À la tête du gouvernorat de Médine se trouvait Abou Bakr ibn Mouhammad ibn ‘Amr ibn Hazm, lequel dirigea le pèlerinage pour la population cette année-là. Il destitua de la gouvernance d’Égypte ‘Abd al-Malik ibn Abî Wada‘a et la confia à Ayyoub ibn Charahbîl. Il chargea également Jafar ibn Rabî‘a, Yazîd ibn Abî Habîb et ‘Oubayd Allah ibn Abî Jafar de dispenser les avis juridiques (fatwas) aux gens. De plus, il nomma Ismâ‘îl ibn ‘Abd Allah al-Makhzoumî à la tête de l’Ifriqiya et des régions du Maghreb. Celui-ci jouissait d’une conduite exemplaire, et sous son autorité, de nombreux Berbères de ces contrées embrassèrent l’islam. Dieu est plus savant. (1)
Parmi les notables décédés cette année, on compte al-Hassan ibn Mouhammad ibn al-Hanafiyya (2), un éminent Tâbi‘î. On rapporte qu’il aurait été le premier à parler de l’irjâ’. Il a été précédemment mentionné qu’Abou ‘Oubaid estime qu’il mourut en l’an 95. Khalifa le fait décéder durant le califat de ‘Oumar ibn ‘Abd al-‘Azîz, tandis que notre maître adh-Dhahabî indique dans son ouvrage “al-I‘lâm” qu’il rendit l’âme cette année. Dieu sait mieux.
Au cours de cette même année décéda également Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwân, comme indiqué plus haut, ainsi que ‘Abd Allah ibn Mouhayriz (3) ibn Junâda ibn ‘Oubaid (4), un Qurayshî de la branche Jumah, originaire de La Mecque et ayant résidé à Bayt al-Maqdis. Il s’agit d’un grand Tâbi‘î qui transmit des hadiths de l’époux de sa mère (5), Abou Mahdhoura le muezzin, ainsi que de ‘Obâda ibn as-Sâmit, Abou Sa‘îd, Mu‘âwiya et bien d’autres. Quant aux rapporteurs qui se réfèrent à lui, on compte Khâlid ibn Ma‘dân, Makhoul, Hassân ibn ‘Atiyya, az-Zouhrî, parmi d’autres.
Plusieurs savants ont reconnu sa fiabilité et de nombreux imams l’ont loué, si bien que Rajâ’ ibn Haywa déclara : « Si les habitants de Médine se glorifient de leur adorateur Ibn ‘Oumar, nous, nous enorgueillissons de notre dévot ‘Abd Allah ibn Mouhayriz. » L’un de ses descendants raconta qu’il terminait la lecture complète du Coran chaque vendredi et, bien qu’on lui préparât ses couvertures, il ne s’y allongeait jamais.