D’après al-Walīd ibn Muslim, il raconta : « Lorsque al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik ordonna la construction de la Grande Mosquée de Damas, on trouva dans le mur méridional de la mosquée une plaque de pierre portant une inscription. On l’envoya alors à al-Walīd, qui la fit parvenir aux Byzantins, mais ils ne purent la déchiffrer. Puis il la fit examiner par ceux qui se trouvaient encore à Damas parmi les restes des Achnān (1), sans succès. On l’orienta alors vers Wahb ibn Munabbih et il le manda. Quand Wahb arriva auprès de lui, on lui indiqua où se trouvait cette plaque, qu’ils retrouvèrent dans le mur – on raconte que ce mur avait été construit par Hūd (que la paix soit sur lui). Quand Wahb la regarda, il hocha la tête et la lut, et voici ce qui y était écrit :
« Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ô fils d’Adam, si tu voyais le peu de temps qu’il te reste à vivre, tu renoncerais à la longueur de tes espérances. C’est en trébuchant que tu découvriras tes regrets. Ta famille et tes serviteurs t’abandonneront, l’ami s’éloignera, le proche te quittera ; on t’appellera, et tu ne répondras pas. Tu ne reviendras plus vers ta famille ni n’ajouteras la moindre action à ton bilan. Œuvre donc pour toi-même avant le Jour de la Résurrection, avant les regrets et le remords, avant que n’arrive ton terme et que ton âme ne soit arrachée. Car ni la richesse que tu auras amassée, ni l’enfant que tu auras engendré, ni ton frère que tu auras laissé ne te seront alors d’aucune utilité. Puis tu seras relégué au silence de la tombe, au voisinage des morts. Profite de la vie avant la mort, de la force avant la faiblesse, de la santé avant la maladie, avant qu’on ne t’attrape à la gorge et qu’on ne t’empêche de toute action. »
Puis il est écrit : « Rédigé à l’époque de Sulaymān ibn Dāwūd (2). »
Le hāfiẓ Ibn ‘Asākir (3) rapporte : « J’ai lu auprès d’Abū Muḥammad as-Sulamī, d’après ‘Abd al-‘Azīz at-Tamīmī, qui tenait de Tamām ar-Rāzī, lequel dit qu’Ibn al-Birāmī raconta : “J’ai entendu Abū Marwān ‘Abd ar-Raḥīm ibn ‘Umar al-Māzinī dire : ‘À l’époque d’al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik, lorsqu’il construisit la mosquée, on creusa un endroit où l’on trouva une porte de pierre scellée ; personne ne l’ouvrit et on en informa al-Walīd. Il sortit de sa demeure pour se rendre sur place ; on ouvrit la porte sous ses yeux, et l’on découvrit à l’intérieur une grotte renfermant la statue d’un homme en pierre, sur un cheval de pierre. Dans une main, la statue tenait la perle qui se trouvait dans le miḥrāb, tandis que l’autre main était fermée. Al-Walīd ordonna qu’on la brise : on brisa donc cette main, et on découvrit deux graines, l’une de blé et l’autre d’orge. Al-Walīd s’enquit de leur signification, et on lui répondit : ‘Si tu avais laissé la main telle qu’elle était, dans ce pays, le blé et l’orge n’auraient jamais subi la moindre avarie.’” »
Le hāfiẓ Aḥmad al-Warrāq (4) – qui vécut jusqu’à cent ans – dit : « J’ai entendu certains anciens raconter : “Lorsque les musulmans entrèrent à Damas, ils trouvèrent sur la colonne près du Maqsilāṭ – sur la broche de fer au sommet –, une idole avec la main tendue, le poing fermé. Ils la forçèrent à s’ouvrir et découvrirent à l’intérieur un grain de blé. Ils demandèrent des explications, et on leur dit : ‘Les sages (5) de la Grèce avaient placé ce grain de blé dans la main de cette idole comme un talisman, afin que le blé ne subisse aucune détérioration en ces contrées, quand bien même les années passeraient.’” »