Écoutez-le donc et obéissez-lui. Par Dieu, si Dieu et Son Messager avaient véritablement choisi ʿAlī pour cette fonction, puis que ʿAlī l’eût délaissée, il aurait été le premier à avoir renoncé à l’ordre de Dieu et de Son Messager (1).
Il leur dit aussi : « Par Dieu, si nous recevons un tant soit peu du pouvoir, nous vous trancherons les mains et les pieds opposés, puis nous ne vous accorderons plus de repentir. Malheur à vous ! Vous nous avez trompés à votre propre détriment ! Malheur à vous ! Si la parenté pouvait être utile sans acte, elle aurait alors bénéficié à son père et à sa mère (2). Si ce que vous prétendez au sujet de notre statut était vrai, nos pères nous auraient lésés, puisqu’ils ne nous en ont pas informés [Ils nous ont fait du tort et nous ont caché la meilleure de toutes les choses]. Par Dieu, je crains que la punition pour celui d’entre nous qui désobéit ne soit doublée, de même que j’espère qu’elle soit multipliée pour celui d’entre nous qui excelle dans ses œuvres. Malheur à vous ! Aimez-nous si nous obéissons à Dieu par obéissance à Lui, et détestez-nous si nous désobéissons à Dieu par désobéissance envers Lui. »
Mūsā ibn Nuṣayr (3), Abū ʿAbd ar-Raḥmān al-Lakhmī, leur mawlā (son affiliation provenait d’une femme d’entre eux). On dit aussi qu’il était le mawlā des Banū Umayya. Il ouvrit les contrées du Maghreb [et y amassa des richesses incommensurables, et il y a laissé des hauts faits célèbres et impressionnants]. On raconte qu’il boitait, et qu’il serait né l’an 19 (de l’Hégire). Originaire de ʿAyn at-Tamr, on dit aussi qu’il appartenait à la tribu d’Arāsha issue de Bālī. Son père fut capturé au Djebel al-Khalīl en Syrie à l’époque d’Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq, et il s’appelait Naṣr avant que son nom ne soit abrégé.
Il transmit (des hadiths) de Tamīm ad-Dārī, tandis que son propre fils ʿAbd al-ʿAzīz et Yazīd ibn Masrūq al-Yaḥṣubī rapportèrent de lui. Il fut chargé par Muʿāwiya de diriger les expéditions maritimes et attaqua ainsi Chypre, où il construisit des forteresses comme al-Māghūṣa, le fort de Bānas et d’autres encore sur l’île. Il administra l’île pour le compte de Muʿāwiya après que ce dernier l’eut conquise l’an 27, et il participa à la bataille de Marj Rāhiṭ aux côtés de ḍaḥḥāk ibn Qays. À la mort de ce dernier, Mūsā ibn Nuṣayr se réfugia auprès de ʿAbd al-ʿAzīz ibn Marwān. Puis, lorsque Marwān entra en Égypte, il l’emmena et le laissa au service de son fils ʿAbd al-ʿAzīz. Quand ʿAbd al-Malik conquit l’Irak, il le fit ministre auprès de son frère Bishr ibn Marwān.
Mūsā ibn Nuṣayr était réputé pour son intelligence, sa détermination, sa fermeté et son expertise dans l’art de la guerre. Al-Fasawī (4) relate que Mūsā ibn Nuṣayr fut nommé gouverneur de l’Ifriqiya (l’actuelle Afrique du Nord) en l’an 79. Il y conquit d’innombrables cités et provinces. Nous avons déjà mentionné qu’il ouvrit la voie vers al-Andalus, contrée dotée de nombreuses villes, villages et campagnes. Il y captura, ainsi que dans d’autres régions, un grand nombre de prisonniers, et s’empara de biens considérables, d’or et de joyaux précieux en quantité impossible à dénombrer. Quant aux équipements, provisions et montures, c’était inimaginable. Il fit prisonniers de nombreux jeunes garçons et femmes d’une grande beauté, à tel point qu’il fut dit