En l’an quatre-vingt-seize (de l’Hégire), y mourut le bâtisseur de la mosquée, al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik. Il restait encore quelques éléments inachevés, que son frère Sulaymān ibn ‘Abd al-Malik compléta, comme nous l’avons mentionné.
Quant à la parole de Ya‘qūb ibn Sufyān : « J’ai interrogé Hishām ibn ‘Ammār au sujet de l’histoire de la mosquée de Damas et de la démolition de l’église. Il m’a répondu : “Al-Walīd dit aux chrétiens : ‘Faites votre choix ! Nous avons pris l’église de Tūmā par la force et l’église d’al-Dākhila en vertu d’un accord, je vais donc détruire l’église de Tūmā.’” – Hishām précise que cette église était plus grande que celle d’al-Dākhila – “mais ils préférèrent finalement qu’il détruise l’église d’al-Dākhila et qu’il l’intègre à la mosquée.” » Il ajouta : « Sa porte correspond à la qibla actuelle de la mosquée, c’est-à-dire le mihrab où l’on prie. » Il rapporte aussi : « L’église fut démolie au début du califat d’al-Walīd, en l’an quatre-vingt-six, et ils mirent sept ans à la construire, jusqu’à la mort d’al-Walīd, sans qu’il ait pu l’achever ; Hishām le compléta par la suite. »
Il y a là certes des points intéressants, mais aussi une erreur : il dit qu’ils mirent sept ans à le construire, alors que le chiffre correct est dix ans. En effet, personne ne conteste qu’al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik soit mort cette même année – l’an quatre-vingt-seize (de l’Hégire). Abū Ja‘far ibn Jarīr rapporte d’ailleurs le consensus des historiens à ce propos.
En outre, il déclare que la construction ne fut pas achevée du vivant d’al-Walīd, alors qu’elle le fut bel et bien, à ceci près qu’il restait quelques ornements à finaliser, que son frère Sulaymān (et non Hishām) acheva. Dieu – glorifié et exalté soit-Il – est plus savant (1).
Voici maintenant la notice biographique d’al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik (2), le bâtisseur de la Grande Mosquée de Damas, et la mention de sa mort en cette même année.
Il s’agit d’al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwān ibn al-Ḥakam ibn Abī al-‘Āṣ ibn Umayya ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf, Abū al-‘Abbās, de la lignée omeyyade. Après le décès de son père, il fut désigné calife par testament, au mois de Shawwāl de l’an quatre-vingt-six ; il était l’aîné de ses fils et son héritier désigné. Sa mère était Walāda bint al-‘Abbās ibn Juʼ (3) ibn al-Ḥārith ibn Zuhayr, de la tribu de ‘Abs.
Il naquit en l’an cinquante ; ses parents l’entourèrent de luxe, si bien qu’il grandit sans éducation (4) et ne maîtrisait pas bien la langue arabe. Il était grand, de teint sombre, marqué de légères cicatrices de variole. Son nez était camus et légèrement coulant, et quand il marchait, il adoptait une démarche inclinée (5), autrement dit, il se pavanait en marchant.