En l’an sept cent quarante et un, on reprit la construction du lieu d’ablution d’une manière différente, plus belle qu’elle ne l’était auparavant. Cette grande cuvette (qas‘a) disparut ensuite, si bien qu’il n’en resta aucune trace.
On acheva la réalisation du shadhrawān (1), situé à l’est de la Fontaine de Jīrūn, après l’an cinq cents – je crois que cela fut en l’an cinq cent quatorze – et Dieu le sait mieux.
Mention de l’apparition du sab‘ (2) dans la Grande Mosquée des Omeyyades.
Abou Bakr ibn Abī Dāwūd a dit : « Abou ‘Āmir (3) Moussa ibn ‘Āmir al-Murrī nous a rapporté, puis al-Walīd – c’est-à-dire Ibn Mouslim – nous a rapporté, en disant : Abou ‘Amr al-Awzā‘ī a dit, d’après Hassān ibn ‘Atiyya : “La ‘darāsa’ (étude ou récitation) est une nouveauté qui fut instaurée par Hichām ibn Ismā‘īl al-Makhzoumī, lors de sa venue auprès d’Abd al-Malik. Or, Abd al-Malik l’empêcha de le rencontrer (le tint à distance). Après la prière de l’aube, il s’assit dans la Mosquée de Damas et entendit une récitation. Il demanda : ‘Qu’est-ce donc ?’ On l’informa qu’Abd al-Malik récitait dans la Khadrā’. Alors Hichām ibn Ismā‘īl se mit à réciter, et Abd al-Malik se mit à suivre la récitation de Hichām ; un affranchi de ce dernier récitait également à sa manière. Les personnes présentes dans la Mosquée trouvèrent cela fort beau et se mirent, elles aussi, à réciter ainsi.” »
Hichām ibn ‘Ammār, le prédicateur de Damas, a dit : « Ayyoub ibn Hassān nous a rapporté, puis al-Awzā‘ī nous a rapporté : Khālid ibn Dihqān nous a rapporté que la première personne à avoir introduit la récitation dans la Mosquée de Damas fut Hichām ibn Ismā‘īl ibn al-Mughīra al-Makhzoumī, et que la première personne à l’avoir introduite en Palestine fut al-Walīd ibn ‘Abd al-Rahmān al-Juwayshī (5). »
J’ajoute : Hichām ibn Ismā‘īl fut gouverneur de la cité du Prophète (Médine). C’est lui qui frappa Sa‘īd ibn al-Musayyib quand celui-ci refusa de faire l’allégeance à al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik, avant la mort de son père. Par la suite, al-Walīd le démit de ses fonctions et nomma ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz à sa place, comme nous l’avons mentionné.
Parmi les nombreuses personnalités éminentes de la deuxième génération (tābi‘īn) présentes à Damas qui assistèrent à ce sab‘, on compte Hichām ibn Ismā‘īl, son affranchi Rāfi‘, ainsi qu’Ismā‘īl ibn ‘Ubayd Allâh ibn Abī al-Muhājir, qui supervisait l’éducation des enfants d’Abd al-Malik ibn