Il dit : « Nous sommes venus trouver Anas ibn Mâlik pour nous plaindre auprès de lui de ce que nous subissions de la part d’al-Hajjâj. » Il nous répondit : « Patientez, car il ne passe pas une année, un temps ou un jour sans que celui qui vienne après ne soit pire que ce qui l’a précédé, et cela jusqu’à ce que vous rencontriez votre Seigneur – Exalté soit-Il –. Je l’ai entendu de votre Prophète ﷺ. » C’est également ce que rapporte Al-Bukhârî (1), d’après Mohammed ibn Yûsuf, d’après Sufyân (c’est-à-dire Al-Thawrî), d’après Al-Zubayr ibn ‘Adî, qui rapporte d’Anas : « Il ne vous adviendra pas une époque sans que la suivante ne soit pire que la précédente. » Fin de la tradition.
J’ai dit : « Certains transmettent ce hadith en le reformulant et disent : “Chaque année vous perdez de votre valeur.” Or cette formule est sans fondement ; elle est simplement déduite du sens de ce hadith. Dieu est plus savant (2). »
Sufyân Al-Thawrî a déclaré, d’après Ismâ‘îl ibn Abî Khâlid, d’après Al-Sha‘bî : « Un temps viendra où l’on fera la prière funéraire pour al-Hajjâj (3). »
Abû Nu‘aym rapporte, d’après Yûnus ibn Abî Is-hâq, d’après Abû Al-Safar, qu’Al-Sha‘bî a dit : « Par Dieu, si vous vivez encore, vous en viendrez à souhaiter (le retour de) al-Hajjâj. »
Al-Asma‘î rapporte que l’on dit à Al-Hassan : « Tu affirmes que le temps suivant est plus mauvais que le précédent, mais voici ‘Umar ibn ‘Abd Al-‘Azîz après al-Hajjâj ! » Il répondit : « Les gens ont forcément besoin de moments de répit (4). »
Maymûn ibn Mahrân raconta : « Al-Hajjâj envoya chercher Al-Hassan, avec l’intention de s’en prendre à lui. Lorsque celui-ci se présenta, il lui dit : “Ô Hajjâj, combien y a-t-il de pères entre toi et Adam ?” Il répondit : “Beaucoup.” Al-Hassan demanda : “Où sont-ils maintenant ?” Al-Hajjâj dit : “Ils sont morts.” Alors Al-Hajjâj baissa la tête et Al-Hassan s’en alla. »
Ayyûb Al-Sakhtiyânî déclara : « Al-Hajjâj voulut tuer Al-Hassan à plusieurs reprises, mais Dieu le préserva. On raconte qu’il y eut entre eux des débats, mais Al-Hassan ne faisait pas partie de ceux qui préconisaient de se soulever contre lui ; il interdisait d’ailleurs aux compagnons d’Ibn Al-Ash‘ath d’agir ainsi. »