Puis Il s’adressa à lui, lui parlant et le réconfortant, tout en lui montrant qu’Il est le Tout-Puissant, Lui qui dit à la chose « Sois » et elle est. Il déclare : « Et qu’as-tu dans ta main droite, ô Moïse ? » c’est-à-dire : « N’est-ce pas là ton bâton que Nous connaissons depuis que tu l’as avec toi ? » Moïse répondit : « C’est mon bâton ; je m’appuie dessus, j’en fais tomber des feuilles pour mes moutons, et il me sert à d’autres usages encore. » Le Très-Haut dit alors : « Jette-le, ô Moïse ! » (cf. Tâ-Hâ : 19). Moïse le jeta et voilà qu’il devint un serpent se déplaçant vivement (cf. Tâ-Hâ : 19-20). Il s’agit là d’un prodige éclatant et d’une preuve irréfutable que Celui qui parlait à Moïse est bien Celui qui peut dire à la chose « Sois ! » et elle est, et qu’Il agit de façon souveraine et libre.
Selon les Gens du Livre, Moïse demanda un signe de la véracité de sa mission à l’intention de ceux qui le traiteraient de menteur parmi les Égyptiens. Le Seigneur lui dit alors : « Qu’as-tu dans ta main ? » Moïse répondit : « Un bâton. » Il reprit : « Jette-le à terre. » Lorsque Moïse exécuta l’ordre, il se transforma en serpent ; pris de peur, Moïse s’enfuit devant lui. Alors le Seigneur lui ordonna d’étendre la main et de l’attraper par la queue. Quand Moïse s’en saisit, il redevint un bâton dans sa main. Dieu – Exalté soit-Il – dit par ailleurs dans un autre verset : « Et lance ton bâton ! Puis lorsqu’il le vit s’agiter comme si c’était un serpent (jân), il tourna le dos sans même se retourner » (cf. Al-Qasas : 31). Autrement dit, il s’était métamorphosé en un énorme reptile à la grande taille et aux crocs claquants, possédant la rapidité de mouvement d’un jân (1), qui est une sorte de serpent rapide et agile. Cette créature rassemblait donc à la fois l’énormité et la grande vélocité. En voyant cela, Moïse (que la paix soit sur lui) « s’enfuit sans se retourner », c’est-à-dire qu’il prit la fuite devant elle ; car la nature humaine l’y poussait. Il ne se retourna pas, jusqu’à ce que son Seigneur l’interpelle en lui disant : « Ô Moïse, approche et n’aie pas peur : tu es du nombre de ceux qui sont en sécurité. » Quand Moïse revint, Dieu – Exalté soit-Il – lui ordonna de la saisir : « Saisis-la et n’aie pas peur : Nous la ramènerons à son premier état » (Tâ-Hâ : 21).
On raconte qu’il en eut une grande frayeur. Moïse aurait alors glissé sa main dans la manche de sa tunique (2), puis il l’aurait placée au milieu de sa gueule. Selon les Gens du Livre, il l’aurait plutôt attrapée par la queue. Une fois qu’il la tint fermement, elle redevint son bâton pourvu de deux branches. Gloire donc au Tout-Puissant, le Maître des deux Levers et des deux Couchants.
Ensuite, Dieu lui ordonna d’introduire sa main dans le haut de son vêtement (jubba), puis de la retirer : elle en sortit alors resplendissante comme la lune, « sans aucun mal » (c’est-à-dire sans être atteinte de lèpre ni de vitiligo (3)). Ainsi le Très-Haut déclare : « Introduis ta main dans ton col, elle en sortira blanche, sans aucun mal, et tiens ton bras serré contre toi pour ne pas avoir peur » (cf. Al-Qasas : 32). On a dit que cela signifie : « Si tu as peur, place ta main sur ta poitrine et ton inquiétude s’apaisera. » Même si ce geste lui est propre, il est possible que la bénédiction de la foi en Moïse (que la paix soit sur lui) bénéficie à quiconque l’imite (4) à bon escient, en suivant l’exemple des prophètes (5).
Dans la sourate « Les Fourmis » (An-Naml), Dieu dit : « Introduis ta main dans ton col : elle en sortira blanche, sans aucun mal, dans le cadre de neuf signes envoyés à l’adresse de Pharaon et de son peuple, car ils étaient un peuple pervers » (An-Naml : 12). Les deux signes ainsi évoqués sont le bâton et la main, qui correspondent aux deux preuves mentionnées dans ce verset : « Voici donc deux preuves… »