On rapporte qu’il s’adressa aux gens et déclara dans son sermon : « Ô gens, j’ai une âme ardente (تواقة) qui, chaque fois qu’on lui accorde quelque chose, aspire à ce qui est plus élevé. Lorsque l’on m’a confié le califat, mon âme s’est portée vers ce qui lui est supérieur, à savoir le Paradis. Aidez-moi donc à l’obtenir, qu’Allah vous fasse miséricorde. » Sa biographie sera évoquée au moment de son décès, si Dieu le veut.
Cette même année, la première initiative de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz fut d’écrire à Maslama ibn ‘Abd al-Malik et aux musulmans qui se trouvaient dans les territoires byzantins, en plein siège de Constantinople. Leur situation s’était considérablement aggravée et l’espace leur manquait, car ils formaient une armée considérable. Il leur ordonna donc de retourner chez eux et leur envoya d’abondantes provisions ainsi qu’un grand nombre de chevaux de race – on rapporte qu’il s’agissait de cinq cents montures. Les gens s’en réjouirent.
La même année, les Turcs lancèrent un raid sur l’Azerbaïdjan et tuèrent un grand nombre de musulmans. ‘Umar envoya alors Hātim ibn an-Nu‘mān al-Bāhilī, qui massacra ces Turcs, dont seuls quelques-uns parvinrent à s’échapper. Il envoya ensuite des captifs à ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz, qui se trouvait à Khunāsira (1).
Les muezzins avaient pour habitude, après l’appel à la prière, de lui signaler que l’heure approchait et de le presser afin qu’il ne la retardât pas comme le faisaient ses prédécesseurs, occupés par de multiples affaires. Il en avait donné lui-même l’instruction, et Dieu sait mieux.
Ibn ‘Asākir (2) rapporte, dans la biographie de Jarīr ibn ‘Uthmān ar-Raḥbī de Ḥimṣ : « J’ai vu les muezzins de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz le saluer durant la prière en ces termes : “As-salāmu ‘alayka yā Amīr al-Mu’minīn wa raḥmatullāhi wa barakātuh, ḥayya ‘alaṣ-ṣalāh, ḥayya ‘alal-falāḥ, la prière est proche !” »
Cette année-là, ‘Umar démit Yazīd ibn al-Muhallab de son poste de gouverneur de l’Irak. Il investit ‘Adī ibn Arṭāt al-Fazārī de l’émirat de Bassora, et ce dernier nomma Al-Ḥasan al-Baṣrī au poste de juge. Al-Ḥasan demanda à être relevé de cette fonction, ce qu’il obtint, puis il désigna à sa place le fameux et perspicace Iyās ibn Mu‘āwiya. Pour l’émirat de Koufa et de ses environs, il nomma ‘Abd al-Ḥamīd ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn Zayd ibn al-Khaṭṭāb, auquel il adjoignit Abū az-Zinād comme secrétaire, et confia à ‘Āmir ash-Sha‘bī la fonction de juge. Al-Wāqidī (3) rapporte que ce dernier demeura à son poste tout au long du califat de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz.
Par ailleurs, il désigna al-Jarrāḥ ibn ‘Abd Allāh al-Ḥakamī comme gouverneur du Khorassan. Enfin, le poste de gouverneur de La Mecque était assuré par ‘Abd al-‘Azīz ibn ‘Abd Allāh ibn Khālid ibn Asīd.