Il a été rapporté par Muʿtamir ibn Sulaymān, d’après son père, d’après Ayyūb, d’après Mālik ibn Aws ibn al-Ḥadathān, d’après ʿAlī, qu’il a dit : « Le jeune homme qui gouverne les deux provinces, il en porte la fourrure et en mange la verdure, il tue les nobles de ses habitants. Sa crainte s’intensifie, son insomnie se multiplie, et Dieu l’impose à ses propres partisans. »
Al-Ḥāfiẓ al-Bayhaqī a dit dans son ouvrage “Dalāʾil an-Nubuwwa” (1) : « Abū ʿAbd Allāh al-Ḥāfiẓ nous a informés, Abū al-ʿAbbās Muḥammad ibn Aḥmad al-Maḥbūb nous a rapporté : Saʿīd ibn Masʿūd nous a rapporté : Yazīd ibn Hārūn a transmis : al-ʿAwām ibn Ḥawshab m’a transmis : Ḥabīb ibn Abī Thābit m’a dit : ʿAlī a déclaré à un homme : “Tu ne mourras pas avant de rencontrer le jeune homme de Thaqīf.” L’homme demanda : “Qui est donc ce jeune homme de Thaqīf ?” Il répondit : “On lui dira au Jour de la Résurrection : ‘Épargne-nous un recoin parmi les recoins de l’Enfer.’ C’est un homme qui régnera vingt ans ou un peu plus de vingt ans, qui ne laissera aucune désobéissance à Dieu sans la commettre. S’il ne restait qu’un seul péché derrière une porte fermée, il la briserait pour pouvoir le commettre. Il tuera ceux qui l’auront obéi, parmi ceux qui l’auront désobéi.” »
At-Ṭabarānī (2) rapporta : « Al-Qāsim ibn Zakariyyā nous a rapporté, Ismāʿīl ibn Mūsā as-Suddī (3) nous a rapporté, ʿAlī ibn Mus-hir a rapporté d’après al-Ajlaḥ, d’après ash-Shaʿbī, d’après Umm Ḥakīm bint ʿAmr ibn Sinān al-Jadaliyyā : “Al-Ashʿath ibn Qays demanda l’autorisation d’entrer auprès de ʿAlī ; Qanbar le lui refusa et lui blessa le nez. ʿAlī sortit et dit : ‘Qu’as-tu à faire avec lui, ô Ashʿath ? Par Dieu, si tu te frottais à l’esclave de Thaqīf, les poils de tes aisselles se dresseraient !’ On lui demanda : ‘Ô Commandeur des croyants, qui est donc l’esclave de Thaqīf ?’ Il répondit : ‘Un jeune homme qui les gouvernera et qui ne laissera aucune maison arabe sans la couvrir de soumission et d’humiliation.’ On lui demanda : ‘Combien de temps régnera-t-il ?’ Il répondit : ‘Vingt ans, s’il y parvient.’” »
Al-Bayhaqī (4) dit également : « Abū ʿAbd Allāh al-Ḥāfiẓ nous a informés : al-Ḥusayn ibn al-Ḥasan ibn Ayyūb nous a rapporté, Abū Ḥātim ar-Rāzī nous a rapporté, ʿAbd Allāh ibn Yūsuf at-Tinisī nous a rapporté, [Hishām] ibn Yaḥyā al-Ghasānī (5) a rapporté qu’ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz avait dit : “Si les nations rivalisaient de perversité et que chaque communauté présentait son plus grand malfaiteur, et si nous présentions al-Ḥajjāj, nous l’emporterions sur elles.” »
Abū Bakr ibn ʿAyyāsh a dit, d’après ʿĀṣim ibn Abī an-Nujūd : « Il n’est resté aucune sacralité pour Dieu – Exalté soit-Il – qu’al-Ḥajjāj n’ait transgressée. » (6)
Nous avons déjà cité le ḥadīth suivant : « En vérité, il y a dans Thaqīf un grand menteur et un grand destructeur. » Nous avons expliqué l’histoire d’al-Mukhtār, qui est le grand menteur mentionné dans ce ḥadīth ; il affichait ouvertement le refus (ar-rafḍ) tout en cachant une mécréance pure. Quant au « destructeur », il s’agit d’al-Ḥajjāj ibn Yūsuf, lequel était nāṣibī, nourrissant de l’hostilité envers ʿAlī et ses partisans par fidélité aux Banū Marwān et Banū Umayya. C’était un tyran obstiné, prompt à verser le sang pour la moindre raison. On rapporte de lui des propos horribles et choquants, dont le sens littéral relève de la mécréance – comme nous l’avons mentionné. S’il en est revenu et s’en est repenti, Dieu seul le sait.