Il suivait la voie prophétique. Durant cette période, il était parmi les gens les plus agréables à fréquenter et les plus justes dans leur conduite. Lorsqu’un problème délicat se présentait, il convoquait les juristes de Médine pour le résoudre. Il en avait désigné dix et ne tranchait jamais une affaire sans eux ou sans la présence de ceux d’entre eux qui se trouvaient disponibles.
Les juristes ainsi choisis étaient : ʿUrwah, ʿUbayd Allâh ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUtbah, Abû Bakr ibn ʿAbd al-Raḥmân ibn al-Ḥârith ibn Hishâm, Abû Bakr ibn Sulaymân ibn [Abî] Ḥathmah (1), Sulaymân ibn Yasâr, al-Qâsim ibn Muḥammad, Abû Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm, Sâlim ibn ʿAbd Allâh, ʿAbd Allâh ibn ʿÂmir ibn Rabîʿah et Khârijah ibn Zayd ibn Thâbit. Il ne s’écartait pas non plus de l’avis de Saʿîd ibn al-Musayyib. Or, Saʿîd ibn al-Musayyib ne se rendait auprès d’aucun calife, mais il venait voir ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz lorsqu’il se trouvait à Médine.
Ibn Wahb a rapporté d’après ʿAbd al-Jabbâr al-Aylî, d’après Ibrâhîm ibn Abî ʿAblah : « Je suis arrivé à Médine où se trouvaient Ibn al-Musayyib et d’autres. Or, ce jour-là, ʿUmar les surpassait (2) en opinion (3). »
Ibn Wahb a également dit : « Al-Layth m’a rapporté que Qâdim al-Barbarî l’informa avoir discuté un jour d’un jugement (4) prononcé par ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz lorsqu’il était à Médine. Alors Rabîʿah lui répondit : “On dirait que tu prétends qu’il s’est trompé. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, il ne s’est jamais trompé.” »
D’après plusieurs chaînes de transmission authentiques, Anas ibn Mâlik a déclaré : « Je n’ai jamais prié derrière un imam dont la prière ressemblait autant à celle du Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) que celle de ce jeune homme — c’est-à-dire ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz — lorsqu’il se trouvait à Médine. » On rapporte qu’il parachevait pleinement son inclinaison (rukūʿ) et sa prosternation (sujūd), tout en allégeant la station debout et la position assise (5).
Dans une version authentique, on rapporte qu’il répétait la glorification (tasbîḥ) dix fois lors de l’inclinaison et dix fois lors de la prosternation.
Ibn Wahb a encore dit : « Al-Layth m’a rapporté, d’après Abû al-Naḍr al-Madînî, qu’il vit Sulaymân ibn Yasâr sortir de chez ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz. Je lui demandai : “Tu sors de chez ʿUmar ?” Il répondit : “Oui.” Je dis : “Vous lui apprenez (la science) ?” Il répondit : “Oui.” Je repris : “Par Dieu, il est assurément le plus savant d’entre vous (6).” »