Pour ceux qui restent, il en sera ainsi jusqu’à ce qu’ils soient remis au Meilleur des héritiers. Ensuite, chaque jour, vous escortez matin et soir quelqu’un qui part vers Dieu pour ne jamais revenir, ayant alors accompli son destin, jusqu’à l’enfouir dans une faille de la terre, au creux d’une fente sans coussin ni lit préparé. Il a quitté ses bien-aimés, a touché la poussière et fait face au Jugement. Il est maintenant lié à ses actes, riche de ce qu’il a laissé et pauvre de ce qu’il a avancé. Craignez Dieu avant que ne prenne fin le temps où Il vous observe et que ne survienne la mort. Quant à moi, je tiens ces propos… il posa alors le bord de son manteau sur son visage, pleura et fit pleurer ceux qui l’entouraient (1).
Dans une autre narration, il dit : « Par Dieu, je prononce ces paroles tout en ignorant si quelqu’un parmi vous détient plus de péchés que ce que je sais de moi-même. Cependant, ce sont des lois justes émanant de Dieu : Il y a commandé l’obéissance et interdit la désobéissance. Je demande pardon à Dieu. » Puis il posa la manche de son vêtement sur son visage et pleura jusqu’à mouiller sa barbe, et ne revint plus s’asseoir parmi eux jusqu’à sa mort (2).
Abû Bakr ibn Abî al-Dunyâ a rapporté d’après ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz qu’il vit en rêve l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) lui dire : « Approche, ô ʿUmar, approche, ô ʿUmar, approche, ô ʿUmar. » Il raconta : « Je m’approchai, craignant presque de Le toucher. » Puis Il dit : « Lorsque tu gouverneras, agis selon l’exemple de ces deux-là. » Alors deux hommes âgés apparurent à ses côtés. Je demandai : « Qui sont-ils ? » Il répondit : « C’est Abû Bakr et ʿUmar » (3).
Il nous est également rapporté qu’il dit un jour à Sâlim ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUmar : « Écris-moi la vie (sîra) de ʿUmar afin que je la mette en pratique. » Sâlim lui répondit : « Tu ne pourras pas le faire. » Il demanda : « Pourquoi donc ? » Et Sâlim de répondre : « Car si tu appliques exactement ce qu’il a fait, tu deviendras meilleur que ʿUmar lui-même. Lui trouvait des aides pour accomplir le bien, alors que toi, tu ne trouveras personne pour te soutenir en ce sens » (4).
On rapporte qu’il fit graver sur son anneau : « Il n’y a de dieu que Dieu, Lui seul, sans associé. » Selon une autre version : « J’ai cru en Dieu. » Et selon une autre : « La loyauté est rare » (5).
Un jour, il réunit les notables et leur tint ce discours : « Fadak (6) était entre les mains du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), et il en disposait comme il le jugeait bon. »