Il est rapporté qu’il fut considéré par certains comme beau, tandis que d’autres le trouvaient plutôt laid. Il avait des cheveux blancs sur le devant de la barbe. Il aurait rencontré Sahl ibn Saʿd et entendu Anas ibn Mâlik lorsqu’il l’interrogea sur ce qu’il savait à propos des signes de l’Heure, comme mentionné précédemment dans la biographie d’Anas. Il écouta également Saʿîd ibn al-Musayyib et rapporta des propos d’az-Zuhrî et d’autres.
On raconte qu’Abd al-Malik voulut lui confier le pouvoir, puis hésita parce qu’il ne maîtrisait pas la langue arabe. Al-Walîd rassembla donc un groupe de grammairiens qui restèrent auprès de lui durant six mois. Cependant, le jour où ils partirent, il n’en savait pas plus que lorsqu’ils étaient arrivés. Alors, Abd al-Malik déclara : « Il a fait de son mieux et il a une excuse. » (1)
On raconte aussi que son père, Abd al-Malik, lui fit des recommandations sur son lit de mort en disant : « Ne te laisse pas surprendre, à ma mort, assis à te presser les yeux pour faire couler des larmes et à gémir comme une servante. Mais retrousse tes manches, ceins-toi, descends-moi dans ma tombe, laisse-moi à mon sort, et appelle les gens au serment d’allégeance. Celui qui fait un simple signe de la tête ainsi, réponds-lui par ton épée de cette manière. » (2)
Selon al-Layth, en l’an 78 (3), Al-Walîd mena une expédition contre les terres byzantines et dirigea également le pèlerinage cette même année. D’autres affirment qu’il conduisit des campagnes l’année précédente et l’année suivante vers Malatya et d’autres régions. On lui prêta serment de fidélité pour le califat après la mort de son père, au mois de Shawwâl de l’an 86 (4).
L’inscription sur son anneau était : « Je crois en Dieu, en toute sincérité. » Certains disent plutôt : « Ô Walîd, tu es voué à mourir. » On raconte que les derniers mots qu’il prononça furent : « Gloire à Dieu, louange à Dieu, il n’est de dieu que Dieu. »
Ibrâhîm ibn Abî ʿAbla rapporte qu’un jour, Al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik lui demanda : « En combien de jours achèves-tu la lecture du Coran ? » Je lui répondis : « En tant de jours. » Il dit : « Le Commandeur des croyants, malgré toutes ses occupations, l’achève tous les trois jours. Certains disent plutôt tous les sept. » On rapporte également qu’il accomplissait dix-sept lectures complètes durant chaque mois de Ramadan (5).
Ibrâhîm poursuit : « Que Dieu fasse miséricorde à Al-Walîd ! Qui donc pourrait lui être comparable ? Il a fait bâtir la Grande Mosquée de Damas et il me remettait des lingots d’argent que je distribuais aux récitateurs de Bayt al-Maqdis (6). »
Ibn ʿAsâkir (7) rapporte, avec une chaîne de transmission composée d’hommes tous dignes de confiance, d’après ʿAbd ar-Rahmân ibn Yazîd ibn Jâbir, lequel tient de son père : « Un jour, Al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik sortit par la petite porte (bâb al-asghar) et aperçut un homme près du minaret oriental en train de manger quelque chose. Il s’approcha de lui et constata qu’il mangeait du pain et de la poussière. Il lui demanda : “Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cela ?” L’homme répondit : “Le contentement, ô Commandeur des croyants.” Al-Walîd se rendit à son audience, puis le fit venir et dit : “Il y a certainement une raison derrière cela. Dis-la-moi sans quoi je frapperai tes yeux.” L’autre reprit : “Oui, ô Commandeur…” »