Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans un récit rapporté par son fils ‘Abd Allâh (1), on rapporte qu’‘Alî lui dit : « Ô Faroukh, es-tu celui qui a déclaré : “Il ne s’écoulera pas cent ans sur les gens alors qu’un seul œil cligne encore sur terre, et c’est après cent ans seulement que cette communauté connaîtra l’aisance et l’ouverture” ? En vérité, le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “Il ne passera pas cent ans sur les gens sans qu’il ne demeure sur terre un œil qui cligne.” — Tu t’es trompé, bouche de la fosse ! — Il voulait plutôt parler de ceux qui sont aujourd’hui vivants. Il a été seul à rapporter ce récit. »

De même, il est relaté dans les deux Sahîh (2), d’après Ibn ‘Umar, que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Je vous ai montré cette nuit-ci. Car, au terme de cent ans à compter de ce moment, il ne restera aucun être vivant parmi ceux qui se trouvent aujourd’hui sur la surface de la Terre. » Les gens se méprirent quant aux paroles du Messager de Dieu (ﷺ), alors qu’il (ﷺ) visait la fin de sa génération (3).

C’est durant cette année-là qu’un groupe de kharijites, issus des Harûrites, se souleva en Irak. Le Commandeur des croyants, ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, envoya un message à ‘Abd al-Hamîd, gouverneur de Koufa, lui ordonnant de les appeler à la vérité avec clémence et de ne pas les combattre tant qu’ils ne sèmeraient pas la corruption sur terre. Lorsqu’ils commirent effectivement des exactions, il leur envoya une armée, mais les Harûrites la défirent. ‘Umar dépêcha donc une lettre pour réprimander son gouverneur, puis il envoya son cousin, Maslama ibn ‘Abd al-Malik, depuis la Djézireh pour les affronter. Dieu lui accorda la victoire sur eux.

Par ailleurs, ‘Umar s’adressa au chef des kharijites – un certain Bistâm – en ces termes : « Qu’est-ce qui t’a poussé à te révolter contre moi ? Si c’est par colère pour Dieu, j’en suis plus digne que toi, et tu n’as pas plus de droit que moi pour cela. Viens donc discuter : si je découvre la vérité, je la suivrai ; et si tu en montres une, nous l’examinerons. » Bistâm envoya alors auprès de lui un groupe de ses compagnons. ‘Umar en sélectionna deux et leur demanda : « Que me reprochez-vous ? » Ils répondirent : « Tu as désigné Yazîd ibn ‘Abd al-Malik pour te succéder. » Il leur dit : « Pour ma part, je ne l’ai jamais désigné ; c’est un autre qui l’a fait. » Ils poursuivirent : « Comment peux-tu alors consentir à ce qu’il soit le garant de la communauté après toi ? » Il répondit : « Accordez-moi un délai de trois jours… » On raconte que les Banû Umayya l’auraient empoisonné pour l’assassiner, craignant que le pouvoir ne fût arraché de leurs mains et qu’il ne leur interdise l’accès aux biens. Dieu sait mieux (4).

Cette année-là, ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz ordonna à al-Walîd ibn Hishâm al-Mu‘aytî et à ‘Amr ibn Qays al-Kindî, tous deux originaires de Homs, de partir en expédition d’été (as-sâ’ifa). De même, il nomma ‘Umar ibn Hubayra comme gouverneur de la Djézireh, et celui-ci s’y rendit.

Et c’est également durant cette année que Yazîd ibn al-Muhallab fut escorté d’Irak jusqu’à ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz par ‘Adî ibn Arṭâ, gouverneur de Bassora, accompagné de Mûsâ ibn Wajîh. ‘Umar exécrait Yazîd ibn al-Muhallab ainsi que sa famille, et il disait : « Ce sont des tyrans, je n’apprécie pas leur genre. » Lorsque Yazîd fut admis en sa présence, ‘Umar l’interrogea au sujet des biens qu’il détenait, car il avait jadis écrit à Sulaymân qu’ils se trouvaient en la possession de Yazîd. Celui-ci répondit : « Je n’ai affirmé cela que pour intimider nos ennemis. Il n’y avait rien entre Sulaymân et moi, et tu sais le rang que j’occupais à ses yeux. » ‘Umar rétorqua : « Je ne veux pas entendre ces justifications. Je ne te rendrai pas ta liberté tant que tu n’auras pas restitué les biens des Musulmans. » Puis il ordonna de l’emprisonner.

(1) Musnad de l'imam Ahmad (1/140), il s'agit d'un hadith authentique. (2) Sahih de l'imam al-Bukhari (601) dans le chapitre des horaires de la prière, et Sahih de l'imam Muslim n° (2537/217) dans le livre des vertus des compagnons. (3) À partir de sa parole : que le Messager de Dieu ﷺ a dit : … jusqu'ici, il s'agit d'un ajout de B. Le terme "al-inhirâm" signifie la coupure. (4) Le récit se trouve dans l'Histoire de al-Tabari (6/555-556), Ibn al-Athir (5/46-47), ainsi que dans al-Muruj adh-Dhahab (3/233) et les pages suivantes.
وفي رواية لابنه عبد الله (١) أن عليًا قال له: يا فروخ، أنت القائل: لا يأتي على الناس مئة سنة وعلى الأرض عين تطرف، وإنما رخاء هذه الأمة وفَرَجها بعد المئة؟ إنما قال رسول الله ﷺ : "لا يأتي على الناس مئة سنة وعلى الأرض عين تطرف" - أخطأت استُك الحُفْرة - وإنما أراد ممن هو اليوم حي. تفرد به. وهكذا جاء في الصحيحين (٢) عن ابن عمر أن رسول الله ﷺ قال: "أريتكمْ لَيْلَتكمْ هذه، فإنَّ رأسَ مئة سنة منها لا يبقى ممَّن هو اليوم على ظهر الأرض أحد" . فوهل الناس في مقالة رسول الله ﷺ ، وإنما أراد رسول الله ﷺ انخرام قرنه (٣) . ففيها خرجت خارجة من الحرورية بالعراق، فبعث أمير المؤمنين عمر بن عبد العزيز إلى عبد الحميد نائب الكوفة، يأمره بأن يدعوهم إلى الحق، ويتلطف بهم، ولا يقاتلهم حتى يفسدوا في الأرض، فلما فعلوا ذلك بعث إليهم جيشًا فكسرتهم الحرورية، فبعث عمر إليه يلومه على جيشه، وأرسل عمر ابن عمه مسلمة بن عبد الملك من الجزيرة إلى حربهم، فأظفره الله بهم، وقد أرسل عمر إلى كبير الخوارج - وكان يقال له بسطام - يقول له: ما أخرجك علي؟ فإن كنت خرجت غضبًا لله فأنا أحق بذلك منك، ولست أولى بذلك مني، وهلمَّ أناظرك، فإن رأيتُ حقًا اتبعته، وإن أبديتَ حقًا نظرنا فيه. فبعث طائفة من أصحابه إليه فاختار منهم عمر رجلين فسألهما: ماذا تنقمون؟ فقالا: جعلت يزيد بن عبد الملك من بعدك، فقال: إني لم أجعله أبدًا وإنما جعله غيري. قالا: فكيف ترضى به أمينًا للأمة من بعدك؟ فقال: أنظراني ثلاثة، فيقال إن بني أمية دست إليه سمًا فقتلوه خشية أن يخرج الأمر من أيديهم ويمنعهم الأموال، والله أعلم (٤) . وفيها أغزا عمر بن عبد العزيز الوليد بن هشام المُعَيطي، وعمرو بن قيس الكِندي من أهل حمص، الصائفة. وفيها ولى عمر بن عبد العزيز عمر بن هبيرة نيابة الجزيرة فسار إليها. وفيها حُمِل يزيد بن المهلب إلى عمر بن عبد العزيز من العراق، فأرسله عدي بن أرطاة نائب البصرة مع موسى بن وجيه، وكان عمر يبغض يزيد بن المهلّب وأهل بيته، ويقول: هؤلاء جبابرة ولا أحب مثلهم، فلما دخل على عمر طالبه بما قِبَله من الأموال التي كان قد كتب إلى سليمان أنها حاصلة عنده، فقال: إنما كتبت ذلك لأرهب الأعداء بذلك، ولم يكن بيني وبين سليمان شيء، وقد عرفت مكانتي عنده. فقال له عمر: لا أسمع منك هذا، ولست أطلقك حتى تؤدي أموال المسلمين، وأمر بسجنه.
(١) مسند الإمام أحمد (١/ ١٤٠) وهو حديث صحيح. (٢) صحيح الإمام البخاري (٦٠١) في مواقيت الصلاة. وصحيح الإمام مسلم رقم (٢٥٣٧/ ٢١٧) في فضائل الصحابة. (٣) من قوله: أن رسول الله ﷺ قال: … إلى هنا زيادة من ب. والانخرام: الانقطاع. (٤) الخبر في تاريخ الطبري (٦/ ٥٥٥ - ٥٥٦) وابن الأثير (٥/ ٤٦ - ٤٧) ومروج الذهب (٣/ ٢٣٣) وما بعدها.

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