Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Messager de Dieu (ﷺ) récita « طس » et, lorsqu’il parvint à l’histoire de Moïse, il dit : « En vérité, Moïse (qu’Allâh lui accorde la paix) s’est engagé au service d’autrui pendant huit ou dix ans (1), afin de préserver la chasteté de son intimité et pour assurer sa subsistance (2). »

Ce témoignage, tel qu’il est rapporté par cette chaîne de transmission, n’est pas valide, car Maslama ibn ‘Ulay al-Khashanî (3) ad-Dimachqî al-Balâtî est jugé faible par les maîtres (les imams), et l’on ne peut s’appuyer sur son récit isolé (4). Toutefois, un autre rapport va dans le même sens.

Ibn Abî Hâtim a dit : « Abou Zur‘a nous a rapporté : “Yahyâ ibn ‘Abd Allâh ibn Bukayr nous a rapporté, il m’a été transmis par Ibn Lahî‘a.” (H) (5) Abou Zur‘a nous a aussi rapporté : “Safwân nous a rapporté, al-Walîd nous a rapporté, ‘Abd Allâh ibn Lahî‘a nous a rapporté, d’après al-Hârith ibn Yazîd al-Ḥaḍramî, d’après ‘Ulay ibn Rabâḥ al-Lakhmî, qui a dit : ‘J’ai entendu ‘Utba ibn an-Nuddar as-Sulamî, Compagnon du Messager de Dieu (ﷺ), raconter que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : ‘En vérité, Moïse (qu’Allâh lui accorde la paix) s’est engagé à servir pour préserver la chasteté de son intimité et pour sa nourriture.’” (6)” »

Ensuite, le Très-Haut dit : « ﴿ذَلِكَ بَيْنِي وَبَيْنَكَ أَيَّمَا الْأَجَلَيْنِ قَضَيْتُ فَلَا عُدْوَانَ عَلَيَّ وَاللَّهُ عَلَى مَا نَقُولُ وَكِيلٌ﴾ [al-Qaṣaṣ : 28]. » Cela signifie : Moïse déclara à son beau-père que l’affaire était telle qu’il l’avait dite, et que, quel que soit l’un des deux termes qu’il remplirait (7), il ne subirait pas d’injustice. Dieu est témoin et garant de ce que nous disons, à la fois pour toi et pour moi. Malgré cela, Moïse n’accomplit rien de moins que la durée la plus complète et la plus parfaite, qui s’élève à dix années entières.

Al-Bukhârî a rapporté : « Muhammad ibn ‘Abd ar-Raḥîm nous a transmis, Sa‘îd ibn Sulaymân nous a transmis, Marwân ibn Shujâ‘ nous a transmis, d’après Sâlim al-Afṭas, qui le tenait de Sa‘îd ibn Jubayr. Celui-ci a dit : “Un Juif de la région de al-Ḥîrah m’interrogea : ‘Lequel des deux termes Moïse avait-il accompli ?’ Je répondis : ‘Je n’en sais rien tant que je n’aurai pas rencontré ce grand savant des Arabes et que je ne l’aurai pas interrogé.’ Puis, à mon arrivée, j’ai interrogé Ibn ‘Abbâs, qui répondit : ‘Il a accompli la durée la plus longue et la plus satisfaisante. Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) affirmait quelque chose, il l’exécutait toujours (8).’” » Seul al-Bukhârî rapporte ce hadith selon cette chaîne de transmission.

(1) Dans les Sunan d’Ibn Mājah : ou dix. (2) Sunan d’Ibn Mājah, n° (2444) concernant les cautions : chapitre sur la location d’un ouvrier contre la nourriture de son ventre, avec une chaîne de transmission faible. (3) Dans nos ouvrages d’usûl : al-Ḥusnānī, qui est une erreur de lecture, et al-Khushnī, avec une ḍamma sur le khāʾ et une fatḥa sur le shīn, ces deux lettres étant pointées, comme l’a corrigé Ibn Ḥajar qui a dit : abandonné (dāʿīf). Al-Taqrīb (2/249). Ibn Ḥibbān a dit : il faisait partie de ceux qui modifiaient les chaînes de transmission, et racontaient des hadiths de confiance qui ne leur appartenaient pas, par pure conjecture ; et lorsque cela a abondé, il n’a plus été possible de l’utiliser comme preuve. Al-Majrūḥīn (3/33). (4) Dans sa chaîne figure également Baqiyyat ibn al-Walīd, qui est faible ; on dit aussi de lui : méfiez-vous des hadiths de Baqiyyat, et gardez-vous d’eux par prudence, car ils ne sont pas purs. Al-Amsār Dhawāt al-Āthār, al-Dhahabī, p. 36-37. (5) Ce signe de transfert dans la chaîne ne figure pas dans le manuscrit B. (6) Ce récit est également faible dans sa chaîne, car ʿAbd Allāh ibn Lahīʿa est faible lorsqu’il transmet seul, et il n’apparaît pas dans d’autres récits d’al-ʿAbādilah à son sujet, comme l’indique Tahrīr al-Taqrīb (2/258). (7) De la formule : « Et Dieu est sur... » jusqu’à : « Alors lequel des deux as-tu jugé ? », a disparu dans B par une copie mot à mot. (8) Rapporté par al-Bukhārī dans les Chahādāt (n° 2684).
رسول الله ﷺ فقرأ ﴿طس﴾ حتى إذا بلغ قصة موسى قال: "إنَّ موسى (عليه السلام) أجَرَ نفسه ثماني سنين أو عشرة (١) على عِفَّةِ فَرْجهِ وطعام بطنهِ (٢) " . وهذا من هذا الوجه لا يصح؛ لأن مَسْلَمة بن عُلي الخشني (٣) الدمشقي البلاطي ضعيف عند الأئمّةِ لا يُحتج بتفرّد (٤) ولكن قد روي من وجهٍ آخر. وقال ابن أبي حاتم: حدّثنا أبو زرعة، حدّثنا يحيى بن عبد الله بن بُكَيْر، حدّثني ابن لَهِيعة. (ح) (٥) ، وحدَّثنا أبو زرعة، حدَّثنا صفوان، حدّثنا الوليد، حدّثنا عبد الله بن لَهيعة، عن الحارث بن يزيد الحضرمي، عن عُلَي بن رَباح اللَّخمي، قال: سمعت عتبة بن النُّدَّر السّلمي صاحب رسول الله ﷺ يحدِّث أن رسول الله قال: "إنَّ مُوسَى (عليه السلام) أجرَ نَفْسَه لِعِفةِ فَرْجِهِ وَطعْمَةِ بَطْنِهِ" (٦) . ثم قال تعالى ﴿ذَلِكَ بَيْنِي وَبَيْنَكَ أَيَّمَا الْأَجَلَيْنِ قَضَيْتُ فَلَا عُدْوَانَ عَلَيَّ وَاللَّهُ عَلَى مَا نَقُولُ وَكِيلٌ﴾ [القصص: ٢٨] . يقول: إن موسى قال لصهره: الأمر على ما قلت، فأيّهما قضيت (٧) فلا عدوان عليّ، والله على مقالتنا سامع، ومشاهد، ووكيل عَليَّ وعليك، ومع هذا فلم يقض موسى إلا أكملَ الأجلين وأتمّهما، وهو العشر سنين كوامل تامّة. قال البخاري: حدَّثنا محمد بن عبد الرَّحيم، حدثنا سعيد بن سُليمان، حدّثنا مروان بن شجاع، عن سالم الأفْطس، عن سعيد بن جُبير، قال: سألني يَهودي من أهل الحِيْرةِ: أي الأجلين قضى موسى؟ فقلت: لا أدري حتى أقدم على حَبرِ العرب فأسأله، فقدمتُ، فسألت ابنَ عبَّاس، فقال: قَضَى أكثرَهما وأطيبهما، إن رسول الله إذا قال فعل (٨) . تفرّد به البخاري من هذا الوجه.
(١) في سنن ابن ماجه: أو عشرًا. (٢) سنن ابن ماجه رقم (٢٤٤٤) في الرهون: باب إجارة الأجير على طعام بطنه، وإسناده ضعيف. (٣) في أصولنا: الحسني وهو تصحيف، والخُشَني، بضم الخاء، وفتح الشين المعجمتين، كما ضبطه ابن حجر وقال: متروك. التقريب (٢/ ٢٤٩). وقال ابن حبَّان: كان ممن يقلب الأسانيد، ويروي عن الثقات ما ليس من أحاديثهم توهمًّا، فلما فحش ذلك منه بطل الاحتجاج به. المجروحين (٣/ ٣٣). (٤) وفي إسناده أيضًا بقية بن الوليد وهو ضعيف، أيضًا قالوا فيه: احذر أحاديث بقية، وكن منها على تقية، فإنها غير نقية. الأمصار ذوات الآثار، للذهبي ص (٣٦ - ٣٧). (٥) علامة التحويل هذه في السند لم ترد في النسخة ب. (٦) وهذه الرواية ضعيفة أيضًا في سندها عبد الله بن لهيعة وهو ضعيف عند التفرد، وفي غير رواية العبادلة عنه، كما في تحرير التقريب (٢/ ٢٥٨). (٧) من قوله: واللهُ على … إلى قوله: فأيهما قضيت. سقط من ب، بنقلة عين. (٨) رواه البخاري في الشهادات (٢٦٨٤).

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