Ali ibn Muḥammad al-Madaʾinī a rapporté :
Abū Bakr al-Hudhalī dit : « Shahr ibn Ḥawshab était préposé aux trésors de Yazīd ibn al-Muhallab. On informa celui-ci que Shahr avait pris une bourse contenant cent dinars. Yazīd l’interrogea à ce sujet, et Shahr reconnut : “Oui, je l’ai prise”, puis il la présenta. Yazīd lui déclara : “Elle est à toi.” Il convoqua alors celui qui l’avait dénoncé et l’invectiva. À ce propos, al-Quṭāmī al-Kalbī prononça ces vers – bien qu’on attribue aussi ces derniers à Sinān ibn Mukammil an-Numayrī :
« Shahr a vendu sa religion pour une bourse… Qui donc, parmi les lecteurs (du Coran), se croira en sécurité après toi, ô Shahr ?
Tu en as tiré un profit dérisoire et tu l’as vendu… à Ibn Junbūdh : voilà la trahison ! »
Murra ibn an-Nakhaʿī dit (1) :
« Ô fils d’al-Muhallab, qu’as-tu voulu faire d’un homme (comme lui) ? Sans toi, il eût été au rang des plus vertueux lecteurs (du Coran). » (2)
Ibn Jarīr (3) rapporta également : « On raconte que Yazīd ibn al-Muhallab participa à la campagne de Jurjān avec cent mille vingt hommes, dont soixante mille de l’armée syrienne – qu’Allah les récompense. Par la conquête de Jurjān, ces contrées furent pacifiées et les routes sécurisées, alors qu’elles étaient auparavant très redoutées. Yazīd décida ensuite de marcher sur Ṭabaristān (4). Il envoya devant lui une troupe avancée de quatre mille hommes parmi les notables. Lorsqu’ils se rencontrèrent, ils s’affrontèrent avec une extrême violence, et quatre mille musulmans périrent dans la bataille. Yazīd demeura néanmoins résolu à conquérir ces contrées, jusqu’à ce que leur souverain – l’aṣbahbidh – conclût la paix avec lui en échange d’une forte somme d’argent, sept cent mille versés chaque année, en plus d’autres biens et esclaves. »
• Parmi ceux qui décédèrent cette année-là parmi les notables (5) :
– ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtbah, imam faisant autorité, qui fut le précepteur de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz et transmit de nombreux récits de divers Compagnons.
– Abū l-Ḥafṣ an-Nakhaʿī (6).