Parmi ceux qui furent emprisonnés, il y avait un bédouin qu’on surprit en train d’uriner au pied du rempart de la ville de Wasit. Or, il se trouva parmi ceux qui furent libérés, et il composa alors ces vers :
« Lorsque nous aurons dépassé la ville de Wasit…
nous déféquerons et prierons sans être comptés. » (1)
Malgré cette grande sévérité, Al-Hajjaj ne parvint pas à tirer un grand profit du fisc (kharâj) en Irak.
Ibn Abî al-Dunyâ et Ibrâhîm al-Harbî rapportent : « Nous a raconté Sulaymân ibn Abî Shaykh (2), qui tenait de Sâlih ibn Sulaymân, que ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz a déclaré : “Si les nations rivalisaient de scélératesse en faisant venir chacune son plus pervers, et que nous arrivions avec Al-Hajjaj, nous l’emporterions sur elles. Al-Hajjaj n’était apte ni à la vie d’ici-bas ni à celle de l’au-delà. Il a reçu le gouvernement de l’Irak alors que le pays était dans sa plus grande prospérité, mais il l’a tant appauvri qu’il l’a réduit à quarante millions (de revenus). Quant à moi, mes administrateurs m’ont versé cette année quatre-vingts millions ; et si je reste en fonction jusqu’à l’année prochaine, j’espère qu’ils me verseront ce que l’on versait à ‘Umar ibn al-Khattâb : cent millions, plus dix millions supplémentaires.” (3)” »
Abû Bakr ibn al-Maqrî a dit : « Abû ‘Urubah nous a rapporté, d’après ‘Amr ibn ‘Uthmân, lui-même citant son père : “J’ai entendu mon grand-père dire que ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz avait écrit à ‘Adî ibn Artâ’ah : ‘Il est parvenu à ma connaissance que tu suis les usages d’Al-Hajjaj. Ne suis point sa voie ! Car il priait en dehors de l’heure prescrite, prélevait la zakât de manière injuste, et au-delà de cela, il se montrait encore plus négligent.’” (4)” »
D’après Ya‘qûb ibn Sufyân : « Sa‘îd ibn Asad nous a rapporté, d’après Damrah, qui tenait de ar-Rayyân ibn Muslim, que ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz expédia la famille d’Abû ‘Aqîl — autrement dit la famille d’Al-Hajjaj — chez le gouverneur du Yémen, en lui écrivant : “Après cela, je t’indique que je t’envoie la famille d’Abû ‘Aqîl, la pire famille chez les Arabes. Disperse-les dans différents travaux, selon toute l’humiliation qu’ils méritent auprès de Dieu et de nous. Que la paix soit sur toi.” C’est ainsi qu’il les exila. (5)” »
Al-Awzâ‘î a dit : « J’ai entendu al-Qâsim ibn Mukhaymarah déclarer : ‘Al-Hajjaj défaisait les liens de l’islam.’ (6) » Et il en raconta une anecdote.
Abû Bakr ibn ‘Ayyâsh rapporte, d’après ‘Âsim : « Il n’est aucune sacralité divine qu’Al-Hajjaj ibn Yûsuf n’ait violée. (7) »
Enfin, Yahyâ ibn ‘Îsâ ar-Ramlî rapporte, d’après al-A‘mach : « Comme ils divergeaient au sujet d’Al-Hajjaj, ils interrogèrent Mujâhid, qui répondit : ‘Vous interrogez à propos de ce vieux mécréant ?!’ »