Jusqu’au terme qui avait été convenu entre eux, son compagnon lui dit : « Toute brebis qui enfantera une progéniture dont la couleur diffère de la sienne, tu en seras le propriétaire. » Il plaça donc une effigie au bord de l’eau ; quand les brebis virent cette silhouette, elles prirent peur, se dispersèrent et mirent toutes bas des agneaux tachetés, à l’exception d’une seule brebis. Il s’en alla donc cette année-là avec leurs petits. Cette chaîne de transmission est constituée de rapporteurs dignes de confiance. Dieu est plus savant.
Il a déjà été rapporté, d’après les écrits des gens du Livre, au sujet de Jacob — que la paix soit sur lui — lorsqu’il se sépara de son oncle Laban, qu’on l’autorisa à prendre tous les agneaux nés bigarrés parmi ses brebis, et il fit comme ce qui est rapporté à propos de Moïse — que la paix soit sur lui. Dieu est plus savant.
« Lorsque Moïse eut accompli le terme convenu et qu’il partit avec sa famille, il aperçut un feu du côté du mont (Tûr). Il dit à sa famille : “Restez ici ! J’ai vu un feu. Peut-être vous en rapporterai-je quelque information ou bien un tison de ce feu, afin que vous puissiez vous réchauffer.” (29)
Et lorsqu’il l’atteignit, il fut interpellé depuis le flanc droit de la vallée, dans la contrée bénie, à partir de l’arbre : “Ô Moïse, c’est Moi, Dieu, le Seigneur des mondes (30). Et jette ton bâton !” Mais quand il le vit se mouvoir comme si c’était un serpent, il s’enfuit sans se retourner. “Ô Moïse, approche et n’aie pas peur, tu es assurément au nombre de ceux qui sont en sécurité (31). Introduis ta main dans ton sein, elle en sortira blanche, sans aucun mal ; et serre contre toi ton bras pour calmer ta frayeur. Voilà deux signes de la part de ton Seigneur destinés à Pharaon et à ses notables. Vraiment, c’étaient un peuple pervers.” » [Al-Qasas : 29 – 32]
Il a été dit précédemment que Moïse avait accompli la plus complète des deux durées. On le déduit notamment de la parole divine : « Lorsque Moïse eut accompli le terme convenu… ». Selon Mujâhid, il aurait en fait complété dix années, puis encore dix après.
Quant à la phrase « et il partit avec sa famille », elle signifie qu’il quitta alors son beau-père. D’après plusieurs exégètes et autres savants, Moïse désira rendre visite à sa propre famille en Égypte, en se déplaçant discrètement. Il voyagea avec sa famille, avec deux de ses enfants et un troupeau de brebis qu’il avait acquis durant son séjour. On raconte que cela se passa une nuit sombre et glaciale ; ils s’égarèrent et ne purent retrouver la route habituelle. Il voulut allumer du feu avec son silex, mais en vain ; l’obscurité et le froid s’intensifièrent.
Alors qu’il était dans cette situation, il aperçut au loin un feu qui brûlait du côté du mont, sur le versant occidental, à sa droite. Il dit à sa famille : « Restez ici, car j’ai vu un feu. » Il est probable — Dieu sait mieux — qu’il le vit sans que sa famille ne le distingue, car ce feu était en réalité une lumière que n’importe qui ne pouvait pas percevoir. « Peut-être obtiendrai-je auprès de lui quelque information sur la route à suivre », ou bien « un tison de ce feu afin que vous puissiez vous réchauffer » ; preuve qu’ils s’étaient égarés dans une nuit obscure et glaciale.
Dans l’autre verset, Dieu dit : « As-tu entendu le récit de Moïse (9) lorsqu’il vit un feu et dit à sa famille : “Restez ici ! J’aperçois un feu ; peut-être en rapporterai-je un brandon, ou bien trouverai-je au feu quelqu’un à même de me guider.” » [Tâ-Hâ : 9 – 10]. Cela atteste l’obscurité et le fait qu’ils s’étaient perdus.
Le tout est réuni dans Son dire, au chapitre An-Naml : « (Ô Muhammad) Te souvient-il de Moïse, lorsque celui-ci dit à sa famille : “J’aperçois un feu ; je vous en rapporterai quelque information, ou bien un tison ardent…” »