Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«Deux preuves de la part de ton Seigneur à l’intention de Pharaon et de ses notables : ils étaient un peuple pervers.» Et à cela s’ajoutent sept autres signes, ce qui fait neuf signes évidents. Ce sont ceux qui sont mentionnés à la fin de la sourate «Subḥān» (Al-Isrâ’), où Dieu – Exalté soit-Il – déclare :

«Nous avons certes accordé à Moïse neuf signes évidents. Interroge donc les Enfants d’Israël, lorsqu’il leur vint et que Pharaon lui dit : “Ô Moïse, je pense vraiment que tu es ensorcelé.” (101) Il répondit : “Tu sais bien que nul autre que le Seigneur des cieux et de la terre n’a fait descendre ceux-ci comme preuves évidentes ; quant à moi, je pense vraiment que tu es, ô Pharaon, voué à la perdition.”» (Al-Isrâ’, 17 : 101-102)

Ils sont exposés plus en détail dans la sourate Al-A‘râf, lorsque Dieu – Exalté soit-Il – dit :

«Nous avons certes affligé les gens de Pharaon par des années de disette et une diminution de récoltes, afin qu’ils se souviennent. (130) Lorsque le bien-être leur revenait, ils disaient : “Cela nous est dû !” et si un mal les atteignait, ils voyaient en Moïse et en ceux qui l’accompagnaient un mauvais présage. Or leur présage ne relève que de Dieu, mais la plupart d’entre eux ne savent pas. (131) Et ils dirent : “Quel que soit le signe que tu nous apportes pour nous ensorceler, nous ne croirons pas en toi.” (132) Nous envoyâmes alors contre eux l’inondation, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang : des signes explicites, mais ils s’enorgueillirent et ils étaient un peuple criminel.» (Al-A‘râf, 7 : 130-133)

Nous en reparlerons de manière plus détaillée au passage adéquat. Ces neuf signes ne sont pas les mêmes que les «dix paroles» : en effet, les neuf relèvent des décrets divins (paroles de Dieu au sens du destin) tandis que les dix concernent Ses injonctions législatives (paroles de Dieu au sens de la Loi). Nous le signalons parce que certains narrateurs ont pu confondre les deux, pensant qu’il s’agissait des mêmes signes, comme nous l’avons établi dans l’exégèse de la fin de la sourate «Banî Isrâ’îl».

(1) Dans le commentaire du verset : « Et certes, Nous avons donné à Moïse neuf preuves manifestes. Demande donc aux enfants d'Israël quand il leur vint, et Pharaon lui dit : « Je te suppose, ô Moïse, ensorcelé » ». Certains narrateurs ont supposé que ce sont les mots mêmes qui sont les « signes » en question. Ceci provient du hadith rapporté par diverses voies, d’Abdullah ibn Salama de Safwān ibn ʿAssāl al-Murādī, qui a dit : Un Juif dit à son compagnon : « Allons voir ce prophète pour lui demander ces signes : “Nous avons donné à Moïse neuf preuves manifestes.” » Il dit : « Ne le traite pas de prophète, car s’il t’entendait, il aurait quatre yeux. » Ils lui posèrent donc la question, et le Prophète ﷺ répondit : « Ne donnez rien en association avec Allah, ne volez pas, ne commettez pas l’adultère, ne tuez pas la vie qu’Allah a interdite sauf en toute justice, ne faites pas de magie, ne mangez pas l’intérêt usuraire, ne conduisez pas innocemment à celui qui détient l’autorité pour tuer, ne calomniez pas une femme chaste — ou dit-il : ne fuyez pas du combat — (rapporté par Shuʿbat al-Shākk), et quant à vous, ô Juifs, vous avez un ordre spécial de ne pas transgresser le Sabbat. » Ils baisèrent ses mains et ses pieds et dirent : « Nous attestons que tu es un prophète. » Il dit : « Qu’est-ce qui vous empêche de me suivre ? » Ils répondirent : « Parce que David – paix sur lui – a prié pour que parmi sa descendance il y ait toujours un prophète, et nous craignons, si nous embrassons l’islam, d’être tués par les Juifs. » Ce hadith fut rapporté par Ibn Kathīr dans son tafsīr, ainsi que d’après les voies d’al-Ṭabarī (15/115-116) dans le commentaire du même verset. On le trouve aussi dans le Musnad de Ahmad (4/239-240), chez al-Tirmidhī (n°3144) dans la section tafsīr, chapitre 18 de la sourate Bani Isrā’īl, et chez al-Nasā’ī (7/111) dans la section concernant l'interdiction de la sorcellerie. Al-Tirmidhī a dit : « Ce hadith est ‘ḥasan ṣaḥīḥ’ (bon et authentique). » Quant à Ibn Kathīr, il considère ce hadith comme problématique, car Abdullah ibn Salama semble avoir des difficultés à le mémoriser correctement, et les savants en ont discuté. Il est possible qu’il ait confondu les neuf versets avec les dix paroles, qui sont des commandements dans la Torah sans lien direct avec l’établissement d’une preuve contre Pharaon. Allah est le plus savant. Ibn Kathīr ajoute également (3/66-67) : « Moïse – paix sur lui – reçut beaucoup d’autres miracles, dont frapper le rocher avec son bâton d’où sortirent des eaux, l’ombre portée par les nuages, la descente de la manne et de la caille, et d’autres choses que reçurent les enfants d’Israël après qu’ils eurent quitté l’Égypte. Cependant, ce passage mentionne ici les neuf miracles que Pharaon et son peuple d’Égypte virent, qui constituèrent une preuve contre eux, mais qu’ils rejetèrent obstinément par mécréance et refus. »
بُرْهَانَانِ مِنْ رَبِّكَ إِلَى فِرْعَوْنَ وَمَلَئِهِ إِنَّهُمْ كَانُوا قَوْمًا فَاسِقِينَ﴾ ومع ذلك سبع آياتٍ أُخَر، فذلك تسع آيات بينات، وهي المذكورة في آخر سورة ﴿سُبْحَانَ﴾ حيث يقول الله تعالى: ﴿وَلَقَدْ آتَيْنَا مُوسَى تِسْعَ آيَاتٍ بَيِّنَاتٍ فَاسْأَلْ بَنِي إِسْرَائِيلَ إِذْ جَاءَهُمْ فَقَالَ لَهُ فِرْعَوْنُ إِنِّي لَأَظُنُّكَ يَامُوسَى مَسْحُورًا (١٠١) قَالَ لَقَدْ عَلِمْتَ مَا أَنْزَلَ هَؤُلَاءِ إِلَّا رَبُّ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ بَصَائِرَ وَإِنِّي لَأَظُنُّكَ يَافِرْعَوْنُ مَثْبُورًا﴾ [الإسراء: ١٠١ - ١٠٢] وهي المبسوطة في سورة الأعراف، في قوله تعالى ﴿وَلَقَدْ أَخَذْنَا آلَ فِرْعَوْنَ بِالسِّنِينَ وَنَقْصٍ مِنَ الثَّمَرَاتِ لَعَلَّهُمْ يَذَّكَّرُونَ (١٣٠) فَإِذَا جَاءَتْهُمُ الْحَسَنَةُ قَالُوا لَنَا هَذِهِ وَإِنْ تُصِبْهُمْ سَيِّئَةٌ يَطَّيَّرُوا بِمُوسَى وَمَنْ مَعَهُ أَلَا إِنَّمَا طَائِرُهُمْ عِنْدَ اللَّهِ وَلَكِنَّ أَكْثَرَهُمْ لَا يَعْلَمُونَ (١٣١) وَقَالُوا مَهْمَا تَأْتِنَا بِهِ مِنْ آيَةٍ لِتَسْحَرَنَا بِهَا فَمَا نَحْنُ لَكَ بِمُؤْمِنِينَ (١٣٢) فَأَرْسَلْنَا عَلَيْهِمُ الطُّوفَانَ وَالْجَرَادَ وَالْقُمَّلَ وَالضَّفَادِعَ وَالدَّمَ آيَاتٍ مُفَصَّلَاتٍ فَاسْتَكْبَرُوا وَكَانُوا قَوْمًا مُجْرِمِينَ﴾ [الآيات: ١٣٠ - ١٣٣] كما سيأتي الكلام على ذلك في موضعه، وهذه التسع آيات غير العشر الكلمات، في التسع من كلمات الله القدرية، والعشرة من كلماته الشرعية، وإنما نبهنا على هذا لأنَّه قد اشتبه أمرها على بعض الرواة، فظن أنّ هذه هي هذه، كما قررنا ذلك في تفسيرآخر سورة بني إسرائيل (١) .
(١) في تفسير قوله تعالى: ﴿وَلَقَدْ آتَيْنَا مُوسَى تِسْعَ آيَاتٍ بَيِّنَاتٍ فَاسْأَلْ بَنِي إِسْرَائِيلَ إِذْ جَاءَهُمْ فَقَالَ لَهُ فِرْعَوْنُ إِنِّي لَأَظُنُّكَ يَامُوسَى مَسْحُورًا﴾. وتوهَّم بعض الرواة أن الكلمات هن الآيات، مصدره الحديث الذي روي من طرق، عن عبد اللّه بن سلمة عن صفوان بن عسّال المرادي قال: قال يهودي لصاحبه: اذهب بنا إلى هذا النبي حتى نسأله عن هذه الآيات ﴿وَلَقَدْ آتَيْنَا مُوسَى تِسْعَ آيَاتٍ بَيِّنَاتٍ﴾. فقال: لا تقل له نبي، فإنه لو سمعك لصارت له أربع أعين. فسألاه، فقال النبي ﷺ : "لا تشركوا بالله شيئًا، ولا تسرقوا، ولا تزنوا، ولا تقتلوا النفس التي حرم اللّه إلا بالحق، ولا تسحروا، ولا تأكلوا الربا، ولا تمشوا ببريء إلى ذي سلطان ليقتله، ولا تقذفوا محصنة -أو قال: لا تفرُّوا من الزحف- (شعبةُ الشاكُّ) وأنتم يا يهود عليكم خاصة أن لا تعدوا في السبت. فقبَّلا يديه ورجليه، وقالا: نشهد أنك نبي. قال: "فما يمنعكما أن تتبعاني؟ قالا: لأن داود (عليه السلام) دعا أن لا يزال من ذريته نبي، وإنا نخشى إن أسلمنا أن تقتلنا يهود". وهذا الحديث أورده ابن كثير في تفسيره، كما أورده من طرق الطبري (١٥/ ١١٥ - ١١٦) في تفسير قوله تعالى ﴿وَلَقَدْ آتَيْنَا مُوسَى تِسْعَ … ﴾. وهو في: مسند أحمد (٤/ ٢٣٩، ٢٤٠) والترمذي: (٣١٤٤)، في التفسير: باب (١٨) ومن سورة بني إسرائيل، والنسائي (٧/ ١١١) في التحريم باب السحر. قال الترمذي: هذا حديث حسن صحيح. وقال ابن كثير: وهو حديث مشكل، وعبد اللّه بن سلمة في حفظه شيء، وقد تكلموا فيه، ولعله اشتبه عليه التسع الآيات بالعشر الكلمات، فإنها وصايا في التوراة لا تَعَلُّقَ لها بقيام الحجة على فرعون، والله أعلم. وقال ابن كثير أيضًا (٣/ ٦٦ - ٦٧): وقد أوتي موسى (عليه السلام) آيات أُخَر كثيرة، منها: ضربه الحجر بالعصا وخروج الماء منه، ومنها تظليلهم بالغمام، وإنزال المن والسلوى، وغير ذلك مما أوتيه بنو إسرائيل بعد مفارقتهم بلاد مصر، ولكن ذكر ههنا التسع آيات التي شاهدها فرعون وقومه من أهل مصر فكانت حجة عليهم، فخالفوها وعاندوها كفرًا وجحودًا. =

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies