On a dit qu’il a bénéficié de la vie du Prophète (paix et salut sur lui) pendant huit ans. Il mourut en l’an cent, ou, selon d’autres avis, en l’an cent-sept, ou encore en l’an cent-dix (1). Dieu sait mieux. Muslim ibn al-Hajjâj a déclaré qu’il fut le dernier Compagnon à décéder, sans exception, et qu’il mourut en l’an cent (2).
Abû ‘Uthmân an-Nahdî (3), dont le nom est ‘Abd ar-Rahmân ibn Mull al-Basrî, avait connu l’époque antéislamique et accomplit le pèlerinage à deux reprises durant l’ère antéislamique. Il embrassa l’islam au temps du Prophète (paix et salut sur lui) sans l’avoir rencontré. Il s’acquitta de la zakât durant trois ans au temps du Prophète (paix et salut sur lui), la versant aux agents mandatés par celui-ci. Les maîtres du hadith désignent de tels individus par le terme « mukhadram ». Il émigra à Médine sous le califat de ‘Umar ibn al-Khattâb et écouta ses enseignements, ainsi que ceux de ‘Alî, d’Ibn Mas‘ûd et d’un grand nombre de Compagnons. Il fréquenta Salmân al-Fârisî pendant douze ans, jusqu’à ce qu’il l’enterre.
Il transmit ensuite (ses connaissances) à un groupe de Tâbi‘în, ainsi qu’à d’autres personnes, parmi lesquelles Ayyûb, Humayd aṭ-Ṭawîl et Sulaymân ibn Ṭarkhân at-Taymî. ‘Âṣim al-Aḥwal rapporta : « Je l’ai entendu dire : “Dans la période antéislamique, j’ai connu l’idole Yaghûth, faite de plomb. On la plaçait sur un chameau dépourvu de bât. Quand ce dernier arrivait dans une vallée et s’y agenouillait, on s’exclamait : ‘Votre seigneur est satisfait de cette vallée pour vous’, et alors ils y descendaient.” » (4)
Il ajouta : « Je l’ai entendu lorsqu’on lui demanda : “As-tu connu le Prophète (paix et salut sur lui) ?” Il répondit : “Oui ! Je me suis converti de son vivant et je lui ai versé la zakât à trois reprises, sans pour autant le rencontrer. J’ai participé aux batailles de Al-Yarmûk, Al-Qâdisiyya, Jalûlâ’, Nahâwand, Tustar, Ādharbayjân et Rustam.” » D’autres ont indiqué qu’il fut le porteur de la bonne nouvelle adressée à ‘Umar lors de la conquête de Nahâwand (5).
Abû ‘Uthmân jeûnait chaque jour, sans interruption, et priait la nuit sans relâche, au point de parfois perdre connaissance. Il accomplit soixante pèlerinages, qu’il s’agisse de hajj ou de ‘umra. Sulaymân at-Taymî déclara : « Je pense qu’il ne commet aucun péché, car il passe la nuit en prière et le jour en jeûne » (6).