Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Qu’Allah lui pardonne ses fautes, le couvre de Sa miséricorde et accepte de lui les efforts qu’il a fournis pour combattre les ennemis. Il décéda à Ferghana, à l’extrême limite du territoire du Khorassan, au mois de Dhou al-Hijja de cette même année, alors qu’il était âgé de quarante-huit ans. Son père, Abou Salih Muslim, faisait partie de ceux qui furent tués aux côtés de Mus‘ab ibn az-Zoubaïr. Il gouverna le Khorassan pendant dix ans. À son sujet, un poète composa une élégie, celui-ci est ‘Abd ar-Rahman ibn Jumâna al-Bâhilî, qui déclama :

« On dirait qu’Abou Hafs Qutayba n’avait jamais marché
avec une armée contre une autre armée, ni jamais monté sur un minbar.
Jamais les étendards ne flottèrent, tandis que les siens,
immobiles, se tenaient autour de lui ; et jamais les hommes ne furent témoins d’un de ses camps.
La mort l’appela ; il répondit à son Seigneur
et s’en alla vers les jardins (du Paradis), pur, préservé.
Depuis Muhammad, l’Islam n’a jamais été autant éprouvé
que par la perte d’Abou Hafs ; pleure-le donc à chaudes larmes. » (1)

Ce poète exagéra dans son dernier vers. « ‘Abhar » fut un enfant qu’il laissa derrière lui.

Quant à al-Tirmâh, il composa ces vers à propos de la bataille où Qutayba fut tué par Waqî‘ ibn Abî Sûd :

« Sans les preux cavaliers de Madhhij, fils de (2)
Madhhij — et ceux d’al-Azd — l’armée aurait été ébranlée et saccagée.
Les contrées se seraient refermées devant eux, et nul
n’aurait pu retourner en Irak pour en informer les siens.
Alors la “convention de la communauté” fut fracturée (3),
l’autorité du calife fut méprisée et l’interdit fut bravé.
Ce sont eux qui ont tué Qutayba de force,
tandis que les montures piaffaient sous la terre collée à leurs sabots (4).
Ce fut au Marj, la plaine de la Chine, où
Mudar d’Irak put reconnaître celui qui était le plus puissant.
Par crainte, toute la tribu de Rabî‘a s’était alliée,
et Mudar — et ceux qui les suivaient — s’étaient dispersés.
Les Azd d’Irak et Madhhij marchèrent en avant,
leur “père” commun les rassemblant pour la mort.
Qahtân abat la tête de tout guerrier en armes,
protégé par des cœurs lucides même dans l’obscurité.
Al-Azd sait que sous son étendard
se cache un pouvoir de légitimité et une mort sanglante.
C’est grâce à notre puissance que le Prophète Muhammad
fut soutenu, et grâce à nous que la chaire fut établie à Damas. » (5)

Ibn Jarîr (6) a longuement relaté cette histoire et a cité de nombreux autres poèmes. Le cadi Ibn Khallikân (7) rapporta également que Jarîr composa une élégie pour Qutayba ibn Muslim (qu’Allah lui fasse miséricorde, l’honore et le couvre de Son pardon), disant :

(1) Les vers se trouvent chez al-Ṭabarī (6/521) et Ibn al-Athīr (5/19-20) et y est mentionné : ʿAbhar : esclave-nourrice qui lui appartenait. (2) Dans A, B : « Athbat ». (3) Dans A, B : « wa istaqlat ». (4) Dans A : « al-ʿanbar », et dans al-Ṭabarī : « jāniḥa » au lieu de « jāmiḥa ». (5) Les vers chez al-Ṭabarī (6/520-521). (6) Tārīkh al-Ṭabarī (6/506-522). (7) Wafayāt al-Aʿyān (4/88).
من خطيئاته، والله يسامحه ويعفو عنه، ويتقبل منه ما كان يكابده من مناجزة الأعداء، وكانت وفاته بفرغانة من أقصى بلاد خراسان، في ذي الحجة من هذه السنة، وله من العمر ثمان وأربعون سنة، وكان أبوه أبو صالح مسلم فيمن قتل مع مصعب بن الزُّبير، وكانت ولايته على خراسان عشر سنين، وقد قال فيه بعض الشعراء يرثيه، وهو رثاء عبد الرحمن بن جمانة الباهلي فقال: كأن أبا حفصٍ قتيبة لم يسرْ … بجيشٍ إلى جيشٍ ولم يعلُ منبرا ولم تخْفِقِ الراياتُ والقومُ حولهُ … وقوفٌ ولم يشهدْ له الناسُ عسكرا دعتهُ المنايا فاستجاب لربِّهِ … وراحَ إلى الجنَّاتِ عَفًّا مطهَّرا فما رُزِئَ الإسلامُ بعد محمدٍ … بمثلِ أبي حفصٍ فبكّيهِ عَبْهَرا (١) ولقد بالغ هذا الشاعر في بيته الأخير. وعبهر ولد له. وقال الطِّرماح في هذه الوقعة التي قتل فيها على يد وكيع بن أبي سود: لولا فوارسُ مَذحِجَ ابنه (٢) مذحجٍ … والأزد زُعزعَ واستبيحَ العسكرُ وتقطعتْ بهمُ البلادُ ولم يَؤُب … منهم إلى أهلِ العراقِ مخبِّرُ واستضلعت (٣) عقد الجماعةِ وازدرى … أمرُ الخليفةِ واستحلَ المنكرُ قومٌ همو قتلوا قتيبة عنوةً … والخيلُ جامحةٌ عليها العِثْيرُ (٤) بالمرج مرجِ الصينِ حيثُ تبيّنتْ … مُضرُ العراقِ مَن الأعزُّ الأكبرُ إذ حالَفتْ جزعًا ربيعةُ كلها … وتفرقتْ مضرٌ ومنْ يتمضرُ وتقدمتْ أزدُ العراقِ ومَذْحِجٌ … للموتِ يجمعُها أبوها الأكبر قحطانُ تضربُ رأسَ كل مدججٍ … تحمى بصائرهنَّ إذْ لا تبصرُ والأزدُ تعلمُ أنَّ تحتَ لوائها … مُلكًا قُرَاسِيَةً وموتٌ أحمرُ فبعزِّنا نُصِرَ النبيُّ محمدٌ … وبنا تثبَّتَ في دمشقَ المِنبرُ (٥) وقد بسط ابن جرير (٦) هذه القصة بسطًا كثيرًا وذكر أشعارًا كثيرة جدًّا. وقال القاضي ابن خلكان (٧) وقال جرير يرثي قتيبة بن مسلم (رحمه الله) وسامحه، وأكرم مثواه وعفا عنه:
(١) الأبيات في الطبري (٦/ ٥٢١) وابن الأثير (٥/ ١٩ - ٢٠) وفيهما: عبهر: أم ولد له. (٢) في أ، ب: أثبت. (٣) في أ، ب: واستطلقت. (٤) في أ: العنبر، وفي الطبري: جانحة بدل جامحة. (٥) الأبيات في الطبري (٦/ ٥٢٠ - ٥٢١). (٦) تاريخ الطبري (٦/ ٥٠٦ - ٥٢٢). (٧) وفيات الأعيان (٤/ ٨٨).

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