Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis al-Walîd ordonna d’amener les instruments de démolition. Les émirs et les dignitaires de haut rang se rassemblèrent alors autour de lui, tandis que les évêques et les prêtres chrétiens vinrent le trouver et lui dirent : « Ô Commandeur des croyants, nous trouvons dans notre Livre que quiconque démolit cette église sera frappé de folie (1) ». Al-Walîd répondit : « J’aime être fou pour Dieu – Exalté soit-Il –. Par Dieu, nul autre que moi ne la démolira le premier. » Il gravit alors le minaret oriental à plusieurs faces, connu pour ses “heures” (ou “cloches”), un immense clocher dans lequel se trouvait un moine. Al-Walîd ordonna au moine de descendre, mais celui-ci trouva la demande choquante ; alors Al-Walîd l’attrapa par la nuque et le poussa jusqu’à ce qu’il le fasse descendre.

Ensuite, Al-Walîd gravit le point le plus élevé de l’église, au-dessus du plus grand autel, qu’ils appelaient « le Témoin ». Il releva les pans de sa robe couleur jaune-safran et les fixa à sa ceinture (2). Puis il prit une hache en main, frappa le haut d’une pierre et la fit tomber. Aussitôt, les émirs se précipitèrent pour démolir l’édifice. Les musulmans s’exclamèrent par trois “takbîr”, tandis que les chrétiens poussèrent des cris de lamentation sur les marches de Jîrûn où ils s’étaient rassemblés. Al-Walîd ordonna alors au chef de la police, Abû Nâ’il Riyâḥ al-Ghassânî, de les disperser à coups de bâton, puis il chargea son responsable du kharâj, Yazîd ibn Tamîm ibn Ḥujr al-Sulamî, de faire venir les Juifs pour aider à la démolition de l’église ; ceux-ci arrivèrent et travaillèrent comme des ouvriers. Cet épisode est rapporté par l’historien Ibn ʿAsâkir (3) dans la biographie de Yazîd ibn Tamîm (4).

Al-Walîd et les émirs détruisirent ainsi l’ensemble des constructions, autels et voûtes que les chrétiens avaient érigés pour compléter ce sanctuaire, jusqu’à ce que le lieu ne soit plus qu’une vaste cour ; puis il entreprit de le reconstruire avec un plan neuf, pour parvenir à cette forme magnifique et élégante qui n’avait pas eu d’équivalent auparavant, comme nous le mentionnerons et y ferons allusion.

Al-Walîd employa pour bâtir cette mosquée une grande multitude d’artisans, d’ingénieurs et de travailleurs. Celui qui s’employa le plus ardemment à la construction fut son frère, Sulaymân ibn ʿAbd al-Malik, qui lui succéda par la suite. On raconte qu’al-Walîd envoya un message au roi des Rûm (Byzance) afin de réclamer des artisans spécialisés dans le marbre et autres domaines, pour qu’ils construisent la mosquée selon ses souhaits, le menaçant d’envahir ses terres avec des armées s’il refusait, et de détruire toutes les églises sous sa domination, y compris celle de Jérusalem, celle d’al-Ruhâ et tout autre vestige byzantin. Le roi des Rûm lui dépêcha donc un grand nombre d’artisans, au nombre de deux cents, et lui écrivit : « Si ton père avait compris ce que tu entreprends à présent et pourtant l’a laissé en l’état, c’est un opprobre pour toi ; s’il ne l’avait pas compris et que toi tu le comprennes, c’est un opprobre pour lui. » Lorsque la lettre parvint à al-Walîd, il voulut y répondre et rassembla autour de lui un grand nombre de personnes pour cela. Parmi eux se trouvait le poète al-Farazdaq, qui dit : « Ô Commandeur des croyants, je lui répondrai par un verset du Livre de Dieu. » Al-Walîd lui demanda : « Lequel, malheur à toi ? » Il répondit : « Dieu – Exalté soit-Il – dit : “Nous en avons donné la compréhension à Salomon. Et à chacun Nous avons donné jugement et savoir” [Al-Anbiyâ’ : 79]. Or Salomon est le fils de David, et Dieu lui a accordé la compréhension de ce que David n’avait pas saisi. »

(1) Dans le Dictionnaire des pays (2/466) : « Khunīqa » (resserré). (2) Son emplacement dans le T. : c’est-à-dire le témoin — une statue placée sur le toit de l’église. Les moines lui dirent : « Prends garde au témoin. » Il répondit : « Je suis le premier à poser mon bâton sur la tête du témoin. » Puis il prononça le takbīr (grandeur à Allah) et le frappa, le détruisant. Et sur al-Walīd, il y avait une Qubba jaune de type safraǧlī, dont les franges avaient été plantées... (3) Histoire de Damas (6/134 et 2/254). (4) De sa parole : « Et il ordonna à son représentant au sujet du kharāj... » jusqu’ici, ajout de B.
ثم أمر الوليد بإحضار آلات الهدم واجتمع إليه الأمراء والكبراء من رؤوس الناس، وجاء إليه أساقفة النصارى وقساوستهم فقالوا: يا أمير المؤمنين إنا نجد في كتابنا أن من يهدم هذه الكنيسة يجن (١) ، فقال الوليد: أنا أحب أن أجن في الله – Exalté soit-Il – ، ووالله لا يهدم فيها أحد قبلي، ثم صعد المنارة الشرقية ذات الأضالع المعروفة بالساعات، وكانت صومعة هائلة فيها راهب عندهم، فأمره الوليد بالنزول منها فأكبر الراهب ذلك، فأخذ الوليد بقفاه فلم يزل يدفعه حتى أنزله، ثم صعد الوليد على أعلى مكان في الكنيسة فوق المذبح الأكبر منها، الذي يسمونه الشاهد، وأخذ أذيال قبائه وكان لونه أصفر سفرجليًا فغرزها (٢) في المنطقة، ثم أخذ فأسًا بيده فضرب بها في أعلى حجر فألقاه، فتبادر الأمراء إلى الهدم، وكبر المسلمون ثلاث تكبيرات، وصرخت النصارى بالعويل على درج جيرون، وكانوا قد اجتمعوا هنالك، فأمر الوليد أمير الشرطة وهو أبو نائل رياح الغساني، أن يضربهم حتى يذهبوا من هنالك، ففعل ذلك وأمر نائبه على الخراج يزيد بن تميم بن حجر السُّلمي بإحضار اليهود ليساعدوا في هذه الكنيسة؛ فجاؤوا فكانوا كالفعول. ذكره الحافظ ابن عساكر (٣) في ترجمة يزيد بن تميم هذا (٤) . فهدم الوليد والأمراء جميع ما جدده النصارى في تربيع هذا المعبد من المذابح والأبنية والحنايا، حتى بقي المكان صرحة مربعة، ثم شرع في بنائه بفكرة جيدة على هذه الصفة الحسنة الأنيقة، التي لم يشتهر مثلها قبلها على ما سنذكره ونشير إليه. وقد استعمل الوليد في بناء هذا المسجد خلقًا كثيرًا من الصناع والمهندسين والفعلة، وكان المستحث على عمارته أخوه وولي عهده من بعده سليمان بن عبد الملك، ويقال إن الوليد بعث إلى ملك الروم يطلب منه صُنّاعًا في الرخام وغير ذلك، ليعمروا المسجد على ما يريد، وأرسل يتوعده لئن لم يفعل ليغزونّ بلاده بالجيوش، وليخربن كل كنيسة في بلاده، حتى كنيسة القدس، وكنيسة الرُّها، وسائر آثار الروم، فبعث ملك الروم إليه صناعًا كثيرة جدًّا، مئتي صانع، وكتب إليه يقول: إن كان أبوك فهم هذا الذي تصنعه وتركه فإنه لوصمة عليك، د ان لم يكن فهمه، وفهمته أنت لوصمة عليه، فلما وصل ذلك الكتاب إلى الوليد أراد أن يجيب عن ذلك، واجتمع الناس عنده لذلك، وكان فيهم الفرزدق الشاعر، فقال: أنا أجيبه يا أمير المؤمنين من كتاب الله. قال الوليد: وما هو ويحك؟ فقال: قال الله تعالى: ﴿فَفَهَّمْنَاهَا سُلَيْمَانَ وَكُلًّا آتَيْنَا حُكْمًا وَعِلْمًا﴾ [الأنبياء: ٧٩] وسليمان هو ابن داود، ففهَّمه الله ما لم يفهمه
(١) في معجم البلدان (٢/ ٤٦٦): خُنِقَ. (٢) مكانها في ط: وهو - أي الشاهد - تمثال في أعلى الكنيسة، فقال له الرهبان: احذر الشاهد، فقال: أنا أول ما أضع فأسي في رأس الشاهد، ثم كبَّر وضربه فهدمه، وكان على الوليد قباء أصفر سفرجلي قد غرز أذياله .. (٣) تاريخ دمشق (٦٥/ ١٣٤ و ٢/ ٢٥٤). (٤) من قوله: وأمر نائبه على الخراج … إلى هنا زيادة من ب.

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