Les propos relatifs à la tête de Yahyâ ibn Zakariyâ (que la paix soit sur lui)
Ibn ‘Asâkir (1) rapporte d’après Zayd ibn Wâqid : « Al-Walîd m’a confié la supervision des ouvriers lors de la construction de la Grande Mosquée de Damas. Nous avons découvert une grotte et nous avons informé al-Walîd. Quand la nuit tomba, il vint à nous avec des bougies, descendit et nous nous trouvâmes face à une petite église de trois coudées sur trois coudées, à l’intérieur de laquelle se trouvait un coffre. Il l’ouvrit, y trouva un panier et, dans ce panier, la tête de Yahyâ ibn Zakariyâ (que la paix soit sur lui). » On y lisait : « Ceci est la tête de Yahyâ ibn Zakariyâ. » Al-Walîd ordonna alors qu’on la remît à sa place et dit : « Distinguez la colonne qui se trouve au-dessus des autres », et on y plaça une colonne au chapiteau orné.
Dans une autre version de Zayd ibn Wâqid, on rapporte que cet endroit se trouvait sous l’un des angles de la coupole – c’est-à-dire avant qu’elle ne fût construite – et que la tête portait encore des cheveux et de la peau (2).
Al-Walîd ibn Muslim raconte, d’après Zayd ibn Wâqid : « J’étais présent lorsque la tête de Yahyâ ibn Zakariyâ fut sortie de la zone méridionale orientale, près de la salle dite “Bajîla”, puis déposée sous la “colonne d’al-Kâsak” (3). » Al-Awzâ‘î et al-Walîd ibn Muslim dirent : « C’est la quatrième colonne décorée. »
Abû Bakr ibn al-Barâmî rapporte, d’après Ahmad ibn Anas ibn Mâlik, lui-même d’après Habîb le muezzin, d’après Abû Ziyâd et Abû Umayya ash-Sha‘bâniyyayn (4), que Sufyân ath-Thawrî aurait dit : « Une prière dans la Mosquée de Damas équivaut à trente mille prières. » Cela est très étrange.
Ibn ‘Asâkir transmet aussi, par la voie d’Abû Masher, d’après al-Mundhir ibn Nâfi‘ — affranchi d’Umm ‘Amr bint Marwân —, lui-même d’après son père (et dans une autre version, d’après un homme qu’il mentionne), que Wâthila ibn al-Asqa‘ sortit par la porte de la mosquée attenante à la porte de Jîrûn. Il rencontra Ka‘b al-Ahbâr, qui lui demanda : « Où vas-tu ? » Wâthila répondit : « Je me rends à Bayt al-Maqdis (Jérusalem). » Ka‘b lui dit : « Viens, je vais te montrer un endroit dans la mosquée où celui qui y prie, c’est comme s’il priait à Bayt al-Maqdis. » Il l’emmena alors et lui montra l’espace entre la “porte Jaune” (5), par où sort le gouverneur (c’est-à-dire le calife), et la hanîya (c’est-à-dire l’arche occidentale). Puis il déclara : « Celui qui prie entre ces deux endroits, c’est comme s’il priait à Bayt al-Maqdis. » Wâthila répondit : « C’est précisément là que je m’assieds avec mon groupe. » Ka‘b dit : « C’est bien cela. » Ceci aussi est très étrange et contestable, et l’on ne s’y fie pas.