«Et la plus accomplie des deux.» Il dit : «Et si l’on te demande laquelle des deux femmes il épousa, réponds : la plus jeune (1).»
Ce récit a été rapporté par Al-Bazzâr et Ibn Abî Hâtim, par la chaîne de transmission allant de ‘Abd Allâh ibn Lahî‘a, d’après Al-Hârith ibn Yazîd Al-Hadramî, d’après ‘Ulayy ibn Rabâh, d’après ‘Utbah ibn An-Nuddar, selon laquelle le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a dit : «En vérité, Moïse s’est engagé (au service de Shu‘ayb) afin de préserver la chasteté de son sexe et de subvenir à son besoin de nourriture.» Lorsque Moïse eut rempli la durée convenue, on demanda : «Ô Messager de Dieu, lequel des deux délais (a-t-il accompli) ?» Il répondit : «Le plus honnête et le plus complet des deux.»
Lorsque Moïse voulut quitter Shu‘ayb, il demanda à son épouse de solliciter son père pour qu’il leur donne quelques-unes de ses brebis afin qu’ils puissent en vivre. Shu‘ayb lui accorda donc toute brebis qui mettrait bas cette année-là d’une couleur différente (2), alors que ses brebis étaient noires et belles. Moïse (paix sur lui) se dirigea vers un bâton, en sectionna une partie, puis le plaça au bord de l’abreuvoir. Il y fit boire le troupeau et se tint en face du bassin. Chaque brebis qui en sortait recevait un léger coup sur le flanc, une à une, si bien que toutes mirent bas des agneaux de couleurs variées, à l’exception d’une ou deux brebis. Aucune d’elles n’était atteinte de vices comme la fashûsh, la dhabûb, la ‘azûz, la tha‘ûl ou la kamshah (4), qui échappent à la prise de la main.
Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) dit : «Si vous entriez au Levant, vous trouveriez des restes de ce troupeau, celui-là même des Sâmirî.» Ibn Lahî‘a expliqua : la fashûsh est celle qui a un débit de lait large (5), la dhabûb est celle qui a une mamelle longue qu’elle traîne (6), la ‘azûz est celle au débit de lait étroit (7), la tha‘ûl est celle qui a de petites mamelles comme deux petites pointes (8), et la kamshah est celle dont les mamelles sont si réduites que la main ne peut les saisir (9).
Quant à l’authenticité de l’élévation de ce hadith (jusqu’au Prophète), elle suscite des réserves. Il se peut qu’il soit rapporté à l’état mawqûf, comme l’a indiqué Ibn Jarîr : Muhammad ibn Al-Muthannâ nous a rapporté, Mu‘âdh ibn Hishâm nous a rapporté d’après son père, selon Qatâdah, d’après Anas ibn Mâlik, qui a dit : «Lorsque le Prophète de Dieu Moïse appela son compagnon…»