك يا فاطمة، قد وُلِّيتُ من أمر هذه الأمة ما وُلِّيت، فتفكَّرت في الفقير الجائع، والمريض الضائع، والعاري المجهود (٥) ، والمظلوم المقهور، والغريبِ الأسير، والشيخ الكبير، وذي العيال الكثير، والمال القليل، وأشباهِهم في أقطار الأرض وأطرافِ
(١) أخرجه مسلم (١٨٢١ و ١٨٢٢) في الإمارة: باب الناس تبع لقريش؛ وأبو داود (٤٢٧٩) في كتاب المهدي؛ وأحمد (٢٠٢٨١ و ٢٠٢٩٠ و ٢٠٢٩٨ و ٢٠٣٠٧ و ٢٠٣١٩ و ٢٠٣٤٧ و ٢٠٥٠٨ و ٢٠٥٢٨) مطولًا ومختصرًا، كلهم عن جابر بن سمرة. (٢) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٥٨). (٣) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٥٨، ١٥٩)، والخبر فيه بألفاظ مقاربة. (٤) في تاريخ ابن عساكر أنها كانت جارية من البربر. (٥) زادت (ق) هنا ما نصه: "واليتيم المكسور، والأرملة الوحيدة" وليست هذه الزيادة في (ح، ب) ولا في تاريخ ابن عساكر.

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