Alors Dieu lui révéla : « Puisque tu as agi ainsi, Je bâtirai pour Moi dans ton sein une maison où l’on M’adorera pendant quarante ans après la ruine du monde. Les jours et les nuits ne passeront pas avant que Je ne te rende ton ombre et ta bénédiction. » Il dit alors : « Il occupe, auprès de Dieu, le rang de l’homme faible et implorant. » (1)
Duhaym a déclaré : « Les quatre murs de la mosquée ont été édifiés par Hûd ﷺ, et de la frise en mosaïque jusqu’en haut, c’est l’ouvrage d’al-Walîd ibn ‘Abd al-Malik (2). » Il expliqua qu’al-Walîd avait surélevé le mur, depuis la limite du marbre et de la “vigne” jusqu’en haut, à l’extrémité du mur. D’autres affirmèrent toutefois que Hûd n’avait construit que le mur méridional.
Abû Bakr Aḥmad ibn ‘Abd Allâh ibn al-Faraj, connu sous le nom d’Ibn al-Barâmî ad-Dimachqî, a rapporté : « Ibrâhîm ibn Marwân nous raconta, j’ai entendu Aḥmad ibn Ibrâhîm ibn Millās dire : “J’ai entendu ‘Abd ar-Raḥmân ibn Yaḥyâ ibn Ismā‘îl ibn ‘Ubayd Allâh ibn Abî al-Muhâjir expliquer qu’il y avait, à l’extérieur de la Porte des Horloges (Bāb as-Sā‘ât), un rocher sur lequel on plaçait l’offrande sacrificielle : si elle était acceptée, un feu descendait pour la consumer, et si elle ne l’était pas, elle demeurait en l’état.” » Et j’ai dit : « Cette pierre a été transportée à l’intérieur de la Porte des Horloges, et elle s’y trouve toujours. Certains gens du commun prétendent qu’il s’agit du rocher où les deux fils d’Adam déposèrent leur offrande : de l’un elle fut acceptée, de l’autre elle ne le fut pas. Dieu est plus savant. » (3)
Hishâm ibn ‘Ammâr a dit : « Al-Ḥasan ibn Yaḥyâ al-Khushânî nous a transmis que l’Envoyé de Dieu (ﷺ), la nuit de son voyage nocturne (al-Isrâ’), pria à l’emplacement même de la mosquée de Damas. » Ibn ‘Asâkir commenta : « Cette chaîne de transmission est interrompue et le récit est très contestable. Il n’est pas davantage attesté par cette voie ni par aucune autre. »
Abû Bakr al-Barâmî a raconté : « Nous fut rapporté par Abû Isḥâq Ibrâhîm ibn ‘Abd al-Malik ibn al-Mughîra al-Maqrî, qui le tenait de son père, lui-même le tenant de son père : al-Walîd ibn ‘Abd al-Malik ordonna un soir aux gardiens : “Je veux prier dans la mosquée, ne laissez donc personne prier ici cette nuit.” Puis al-Walîd se rendit à la Porte des Horloges et demanda à ce qu’on l’ouvre : on lui ouvrit, et il trouva alors un homme debout, entre la Porte des Horloges et la Porte dite al-Khaḍrā’, du côté de la maqṣûra, plus proche de la Porte al-Khaḍrā’ que de la Porte des Horloges, occupé à prier. Al-Walîd s’adressa aussitôt aux gardiens : “Ne vous ai-je pas enjoint de ne laisser personne prier ici cette nuit ?” L’un d’eux répondit : “Ô Commandeur des croyants, c’est al-Khaḍir qui prie chaque nuit dans la mosquée.” La chaîne de transmission de ce récit et son authenticité soulèvent des doutes. On ne saurait prouver par un témoignage semblable l’existence même d’al-Khaḍir, ni qu’il pria à cet endroit. Dieu est plus savant. »
On a également rapporté qu’à des époques plus récentes, l’angle méridional près de la porte du minaret occidental fut appelé « La Zâwiya d’al-Khaḍir ». J’ignore la raison de cette appellation. Ce qui demeure établi par témoignage incontestable, c’est que les Compagnons y prièrent, ce qui suffit à l’honorer, tout comme d’autres mosquées où ils ont prié. Le premier à y conduire la prière fut Abû ‘Ubayda ibn al-Jarrâḥ, alors gouverneur suprême en Syrie, l’un des dix Compagnons à qui le Paradis fut promis, le dépositaire (Amîn) de cette communauté. Plusieurs Compagnons prièrent dans cette mosquée, tel Mu‘âdh ibn Jabal et d’autres, mais c’était avant qu’al-Walîd ne la transforme à sa configuration actuelle. Quant à la forme que lui donna al-Walîd, aucun Compagnon ne la vit ainsi, à l’exception d’Anas ibn