Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les gens dirent : « Le transgresseur nous a envoyé son fils pour qu’il apprenne les obligations (farâʾiḍ) et les traditions (sunan), tout en prétendant qu’il ne mourra pas avant de devenir calife et de suivre la voie de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb ! » David (Dāwud) déclara : « Par Dieu, il n’est pas mort avant que nous n’ayons vu cela se réaliser en lui. » (1)

Al-Zubayr ibn Bakkār rapporta : « ʿUtbi m’a raconté : “Le premier signe de la maturité (rushd) de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz fut son ardeur pour la science et son attrait pour le bon comportement. Son père fut nommé gouverneur d’Égypte alors que ʿUmar était encore jeune, incertain même d’avoir atteint la puberté. Son père voulut l’emmener avec lui d’al-Shām (la Syrie) en Égypte. ʿUmar lui dit : ‘Ô mon père (ou autre formule similaire), peut-être que quelque chose d’autre serait plus profitable pour toi et pour moi ?’ Son père lui demanda : ‘Qu’est-ce donc ?’ ʿUmar répondit : ‘Tu m’enverras à Médine pour que je m’assoie auprès de ses jurisconsultes et que je m’imprègne de leurs manières.’ Alors son père l’envoya à Médine, accompagné de serviteurs. Il y fréquenta les sages de Quraysh et se tint à l’écart de leurs jeunes, maintenant ce comportement jusqu’à ce que sa renommée se répande. Quand son père mourut, son oncle, le commandeur des croyants ʿAbd al-Malik ibn Marwān, le prit sous sa protection et le mêla à ses propres enfants, tout en le préférant à nombre d’entre eux. Il le maria à sa fille Fāṭima. C’est à son propos que le poète dit :

‘Fille du calife—et le calife en est le grand-père—
Sœur de califes—et le calife est son époux.’

Nous ne connaissons, jusqu’à ce jour, aucune femme possédant une telle distinction, si ce n’est elle.” »

ʿUtbi poursuivit : « Les détracteurs de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz ne lui reprochaient rien d’autre que son train de vie aisé et sa démarche un peu fière. Al-Aḥnaf ibn Qays a dit un jour : “L’homme accompli est celui dont on peut compter les faux pas, et on ne peut les compter que s’ils sont rares.” ʿUmar avait hérité de son père, avec ses frères, des biens, du mobilier et des montures qu’aucun autre n’avait reçus, à notre connaissance, comme cela a déjà été évoqué. Un jour, il se présenta à son oncle ʿAbd al-Malik en marchant d’une façon qui n’était pas la sienne. ʿAbd al-Malik lui dit : ‘Ô ʿUmar, pourquoi marches-tu différemment de ton habitude ?’ Il répondit : ‘J’ai une blessure.’ Son oncle demanda : ‘Où se trouve-t-elle ?’ ʿUmar répondit : ‘Entre la rānifa (2) et aṣ-ṣafan, autrement dit entre l’extrémité de la fesse et la peau du scrotum.’ ʿAbd al-Malik s’exclama alors en s’adressant à Rawḥ ibn Zinbāʿ : ‘Par Dieu, si quelqu’un de ton peuple avait été interrogé à ce sujet, il n’aurait pas pu répondre d’une façon aussi précise.’ » (3)

On raconte encore : « À la mort de son oncle ʿAbd al-Malik, ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz en fut affligé ; il porta un habit de pénitence sous ses vêtements pendant soixante-dix jours. Lorsque al-Walīd (fils de ʿAbd al-Malik) accéda au pouvoir, il le traita comme son père le faisait, et lui confia le gouvernorat de Médine, de La Mecque et de Tā’if de l’an 86 à l’an 93 de l’Hégire. Il dirigea le pèlerinage en 89 et en 90, tandis qu’al-Walīd le dirigea en 91, puis ʿUmar le dirigea à nouveau en 92 et 93. » (4)

Durant cette période de son gouvernorat, il construisit la mosquée du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et l’agrandit sur ordre d’al-Walīd, y incluant la chambre (ḥujra) du Prophète.

(1) Tārīkh Ibn ʿAsākir (vol. 54, p. 109). (2) Dans (Q) : « al-Rāniqa » avec un qāf, une erreur de copie. (3) Voir Tārīkh Ibn ʿAsākir (vol. 54, p. 109). (4) Voir Tārīkh Ibn ʿAsākir (vol. 54, p. 110).
القوم: بعث إلينا الفاسقُ بابنه هذا يتعلَّم الفرائضَ والسنن، ويزعمُ أنه لن يموت حتى يكونَ خليفة، ويَسير بسيرةِ عمرَ بنِ الخطَّاب! قال داود: واللهِ ما ماتَ حتى رأينا ذلك فيه (١) . وقال الزُّبير بن بكَّار: حدثني العُتْبيُّ قال: إنَّ أولَ ما استُبينَ من رُشْدِ عمرَ بنِ عبد العزيز حِرْصُه على العِلْم، ورغبتُهُ في الأدب، أنَّ أباه وَلي مصر وهو حديثُ السِّن، يشكُّ في بلوغه، فأراد أبوهُ إخراجَهُ مَعهُ إلى مصر من الشام، فقال: يا أبَهْ - أو غيرَ ذلك - لعلَّه يكونُ أنفعَ لي ولك؟ قال: وما هو؟ قال: ترحِّلُني إلى المدينة، فأقعد إلى فقهائها، وأتأدَّبَ بآدابهم، فعند ذلك أرسله أبوه إلى المدينة، وأرسلَ معه الخُدَّام، فقعد مع مشايخِ قريش، وتجنَّب شبابَهُم، وما زال ذلك دأبه حتى اشتهر ذِكْرُه، فلمَّا مات أبوه أخذه عمه أمير المؤمنين عبدُ الملك بن مروان فخلَطَهُ بولدِه، وقدَّمه على كثيرٍ منهم، وزوَّجَهُ بابنته فاطمة، وهي التي يقولُ الشاعرُ فيها: بنتُ الخليفةِ والخليفةُ جدُّها … أُخْتُ الخلائفِ والخليفةُ زوجُها قال: ولا نعرف امرأة بهذه الصفة إلى يومنا هذا سواها. قال العُتْبيّ: ولم يكن حاسدُ عمرَ بنِ عبد العزيز ينقمُ عليه شيئًا سوى متابعته في النعمة، والاختيالِ في المشية، وقد قال الأحنفُ بن قيس: الكامل من عُدَّتْ هفَوَاتُه، ولا تُعدُّ إلَّا من قلَّة. وقد ورث عمر من أبيه من الأموالِ والمتاع والدواب هو وإخوتُه ما لم يرثْهُ غيرُه فيما نعلم، كما تقدَّم ذلك، ودخل يومًا على عمِّه عبد الملك وهو يتجانَفُ في مشيته فقال له: يا عمر ما لك تمشي غيرَ مشيتك؟ ! قال: إن فيَّ جُرحًا، فقال: وأينَ هو من جسدك؟ قال: بين الرَّانِفَة (٢) والصَّفَنِ - يعني بين طرَفِ الألْيَةِ وجِلْدَةِ الخُصْيَة - فقال عبدُ الملك لِرَوْح بنِ زِنْبَاع: تالله لو رجلٌ من قومك سُئل عن هذا ما أجابَ بمثل هذا الجواب (٣) . قالوا: ولما ماتَ عمُّه عبدُ الملك حَزِنَ عليه ولبِسَ المُسوحَ تحت ثيابِه سبعينَ يومًا، ولما وليَ الوليدُ عامَلَهُ بما كان أبوهُ يعامله به، وولاه المدينة ومكة والطائف من سنة ست وثمانين إلى سنة ثلاث وتسعين، وأقام للناس الحجَّ سنةَ تسعٍ وثمانين، وسنة تسعين، وحجَّ الوليدُ بالناس سنة إحدى وتسعين، ثم حج بالناس عمرُ سنة ثنتين وثلاثٍ وتسعين (٤) . وبنى في مُدَّة ولايته هذه مسجدَ النبيِّ ﷺ .. ووسَّعه عن أمرِ الوليدِ له بذلك، فأدخل فيه الحُجْرة
(١) تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٠٩). (٢) في (ق): "الرانقة" بالقاف، وهو تصحيف. (٣) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١٠٩). (٤) انظر تاريخ ابن عساكر (٥٤/ ١١٠).

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