Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils mangèrent alors toute chose, excepté la terre. Telle fut leur situation jusqu’à ce que survînt la mort de Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik et la prise de fonction de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz. Ils rebroussèrent alors chemin vers la Syrie après avoir subi de rudes épreuves (1). Quant à Maslama, il ne repartit pas avant d’avoir construit dans la ville (2) une mosquée solidement édifiée, soigneusement renforcée, vaste et s’élevant haut dans le ciel.

Al-Wâqidî a rapporté : Lorsque Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik accéda au pouvoir, il envisagea de résider à Bayt al-Maqdis (Jérusalem), puis d’envoyer les armées à Constantinople. Mûsâ ibn Nusayr l’exhorta à conquérir les villes, les domaines et les forteresses qui se trouvaient avant elle, jusqu’à ce qu’il atteigne la cité, de sorte qu’il n’y parviendrait qu’après avoir détruit ses forteresses et affaibli ses forces. « Si tu fais ainsi, – dit-il –, plus rien ne se dressera entre toi et cette cité : ils se soumettront et te livreront la ville. » Ensuite, il consulta son frère Maslama, qui lui conseilla de négliger ce qui se trouvait auparavant et de la conquérir de force. « Dès lors qu’elle sera conquise, tout ce qui est avant elle, villes et forteresses, tombera entre tes mains. » Sulaymân dit : « C’est là la bonne opinion. » Il se mit alors à équiper des armées en Syrie et dans la Jazîra, dépêchant cent vingt mille combattants par voie terrestre et autant par voie maritime. Il leur donna leurs soldes et dépensa de fortes sommes à leur profit, leur annonçant qu’ils partiraient assiéger Constantinople et y demeureraient jusqu’à ce qu’ils la prennent.

Sulaymân quitta ensuite Bayt al-Maqdis et entra à Damas, où les armées s’étaient rassemblées. Il en confia alors le commandement à son frère Maslama et déclara : « Partez avec la bénédiction de Dieu et ayez la crainte de Dieu, faites preuve de patience, de conseil mutuel et de justice entre vous. » Puis Sulaymân poursuivit sa route jusqu’à Marj Dâbiq, et les volontaires, comptant sur la récompense divine, vinrent s’ajouter à ses forces. Ainsi se réunit pour lui une armée considérable, comme on n’en avait jamais vu de pareille. Il ordonna alors à Maslama de partir avec ses troupes en emmenant avec lui Ilyûn le Romain al-Mar‘ashî. Ils avançaient jusqu’à ce qu’ils parviennent devant Constantinople et l’assiégèrent au point de les épuiser. Ses habitants proposèrent à Maslama de payer un tribut, mais il refusa, n’acceptant rien d’autre que de la prendre de force.

Ils dirent : « Envoie-nous Ilyûn que nous le consultions. » Il le leur envoya. Ils déclarèrent : « Fais reculer ces troupes, nous te donnerons ce que tu voudras et te remettrons le pouvoir sur nous. » Ilyûn revint informer Maslama : « Ils consentent à se rendre, mais ils exigent que tu t’éloignes d’eux. » Maslama répondit : « Je crains ta traîtrise. » Alors Ilyûn jura qu’il lui remettrait les clés de la ville et tout ce qu’elle renfermait. Lorsque Maslama déplaça ses forces, ils s’empressèrent de restaurer les portions de leurs murs qui avaient été détruites et se préparèrent à résister au siège ; et Ilyûn, puisse Dieu le flétrir, trahit les musulmans (3).

Ibn Jarîr rapporte (4) : « La même année, Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik désigna son fils Ayyûb comme successeur après lui, après la mort de son frère Marwân ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwân. Ainsi, il délaissa la succession de son autre frère Yazîd pour celle de son fils. »

(1) Le récit se trouve dans le Taʾrīkh al-Ṭabarī (vol. 1, pp. 530-531), Ibn al-Athīr (vol. 5, pp. 27-28), et dans le Tārīkh al-Islām (événements des années 81-100/ p. 271). (2) Se rapporte à l’édition de Constantinople. Il est exact que Musalma avait construit une ville en périphérie de Constantinople qu’il nomma Madīnat al-Qahr, et y érigea une grande mosquée, car Constantinople n’avait pas encore été conquise. Ni al-Ṭabarī ni Ibn al-Athīr ne mentionnent à cette date cette mosquée ; c’est plutôt al-Dhahabī qui l’évoque dans le Tārīkh al-Islām (événements des années 81-100/ p. 371), à travers la biographie de Sulaymān ibn ʿAbd al-Malik, citant Ibn ʿAsākir dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (vol. 10, pp. 173-174). (3) La mention « ma bayna maʿkūfīn » est une addition issue de l’édition imposée ; le récit se trouve dans le Tārīkh al-Islām (événements des années 81-100/ pp. 269-270) et dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 4, pp. 501-502), mais la narration n’est pas attribuée à al-Wāqidī, mais à Saʿīd ibn ʿAbd al-ʿAzīz. (4) Voir également dans le Taʾrīkh al-Ṭabarī (vol. 6, pp. 531-532) et le récit est aussi rapporté par Ibn al-Athīr (vol. 5, p. 28).
حتى أكلوا كل شيء إلا التراب، فلم يزل ذلك دأبهم حتى جاءتهم وفاة سليمان بن عبد الملك وتولية عمر بن عبد العزيز، فكروا راجعين إلى الشام، وقد جهدوا جهدًا شديدًا (١) ، لكن لم يرجع مسلمة حتى بنى مسجدًا بالمدينة (٢) شديد البناء محكمًا، رحب الفناء شاهقًا في السماء. [وقال الواقدي: لما ولي سليمان بن عبد الملك أراد الإقامة ببيت المقدس، ثم يرسل العساكر إلى القسطنطينية، فأشار عليه موسى بن نصير بأن يفتح ما دونها من المدن والرساتيق والحصون، حتى يبلغ المدينة، فلا يأتيها إلا وقد هدمت حصونها ووهنت قوتها، فإذا فعلت ذلك لم يبق بينك وبينها مانع، فيعطوا بأيديهم ويسلموا لك البلد، ثم استشار أخاه مسلمة فأشار عليه بأن يدع ما دونها من البلاد ويفتحها عنوة، فمتى ما فتحت فإن باقي ما دونها من البلاد والحصون بيدك، فقال سليمان: هذا هو الرأي، ثم أخذ في تجهيز الجيوش من الشام والجزيرة فجهز في البر مئة وعشرين ألفًا، وفي البحر مئة وعشرين ألفًا من المقاتلة، وأخرج لهم الأعطية، وأنفق فيهم الأموال الكثيرة، وأعلمهم بغزو القسطنطينية والإقامة إلى أن يفتحوها، ثم سار سليمان من بيت المقدس فدخل دمشق وقد اجتمعت له العساكر فأمر عليهم أخاه مسلمة، ثم قال: سيروا على بركة الله، وعليكم بتقوى الله والصبر والتناصح والتناصف. ثم سار سليمان حتى نزل مرج دابق، فاجتمع إليه الناس أيضًا من المتطوعة المحتسبين أجورهم على الله، فاجتمع له جند عظيم لم ير مثله، ثم أمر مسلمة أن يرحل بالجيوش وأخذ معه إليون الرومي المرعشي، ثم ساروا حتى نزلوا على القسطنطينية فحاصرها إلى أن برح بهم وعرض أهلها الجزية على مسلمة فأبى إلا أن يفتحها عنوة، قالوا: فابعث إلينا إليون نشاوره، فأرسله إليهم، فقالوا له: رد هذة العساكر عنا ونحن نعطيك ونملكك علينا، فرجع إلى مسلمة: فقال: قد أجابوا إلى فتحها غير أنهم لا يفتحونها حتى تتنحَّى عنهم؛ فقال مسلمة: إني أخشى غدرك، فحلف له أنه يدفع إليه مفاتيحها وما فيها، فلما تنحى عنهم أخذوا في ترميم ما تهدم من أسوارها واستعدوا للحصار. وغدر إليون بالمسلمين قبحه الله] (٣) . قال ابن جرير (٤) : وفي هذه السنة أخذ سليمان بن عبد الملك العهد لولده أيوب أنه الخليفة من بعده، وذلك بعد موت أخيه مروان بن عبد الملك بن مروان، فعدل عن ولاية أخيه يزيد إلى ولاية ولده
(١) الخبر في تاريخ الطبري (١/ ٥٣٠ - ٥٣١) وابن الأثير (٥/ ٢٧ - ٢٨) وتاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٢٧١). (٢) في ط: بالقسطنطينية، والصحيح أن مسلمة كان قد بنى مدينة حذاء القسطنطينية سماها مدينة القهر، وبنى بها مسجدًا عظيمًا حيث إن القسطنطينية لم تفتح بعد، ولم يذكر الطبري ولا ابن الأثير خبر المسجد هذا في هذه السنة، إنما ذكره الذهبي في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٣٧١) في ترجمة سليمان بن عبد الملك نقلًا عن ابن عساكر في مختصر تاريخ دمشق (١٠/ ١٧٣ - ١٧٤). (٣) ما بين معكوفين زيادة من ط، والخبر في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٢٦٩ - ٢٧٠) وسير أعلام النبلاء (٤/ ٥٠١ - ٥٠٢) ولكن الرواية ليست عن الواقدي، وإنما عن سعيد بن عبد العزيز. (٤) تاريخ الطبري (٦/ ٥٣١ - ٥٣٢) والخبر أيضًا في ابن الأثير (٥/ ٢٨).

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