Hammad ibn Zayd rapporta d’après Yazid ibn Hazim qui dit : « Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik nous prêchait chaque vendredi, sans jamais cesser de proclamer dans son sermon : “Les gens de ce monde sont sur le départ : leurs intentions ne se sont pas encore réalisées ni ne leur ont procuré de repos, jusqu’à ce que survienne l’ordre de Dieu et Sa promesse, et ils sont ainsi. De la même façon, la félicité de ce monde ne dure pas, on n’est jamais à l’abri de ses épreuves, et elle ne laisse rien subsister aux méchants parmi ses habitants.” Puis il récitait : “As-tu considéré que si Nous leur accordions jouissance durant des années (verset 205), puis que leur vînt ce qui leur avait été promis (verset 206), ce dont ils avaient joui ne leur servirait à rien ?” (Coran, Les Poètes, 205-207).” (1)
Al-Aṣma‘ī rapporta que l’inscription sur la bague de Sulaymân était : « J’ai cru en Dieu, sincèrement. »
Abu Mus-hir dit, d’après Abû Muslim Salamah ibn al-‘Ayyâr al-Fazârî : « Muḥammad ibn Sîrîn invoquait la miséricorde divine sur Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik, en disant : “Il commença son califat dans le bien et l’acheva dans le bien. Il l’ouvrit en faisant revivre la prière à ses heures prescrites, et le conclut en désignant ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz pour lui succéder.” » (2)
Les savants de la biographie (sîra) et de l’histoire s’accordent à dire qu’il dirigea le pèlerinage en l’an 97 de l’Hégire, alors qu’il était calife. (3)
Al-Haytham ibn ‘Adî rapporta qu’Ash-Sha‘bî raconta : « Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik accomplit le pèlerinage. Lorsqu’il vit la foule lors de la saison du ḥajj, il dit à ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz : “Ne vois-tu pas cette multitude que Dieu seul peut dénombrer et dont Lui seul peut assurer la subsistance ?” Alors ‘Umar lui répondit : “Ô Commandeur des croyants, ils sont aujourd’hui tes administrés, mais demain ils seront tes accusateurs devant Dieu.” Sulaymân se mit à pleurer abondamment, puis il dit : “C’est en Dieu que je cherche secours.” » (4)
Abu Bakr ibn Abî ad-Dunyâ raconta : « Isḥâq ibn Ismâ‘îl nous rapporta, (il dit) : Jirîr nous rapporta d’après ‘Aṭâ’ ibn as-Sâ’ib, qui dit : “Un jour, ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz voyageait avec Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik lorsqu’ils furent surpris par le tonnerre, les éclairs, l’obscurité et un vent violent. Ils en furent effrayés, mais voilà que ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz se mit à rire. Sulaymân lui demanda : ‘Qu’est-ce qui te fait rire, ô ‘Umar ? Ne vois-tu pas ce que nous subissons ?’ Il lui répondit : ‘Ô Commandeur des croyants, ce ne sont-là que les signes de Sa miséricorde, et nous constatons déjà combien ils peuvent être redoutables. Que dire donc de Ses signes de colère et de courroux ?’” » (5)
Parmi ses belles paroles – que Dieu lui fasse miséricorde – on rapporte : « Le silence est le sommeil de l’intelligence et la parole est son éveil ; l’un ne s’accomplit qu’avec l’autre. »
Un homme se présenta devant lui, s’exprima et son éloquence lui plut. Mais après l’avoir observé, il ne le trouva pas sensé. Il dit alors : « Que l’éloquence de l’homme dépasse son intelligence est une tromperie, et que son intelligence surpasse son éloquence est disgracieux. La meilleure des choses, c’est que l’un corresponde à l’autre. »
Il disait également : « L’homme avisé est plus empressé de rectifier sa parole que de chercher ses moyens de subsistance. »