Ibn ʿAsākir (1) a dit : « Pour ma part, j’ai vu ce “safoud” sur les arches de l’église d’al-Maqsalāt, construite au-dessus des arches du grand marché, à l’endroit où se trouvent actuellement les savonniers et les parfumeurs. C’est là que les armées de l’Islam se rassemblèrent le jour de la conquête de Damas : Abū ʿUbayda arriva par la porte al-Jābiya, Khālid par la porte de l’Est, et Yazīd ibn Abī Sufyān par la petite porte al-Jābiya. »
ʿAbd al-ʿAzīz al-Tamīmī (2), rapportant les propos d’Abū Naṣr ʿAbd al-Wahhāb ibn ʿAbd Allāh al-Muzanī (3), a dit : « J’ai entendu plusieurs cheikhs de Damas affirmer que dans la toiture de la Grande Mosquée se trouvent des talismans placés par des sages, dans la partie du plafond attenante au mur qiblī. Il y aurait notamment un talisman contre les hirondelles (ṣunūniyyāt), de telle sorte qu’elles n’y entrent pas et n’y nichent pas, ni n’y apportent leurs saletés ; il empêcherait également les corbeaux d’y pénétrer. Et il y a un talisman contre les souris, les serpents et les scorpions ; le peuple ne vit rien de tout cela, hormis quelques souris, et l’on soupçonne que leur talisman a disparu (4). Enfin, un talisman contre les araignées empêche celles-ci de tisser leurs toiles dans ses recoins et de le couvrir de poussière ou de saleté. »
Le ḥāfiẓ Ibn ʿAsākir (5) a déclaré : « J’ai entendu mon grand-père, Abū al-Faḍl Yaḥyā ibn ʿAlī, dire qu’il avait observé avant l’incendie de la mosquée des talismans destinés à écarter toutes sortes de vermine, suspendus au plafond au-dessus des coupoles, près des sept, et qu’aucun de ces insectes ne se trouvait dans la mosquée avant l’incendie. Lorsqu’ils furent consumés par le feu la nuit du quinzième de Shaʿbān, après la prière de l’ʿaṣr, en l’an 461 de l’Hégire, la Grande Mosquée brûla, et les talismans furent détruits. »
Autrefois, Damas comptait de nombreux talismans. Il n’en subsiste plus qu’une colonne, dans le souk des ʿalabiyyīn, surmontée d’une grande sphère. On raconte qu’elle est destinée à guérir la rétention d’urine chez les montures : si l’on en fait trois fois le tour avec l’animal, son ventre se libère. Notre maître, l’érudit Abū al-ʿAbbās Ibn Taymiyya – que Dieu lui fasse miséricorde – expliquait : « En réalité, il s’agit de la tombe d’un idolâtre rebelle enseveli là, en train de subir un châtiment. Lorsque la bête entend ses cris, elle en est saisie de frayeur et son ventre se débloque. » Il ajoutait : « C’est pourquoi on emmène parfois les bêtes souffrantes dans les cimetières juifs ou chrétiens pour qu’elles guérissent : elles entendent les cris de leurs occupants en train de subir le châtiment, et Dieu est plus savant. »
[En ce qui concerne les horloges qui sont sur la porte]
Le qāḍī ʿAbd Allāh ibn Aḥmad ibn Zabr (6) déclare : « La porte qiblī de la mosquée est appelée “Bāb al-Sāʿāt” (porte des Horloges) parce qu’on y avait installé des horloges. »