Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ayyoub guettait le moment où son frère subirait quelque malheur. Ayyoub mourut du vivant de son père. Par la suite, Sulaymân prêta serment d’allégeance à son cousin ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz pour qu’il lui succède au califat, et il eut bien raison (1). Cette année-là, on ouvrit la cité des Ṣaqâliba.

Al-Wâqidî rapporte que les Barjân attaquèrent l’armée de Maslama, alors qu’elle était peu nombreuse, au cours de la même année. Sulaymân lui dépêcha une armée ; les Barjân menèrent le combat jusqu’à ce que Dieu les vainquît.

Cette même année, Yazîd ibn al-Muhallab partit en campagne contre Quhistân (2) dans les terres de Chine. Il assiégea la ville et mena un combat acharné jusqu’à s’en emparer. Il tua quatre mille Turcs alors qu’ils étaient prisonniers (3), et s’empara de biens, de meubles et de fournitures à tel point nombreux et précieux qu’il serait impossible d’en évaluer la quantité, la valeur ou la beauté. De là, il se rendit à Jurjân dont le souverain appela à l’aide les Daylam. Ceux-ci arrivèrent pour lui prêter main-forte et affrontèrent Yazîd, qui se battit contre eux. Muhammad ibn ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Sabra al-Ju‘fî – un cavalier renommé pour son courage exceptionnel – chargea le roi des Daylam, le tua, et Dieu les mit en déroute. En effet, ce Ibn Abî Sabra avait un jour combattu un cavalier turc ; le Turc le frappa d’un coup de sabre sur son casque, la lame y demeurant fichée. Ibn Abî Sabra riposta et le tua. Puis il revint vers les musulmans, son sabre dégoulinant de sang, tandis que le sabre du Turc était toujours planté dans son casque.

En le voyant, Yazîd ibn al-Muhallab s’exclama : « Je n’ai jamais vu un spectacle plus noble que celui de cet homme. Qui est-il ? » On lui répondit : « C’est Ibn Abî Sabra. » Il dit : « C’est un homme de valeur, s’il n’était pas tellement enclin à la boisson (4). » Yazîd ibn al-Muhallab accentua alors le siège de Jurjân et resserra l’étau sur son souverain, jusqu’à ce que ce dernier fît la paix en s’engageant à verser sept cent mille dirhams, quatre cent mille dinars, deux cent mille pièces d’habillement, quatre cents ânes chargés de safran, et quatre cents hommes portant chacun un bouclier orné d’un ṭaylasân, d’une coupe en argent et d’une pièce de soie. En effet, Sa‘îd ibn al-‘Âṣ l’avait jadis conquise par un accord les soumettant au paiement du kharâj ; ils livraient cent mille dans certaines années, deux cent mille ou trois cent mille dans d’autres, tout en refusant parfois tout versement jusqu’à rompre complètement l’accord. Ils avaient alors renié leur engagement. Yazîd ibn al-Muhallab les attaqua de nouveau et leur imposa un traité semblable à celui de l’époque de Sa‘îd ibn al-‘Âṣ.

On raconte aussi que Yazîd ibn al-Muhallab saisit beaucoup d’autres richesses ; parmi elles se trouvait une couronne garnie de joyaux magnifiques. Il déclara : « Connaissez-vous quelqu’un qui n’en voudrait pas ? » Ils répondirent : « Nous ne connaissons personne. » Il répliqua : « Par Dieu, je connais un homme à qui, si on présentait cette couronne ou son équivalent, il n’y attacherait aucune importance. » Il fit donc venir Muhammad ibn Wâsi‘ – qui se trouvait dans l’armée pour la campagne – et lui proposa de prendre la couronne. Celui-ci dit : « Je n’en ai nul besoin. » Yazîd insista en disant : « Je t’en supplie, prends-la. » Muhammad ibn Wâsi‘ l’emporta donc et sortit. Yazîd envoya alors quelqu’un le suivre pour observer ce qu’il ferait de la couronne. Muhammad croisa un mendiant et, sollicité par ce dernier, il lui donna la couronne en entier avant de reprendre sa route. Yazîd renvoya ensuite quelqu’un pour récupérer la couronne auprès du mendiant et le dédommagea généreusement par une importante somme d’argent.

(1) Dans Al-Akhbār al-Ṭiwāl (329), il est dit : Lorsque Sulaymān devint fatigué, il écrivit un livre qu’il scella, puis dit à son chef de police : « Hishām et Yazīd n’ont pas encore atteint la maturité pour être dignes de confiance sur la communauté ; je le confie donc à l’homme vertueux, ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz. Lorsque ʿUmar mourra, le pouvoir leur reviendra. » (2) Dans l’Histoire de Ṭabarī (6/536) : Dahistān. (3) Dans Ṭabarī (6/538) et Ibn al-Athīr (5/30) : il tua quatorze mille Turcs en patience. (4) Dans Ṭabarī (6/533), il dit : « Que Dieu soit son père ! Quel homme serait-il s’il ne faisait pas preuve d’excès envers lui-même ? »
أيوب، وتربص بأخيه الدوائر، فمات أيوب في حياة أبيه، فبايع سليمان إلى ابن عمه عمر بن عبد العزيز أن يكون الخليفة من بعده، ولنعمّا فعل (١) . وفيه فتحت مدينة الصقالبة. قال الواقدي: وقد أغارت البرجان على جيش مسلمة وهو في قلة من الناس في هذه السنة. فبعث إليه سليمان جيشًا فتقاتل البرجان حتى هزمهم الله – Exalté soit-Il – . وفي هذه السنة غزا يزيد بن المهلّب قهستان (٢) من أرض الصين فحاصرها وقاتل عندها قتالًا شديدًا، ولم يزل حتى تسلمها، وقتل من الترك الذين بها أربعة آلاف صبرًا (٣) ، وأخذ منها الأموال والأثاث والأمتعة ما لا يحد ولا يوصف كثرة وقيمة وحسنًا، ثم سار منها إلى جرجان فاستجاش صاحبها بالديلم، فقدموا لنجدته فقاتلهم يزيد بن المهلب وقاتلوه، فحمل محمد بن عبد الرحمن بن أبي سبرة الجعفي - وكان فارسًا شجاعًا باهرًا - على ملك الديلم فقتله وهزمهم الله، ولقد بارز ابن أبي سبرة هذا يومًا بعض فرسان الترك، فضربه التركي بالسيف على البيضة فنشب فيها، وضربه ابن أبي سبرة فقتله، ثم أقبل إلى المسلمين وسيفه يقطر دمًا وسيف التركي ناشب في خوذته، فنظر إليه يزيد بن المهلب فقال: ما رأيت منظرًا أحسن من هذا، من هذا الرجل؟ قالوا: ابن أبي سبرة. فقال: نعم الرجل لولا انهماكه في الشراب (٤) . ثم صمم يزيد بن المهلّب في محاصرة جرجان وما زال يضيِّق على صاحبها حتى صالحه على سبعمئة ألف درهم وأربعمئة ألف دينار، ومئتي ألف ثوب، وأربعمئة حمار موقرة زعفرانًا؛ وأربعمئة رجل على رأس كل رجل ترس: على الترس طيلسان وجام من فضة وسرقة من حرير، وقد كان سعيد بن العاص حين فتحها صلحًا على أن يؤدوا الخراج فكانوا يحملون في كل سنة مئة ألف، وفي سنة مئتي ألف، وفي بعض السنين ثلاثمئة ألف، ويمنعون ذلك في بعض السنين، ثم امتنعوا جملة وكفروا، فغزاهم يزيد بن المهلب وردها صلحًا على ما كانت عليه في زمن سعيد بن العاص. قالوا: وأصاب يزيد بن المهلب من غيرها أموالًا كثيرة جدًّا، فكان من جملتها تاج فيه جواهر نفيسة، فقال: أترون أحدًا يزهد في هذا؟ قالوا: لا نعلمه، فقال: والله إني لأعلم رجلًا لو عرض عليه هذا وأمثاله لزهد فيه، ثم دعا بمحمد بن واسع - وكان في الجيش مغازيًا - فعرض عليه أخذ التاج فقال: لا حاجة لي فيه، فقال: أقسمت عليك لتأخذنه، فأخذه وخرج به من عنده، فأمر يزيد رجلًا أن يتبعه فينظر ماذا يصنع بالتاج، فمر بسائل فطلب منه شيئًا فأعطاه التاج بكماله وانصرف، فبعث يزيد إلى ذلك السائل فأخذ منه التاج وعوضه عنه مالًا كثيرًا.
(١) في الأخبار الطوال (٣٢٩) قال: لما ثقل سليمان كتب كتابًا وختمه ثم قال لصاحب شرطته: إن هشام ويزيد لم يبلغا أن يؤتمنا على الأمة، فجعلتها للرجل الصالح، عمر بن عبد العزيز؛ فإذا توفي عمر رجع الأمر إليهما. (٢) في تاريخ الطبري (٦/ ٥٣٦): دهستان. (٣) في الطبري (٦/ ٥٣٨) وابن الأثير (٥/ ٣٠): وقتل أربعة عشر ألف تركي صبرًا. (٤) في الطبري (٦/ ٥٣٣) فقال: لله أبوه! أي رجل هو لولا إسرافه على نفسه.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies