Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

À ses compagnons, il demanda : « Que pensez-vous d’eux ? » Ils répondirent : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. » Le soir venu, le roi leur envoya ce message : « Envoyez-moi votre chef et le meilleur d’entre vous. » Ils dépêchèrent donc Hubaïra. À son entrée, le roi lui dit : « Vous avez pu constater l’ampleur de mon royaume, et personne ne peut vous protéger de moi. Vous êtes tels un œuf dans ma main. Je vais te poser une question : si tu me dis la vérité, je vous laisse la vie sauve ; sinon, je te tuerai. » Hubaïra répondit : « Interroge-moi. » Le roi poursuivit : « Pourquoi avoir porté la tenue que vous aviez le premier jour, puis celle du deuxième et celle du troisième ? » Hubaïra répondit : « La tenue du premier jour est celle que nous arborons auprès de nos familles et de nos femmes, avec le parfum que nous mettons en leur présence. Celle du deuxième jour est celle dont nous nous revêtons devant nos rois, et celle du troisième jour est la nôtre lorsque nous affrontons l’ennemi. »

Le roi déclara : « Comme vous gérez bien votre vie ! Retournez à votre chef – c’est-à-dire Qutaybah – et dites-lui de repartir de mon pays. Je connais son ambition et vois qu’il est peu nombreux, sinon j’enverrai contre vous des troupes qui vous anéantiront. » Hubaïra répliqua : « Ainsi parlerais-tu à Qutaybah ? Comment pourrait-il être “peu nombreux” alors que l’avant-garde de sa cavalerie est déjà en tes terres et que son arrière-garde se trouve encore dans les oliveraies ? Comment peut-il être avide, lui qui a délaissé un monde qu’il aurait pu dominer, pour venir te combattre dans tes contrées ? Quant à ta menace de mort, nous savons que nous avons un terme fixé : s’il advient, mourir au combat est pour nous la mort la plus honorable. Nous ne la craignons donc ni ne la redoutons. »

Le roi demanda alors : « Qu’est-ce qui satisfera votre chef ? » Hubaïra répondit : « Il a juré de ne pas se retirer avant d’avoir foulé ta terre, apposé son sceau sur tes rois et perçu de toi la capitation. » Le roi répondit : « Je vais accomplir son serment et le faire revenir de chez moi. Je lui enverrai de la terre de mon royaume afin qu’il la foule, ainsi que quatre fils de rois pour qu’il appose son sceau sur eux. Je lui enverrai beaucoup d’or, de la soie et des étoffes chinoises dont on ne peut estimer la valeur. »

(1) Ils échangèrent ensuite de nombreuses propositions, et il fut finalement convenu que le roi expédie de larges plats d’or remplis de terre de son royaume pour que Qutaybah la foule, qu’il envoie un groupe de ses propres fils et de ceux des autres souverains pour que Qutaybah appose son sceau sur leur nuque, et qu’il offre d’abondantes richesses pour tenir le serment de Qutaybah. (On rapporte aussi qu’il envoya quatre cents enfants de rois.)

(2) Lorsque parvint à Qutaybah ce que le roi de Chine lui avait fait parvenir, il l’accepta, car la nouvelle de la mort d’al-Walîd ibn ‘Abd al-Malik, prince des croyants, lui était parvenue, ce qui brisa son élan. Qutaybah ibn Muslim al-Bâhilî avait alors projeté de ne pas prêter allégeance à Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik, voulant appeler les troupes sous son autorité à le suivre, du fait de l’immensité de son armée et de l’étendue des territoires conquis ; toutefois, il ne put mener ce plan à bien et fut tué à la fin de cette même année – qu’Allah lui accorde Sa miséricorde. On raconte qu’il ne connut jamais de défaite, qu’il fut parmi les combattants sur la voie de Dieu et qu’il réunit une armée que nul autre ne réunit.

(3) La même année, Maslama ibn ‘Abd al-Malik mena l’expédition d’été, tandis qu’al-‘Abbâs ibn al-Walîd combattit les Byzantins. Il conquit Tawlis et al-Marzabanayn dans leurs contrées.

(1) Ce qui est entre parenthèses courbes est omis de A, B et correspond à ce qui se trouve dans les sources. (2) Dans al-Tabarī (6/503) et Ibn al-Athīr (5/7) : « Et quatre pages issus des fils de leurs rois ». (3) Dans al-Tabarī et Ibn al-Athīr : « Il envoya Qutayba vers al-Walīd, qui mourut dans un village de Perse ». (4) Dans al-Tabarī (6/507-508), résumé : Qutayba envoya un message à Sulaymān ; « si tu confies le Khorasan à Yazīd ibn al-Muhallab, je te destituerai ». (5) Ce qui est entre parenthèses courbes est omis de A, B et le rapport se trouve dans Tārīkh al-Islām (Événements de l’année 81 - 100 / p. 264).
لأصحابه: كيف ترونهم؟ فقالوا: ما رأينا كهؤلاء قط. فلما أمسوا بعث إليهم الملك أن ابعثوا إليّ زعيمكم وأفضلكم، فبعثوا إليه هبيرة، فقال له الملك حين دخل عليه: قد رأيتم عظم ملكي، وليس أحد يمنعكم مني، وأنتم بمنزلة البيضة في كفي، وأنا سائلك عن أمر فإن تصدقني وإلا قتلتك، فقال: سل! فقال الملك: لم صنعتم ما صنعتم من زي أول يوم والثاني والثالث؟ فقال: أما زينا أول يوم فهو لباسنا في أهلنا ونسائنا وطيبنا عندهم، وأما ما فعلنا ثاني يوم فهو زينا إذا دخلنا على ملوكنا، وأما زينا ثالث يوم فهو إذا لقينا عدونا. فقال الملك: ما أحسن ما دبرتم دهركم، فانصرفوا إلى صاحبكم - يعني قتيبة - وقولوا له ينصرف راجعًا عن بلادي، فإني قد عرفت حرصه وقلة أصحابه، وإلا بعثت إليكم من يهلككم عن آخركم. فقال له هبيرة: تقول لقتيبة هذا؟! فكيف يكون قليل الأصحاب مَنْ أول خيله في بلادك وآخرها في منابت الزيتون؟ وكيف يكون حريصًا من خلّف الدنيا قادرًا عليها، وغزاك في بلادك؟ وأما تخويفك إيانا بالقتل فإنا نعلم أن لنا أجلًا إذا حضر فأكرمها عندنا القتل، فلسنا نكرهه ولا نخافه. فقال الملك: فما الذي يرضي صاحبكم؟ فقال: قد حلف أنه لا ينصرف حتى يطأ أرضك، ويختم ملوكك، ويجبي الجزية من بلادك، فقال أنا أبرُّ يمينه وأخرجه منها، أرسل إليه بتراب من أرضي، وأربع غلمان من أبناء الملوك، وأرسل إليه ذهبًا كثيرًا وحريرًا وثيابا صينية لا تقوّم ولا يدري قدرها] (١) ثم جرت لهم معه مقاولات كثيرة، ثم اتفق الحال على أن بعث بصحافٍ من ذهب متسعة فيها تراب من أرضه ليطأه قتيبة، وبعث بجماعة من أولاده وأولاد الملوك ليختم رقابهم، وبعث بمال جزيل ليبرَّ بيمين قتيبة [وقيل إنه بعث أربعمئة (٢) من أولاده وأولاد الملوك، فلما انتهى إلى قتيبة ما أرسله ملك الصين قبل ذلك منه، وذلك لأنه كان قد انتهى إليه خبر موت الوليد بن عبد الملك أمير المؤمنين (٣) ، فانكسرت همته لذلك، وقد عزم قتيبة بن مسلم الباهلي على ترك مبايعة سليمان بن عبد الملك، وأراد الدعوة إلى نفسه (٤) [لما تحت يده من العساكر، ولما فتح من البلاد والأقاليم، فلم يمكنه ذلك، ثم قُتل في آخر هذه السنة رحمه الله تعالى، فإنه يقال إنه ما كسرت له راية، وكان من المجاهدين في سبيل الله، واجتمع له من العساكر ما لم يجتمع لغيره. وفيها غزا مسلمة بن عبد الملك الصائفة، وغزا العباس بن الوليد الروم، ففتح طولس والمرزبانين من بلاد الروم] (٥) .
(١) ما بين معكوفين ساقط من أ، ب وهو يوافق ما في المصادر. (٢) في الطبري (٦/ ٥٠٣) وابن الأثير (٥/ ٧): وأربعة غلمان من أبناء ملوكهم. (٣) في الطبري وابن الأثير: فأوفد قتيبة إلى الوليد فمات بقرية من فارس. (٤) في الطبري (٦/ ٥٠٧ - ٥٠٨) ما ملخصه: أن قتيبة أرسل إلى سليمان؛ لئن وليت يزيد بن المهلّب خراسان لأخلعنك. (٥) ما بين معكوفين ساقط من أ، ب والخبر في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٢٦٤).

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