De cette même année, il avait alors cinquante-cinq ans, car sa naissance remonte à “l’Année de la Communauté” (ʿām al-jamāʿa) en l’an 40 de l’Hégire – certains disent en 41, d’autres en 39. Il mourut à Wāsiṭ et sa tombe fut effacée, on y fit couler de l’eau afin qu’elle ne soit pas déterrée et brûlée. Et Dieu sait mieux.
Al-Aṣmaʿī déclara : « Qu’il est étonnant de voir le cas d’al-Ḥajjāj ! Il ne laissa que trois cents dirhams. » Al-Wāqidī raconta : « ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿUbayd nous rapporta que ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿUbayd Allāh ibn Faraq lui transmit : “Mon oncle dit qu’on prétend qu’al-Ḥajjāj, à sa mort, ne laissa que trois cents dirhams, un exemplaire du Coran, un sabre, une selle, un bât et cent cottes de mailles mises en dépôt.” »
Shihāb ibn Kharāsh raconta : « Mon oncle Yazīd ibn Ḥushab m’informa qu’Abū Jaʿfar al-Manṣūr m’envoya chercher et me dit : “Parle-moi du testament d’al-Ḥajjāj ibn Yūsuf.” Je lui répondis : “Dispense-m’en, ô Commandeur des croyants.” Il dit : “Raconte-le-moi.” Je déclarai alors : “Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux. Voici ce dont al-Ḥajjāj ibn Yūsuf fit testament : il atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu l’Unique sans associé, et que Muḥammad est Son serviteur et Son messager. Il ne reconnaît d’obéissance qu’envers al-Walīd ibn ʿAbd al-Malik : c’est ainsi qu’il vit, qu’il meurt et qu’il sera ressuscité. Il a légué neuf cents cottes de mailles de fer : six cents d’entre elles pour les hypocrites d’Irak afin qu’ils combattent avec, et trois cents pour les Turcs.”” Abū Jaʿfar leva la tête vers Abū al-ʿAbbās al-Ṭūsī, qui se tenait près de lui, et dit : “Par Dieu, voilà la véritable ‘shīʿa’, non la vôtre.” »
Al-Aṣmaʿī transmit d’après son père : « Je vis al-Ḥajjāj en rêve et lui dis : “Qu’a fait Dieu de toi ?” Il me répondit : “Il m’a mis à mort pour chaque personne que j’ai tuée.” » Il poursuivit : « Je le revis au bout d’une année et demandai : “Ô Abū Muḥammad, qu’a fait Dieu de toi ?” Il me répondit : “Ô suceur du clitoris de ta mère ! Ne m’as-tu pas déjà posé cette question l’année dernière ?” »
Le cadi Abū Yūsuf raconta : « J’étais auprès d’al-Rashīd lorsqu’un homme entra et dit : “Ô Commandeur des croyants, j’ai vu al-Ḥajjāj cette nuit en songe.” Al-Rashīd lui demanda : “Sous quelle apparence l’as-tu vu ?” L’homme répondit : “Sous une apparence affreuse.” Je lui dis : “Qu’est-ce que Dieu a fait de toi ?” Il répondit : “Qu’est-ce que cela peut te faire, ô suceur du clitoris de ta mère ?” Hārūn s’exclama : “Par Dieu, tu as raison, tu l’as véritablement vu ! Abū Muḥammad n’aurait jamais renoncé à sa rudesse, ni de son vivant ni après sa mort.” »
Ḥanbal ibn Isḥāq déclara : « Hārūn ibn Maʿrūf nous rapporta : ‘Ḍumra nous informa : “Ibn Shawdhab nous transmit d’après Ashʿath al-Ḥudānī…”’ »