Ils dirent : Il était taciturne et se tenait à l’écart des troubles, mais ne délaissait jamais l’ordre du bien et l’interdiction du mal, sans jamais évoquer aucune de ses qualités louables. Un jour, il vit sur l’un des princes un habit de soie (1) et le réprouva. Le prince répliqua : « Je ne le porte que pour ces gens » – et il désigna ‘Abd al-Malik ibn Marwân, Commandeur des croyants – alors Ibn Muhayriz lui dit : « Ne mets pas ta crainte de Dieu au même niveau que ta crainte de qui que ce soit parmi les hommes. »
Al-Awzâ‘î a dit : « Que celui qui veut prendre un modèle l’imite, car Dieu ne peut égarer une communauté au sein de laquelle se trouve un homme comme lui (2). » Certains dirent qu’il était mort sous le règne d’al-Walîd. Khalîfa ibn Khayyât affirma qu’il mourut au temps de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz. Al-Dhahabî rapporte dans son ouvrage “al-I‘lâm” qu’il est décédé cette même année, et Dieu, exalté soit-Il, le sait mieux. Une fois, Ibn Muhayriz entra dans la boutique d’un marchand de tissus pour acheter un vêtement, mais le prix fut gonflé. Le voisin du vendeur lui dit : « Malheur à toi ! C’est Ibn Muhayriz, baisse le prix pour lui ! » Alors Ibn Muhayriz prit la main de son serviteur et déclara : « Allons-nous-en. Je ne suis venu acheter qu’avec mon argent, non avec ma religion. » Et il partit (3).
Quant à Mahmûd ibn Labîd ibn ‘Uqbah (4), Abû Nu‘aym al-Ansârî al-Ashhalî, il naquit du vivant du Prophète (ﷺ) et transmit de lui des hadiths, mais ces derniers sont considérés comme mursal (non reliés directement au Prophète). Al-Bukhârî dit de lui : « Il est Compagnon. » Ibn ‘Abd al-Barr déclara : « Il est plus âgé (5) que Mahmûd ibn ar-Rabî‘. » On rapporte qu’il mourut en l’an 96 ou 97, et Al-Dhahabî mentionne dans “al-I‘lâm” qu’il décéda cette année-là. Dieu sait véritablement ce qu’il en est.
Enfin, il y a Nâfi‘ ibn Jubayr ibn Muṭ‘im (6) ibn ‘Adî ibn Nawfal al-Qurashî an-Nawfalî al-Madanî.