Salim a dit : « Fais que l’affaire se concentre sur un seul jour, jeûne alors des désirs de ce monde, et considère que la dernière chose dans laquelle tu romprais ton jeûne dans ce jour soit la mort, comme si cela était déjà accompli. »
Puis ‘Umar dit : « Il n’y a de force ni de puissance qu’en Dieu » (1).
D’autres ont rapporté : Un jour, ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz prononça un sermon et fut saisi par l’émotion au point d’en avoir la gorge nouée, puis il dit : « Ô gens, réformez votre au-delà, et Dieu réformera votre vie d’ici-bas ; purifiez vos intentions cachées, et Dieu embellira aux yeux de tous ce que vous montrez. Par Dieu, il n’y a aucun serviteur dont l’ascendance remonte à Adam qui ne soit déjà mort ; il est inéluctable pour chacun de connaître la mort » (2).
Il dit aussi dans l’un de ses sermons : « Combien de demeures, pourtant solidement bâties, seront bientôt réduites en ruines, et combien de gens, jadis installés dans la félicité, partiront sous peu en voyage (3). Que Dieu vous fasse miséricorde ! Préparez votre voyage depuis ce monde avec ce que vous avez de meilleur comme provisions (4). Pendant qu’un fils d’Adam, dans ce bas monde, rivalise avec autrui, bien installé et satisfait, voilà que Dieu le rappelle selon Son décret, et que le jour de sa mort le frappe ; il se retrouve dépouillé de tous ses biens et les legs de ses œuvres sont transmis à d’autres. En vérité, ce monde n’apporte pas autant de réjouissance qu’il cause de peine : il procure un bref plaisir et un long chagrin. »
Ismâ‘îl ibn ‘Ayâsh rapporte d’après ‘Amr ibn Muhâjir : Lorsque ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz accéda au califat, il se leva et prononça un discours devant le peuple. Il loua Dieu et fit Son éloge, puis déclara : « Ô gens ! Il n’y a pas d’autre Livre après le Coran, et pas d’autre Prophète après Muhammad (que la paix et la bénédiction soient sur lui). Je ne suis pas un législateur, mais un exécuteur ; je ne suis pas un innovateur, mais un suiveur. Si un homme s’enfuit d’un dirigeant injuste, il n’est pas lui-même injuste. Sachez que le dirigeant injuste est le vrai transgresseur. Sachez qu’il n’y a point d’obéissance à une créature lorsqu’elle implique de désobéir au Créateur – Exalté soit-Il – (5). »
Selon un autre récit, il ajouta : « Je ne suis pas meilleur que vous, mais je suis celui qui supporte le plus lourd fardeau parmi vous. Sachez qu’il n’y a pas d’obéissance à une créature dans la désobéissance à Dieu. Eh bien, vous ai-je fait entendre ? »
Aḥmad ibn Marwân a dit : « Aḥmad ibn Yaḥyâ al-Ḥalwânî nous a rapporté, d’après Muḥammad ibn ‘Ubayd, d’après Isḥâq ibn Sulaymân, d’après Shu‘ayb ibn Ṣafwân, d’après un fils de Sa‘îd ibn al-‘Âṣ, qui raconta : La dernière fois qu’‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz prononça un sermon, il loua Dieu et fit Son éloge, puis dit :
“Après quoi, sachez que vous n’avez pas été créés en vain, et que vous n’avez pas été laissés sans but. Vous aurez un retour devant Dieu, lorsqu’Il descendra pour juger entre vous et trancher vos différends. Malheur et perte à celui qui se verra privé de la miséricorde de Dieu et exclu du Paradis, dont l’étendue égale celle des cieux et de la terre. Ne savez-vous pas que nul ne peut se sentir en sécurité demain, si ce n’est celui qui aujourd’hui craint et redoute le Jour Dernier, et troque ce qui est éphémère contre ce qui demeure, ce qui est minime contre ce qui est grand, et la crainte contre la paix ? Ne voyez-vous pas que vous logez maintenant dans les demeures de ceux qui sont morts avant vous, et qu’un jour, d’autres habiteront les vôtres ?” (6).