Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Bakr ibn Abi Khaythama rapporta (selon Mohammed ibn Yazid, selon Abou Bakr ibn ‘Ayyach, selon ‘Assim ibn Abi An-Najoud et Al-A‘mash) qu’ils entendirent Al-Hajjaj – qu’Allah le déshonore – tenir ces propos. On y lit : « Par Allah, si je vous ordonnais de sortir par cette porte et que vous en sortiez par une autre, alors vos vies me deviendraient licites. Et je ne tolérerai pas que quiconque lise selon la récitation d’Ibn Oum ‘Abd, sans lui trancher la tête, et je l’arracherai du moushaf, même avec un os de porc. » Plusieurs l’ont également rapporté d’après Abou Bakr ibn ‘Ayyach avec un sens similaire. Dans certaines versions, il est dit : « Par Allah, si j’avais saisi ‘Abd Huthayl, je lui aurais tranché la tête (1). »

C’est là une effronterie dont Al-Hajjaj – qu’Allah le maudisse – s’est rendu coupable, osant proférer des paroles mauvaises et enfreindre ce qui est sacré. Ce qu’il reprochait à la récitation d’Ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) venait du fait qu’elle s’écartait du texte rassemblé dans le « moushaf officiel » établi par ‘Othman. Il est cependant clair qu’Ibn Mas‘oud finit par se rallier à l’avis de ‘Othman et à ceux qui l’avaient approuvé, et Allah est plus savant.

Ali ibn Abdallah ibn Mobchar, d’après ‘Abbas Ad-Douri, d’après Mouslim ibn Ibrahim, transmit ce récit : « As-Salt ibn Dinâr dit : J’ai entendu Al-Hajjaj, sur la chaire de Wâsit, déclarer : ‘Abdallah ibn Mas‘oud est le chef des hypocrites. Si je l’avais atteint, j’aurais abreuvé la terre de son sang (2).’ » Puis il ajoute : « Je l’ai également entendu, sur la chaire de Wâsit, réciter ce verset : ﴿Et fais-moi don d’une royauté telle que nul après moi ne pourra l’égaler﴾ [Sâd : 35]. Il dit alors : ‘Par Allah, Salomon était plein d’envie.’ » Une telle audace démesurée risque de le conduire à l’incroyance : qu’Allah le maudisse et le flétrisse, et qu’Il l’éloigne du bien (3).

Parmi ces aberrations, Abou Dâwoud (4) relate aussi : « Ishâq ibn Ismâ‘îl At-Tâlaqâni nous informa, puis Jarîr. De même, Zouheyr ibn Harb nous informa, puis Jarîr, d’après Al-Moughira, d’après Ar-Rabî‘ ibn Khâlid Ad-Dhobbi, qui raconta : “J’ai entendu Al-Hajjaj prêcher. Il disait dans son sermon : ‘Le messager d’entre vous pour une requête vous tenant à cœur a-t-il plus de valeur à vos yeux que celui qui demeure comme successeur auprès de votre famille ?’ Je me dis alors en moi-même : ‘Par Allah ! Je ne prierai plus jamais derrière toi, et si je trouve un groupe qui combatte contre toi, je combattrai à leurs côtés.’” Ishâq ajoute dans son récit : “Il combattit à Al-Jammâjim jusqu’à en mourir.” »

Si ces propos d’Al-Hajjaj sont authentiques, leur formulation peut relever de l’incroyance s’il avait l’intention d’accorder plus de valeur au rang du califat qu’à la mission prophétique, ou de faire croire qu’un calife omeyyade fût supérieur au Messager.

(1) Le récit complet se trouve dans l’Histoire de Damas (tome 12, p. 160) et son abrégé (tome 4, p. 72), ainsi que dans la deuxième version dans l’Histoire de l’Islam (événements des années 81-100, pp. 319-320). (2) Histoire de Damas (tome 12, p. 161), Abrégé de l’Histoire de Damas (tome 4, p. 72) et Histoire de l’Islam (événements des années 81-100, p. 320). (3) Ce qui suit dans le texte semble être une adjonction postérieure des copistes, il concerne les vertus d’Ibn Masʿūd, et n’a pas sa place ici ; il serait plus approprié qu’il figure avec sa biographie. (4) Sunan Abī Dāwūd, numéro 4642 dans le recueil, et le récit avec la même chaîne de transmission dans l’Histoire de Damas (tome 12, p. 158), dont la chaîne est faible. (5) À l’origine : « bazygh » (égaré), la correction provient de Sunan Abī Dāwūd et des ouvrages de critique des transmetteurs.
ورواه أبو بكر بن أبي خيثمة: عن محمد بن يزيد، عن أبي بكر بن عياش، عن عاصم بن أبي النجود والأعمش أنهما سمعا الحَجَّاج قبَّحه الله يقول ذلك، وفيه: واللّه لو أمرتكم أن تخرجوا من هذا الباب فخرجتم من هذا الباب لحلَّت لي دماؤكم، ولا أجد أحدًا يقرأ على قراءة ابن أم عبد إلا ضربت عنقه، ولأحكنَّها من المصحف ولو بضلع خنزير. ورواه غير واحد عن أبي بكر بن عياش بنحوه، وفي بعض الروايات: واللّه لو أدركت عبد هذيل لأضربن عنقه (١) . وهذا من جراءة الحجاج قبحه الله، وإقدامه على الكلام السيئ، والذماء الحرام. وإنما نقم على قراءة ابن مسعود (رضي الله عنه) لكونه خالف القراءة على المصحف الإمام الذي جمع الناس عليه عثمان، والظاهر أن ابن مسعود رجع إلى قول عثمان وموافقيه واللّه أعلم. وقال علي بن عبد الله بن مبشر، عن عباس الدوري، عن مسلم بن إبراهيم: حدّثنا الصَّلت بن دينار سمعت الحجاج على منبر واسط يقول: عبد الله بن مسعود رأس المنافقين، لو أدركته لأسقيت الأرض من دمه (٢) . قال: وسمعته على منبر واسط وتلا هذه الآية: ﴿وَهَبْ لِي مُلْكًا لَا يَنْبَغِي لِأَحَدٍ مِنْ بَعْدِي﴾ [ص: ٣٥] قال: واللّه إن كان سليمان لحسودًا. وهذه جراءة عظيمة تفضي به إلى الكفر: قبحه الله وأخزاه، وأبعده وأقصاه (٣) . ومن الطامات أيضًا ما رواه أبو داود (٤) أيضًا: حدّثنا إسحاق بن إسماعيل الطالقاني، حدّثنا جرير. وحدّثنا زهير بن حرب، حدّثنا جرير، عن المغيرة، عن الربيع (٥) بن خالد الضبي قال: سمعت الحجاج يخطب فقال في خطبته: رسول أحدكم في حاجته أكرم عليه أم خليفته في أهله؟ فقلت في نفسي: لله عليّ أن لا أصلّي خلفك صلاة أبدًا، وإن وجدت قومًا يجاهدونك لأجاهدنك معهم. زاد إسحاق في حديثه: فقاتل في الجماجم حتى قتل. فإن صَحَّ هذا عنه، فظاهره كفر إن أراد تفضيل منصب الخلافة على الرسالة، أو أراد أن الخليفة من بني أمية أفضل من الرسول.
(١) الخبر بكامله في تاريخ دمشق (١٢/ ١٦٠) وتهذيبه (٤/ ٧٢) وبالرواية الثانية في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٣١٩ - ٣٢٠). (٢) تاريخ دمشق (١٢/ ١٦١) وتهذيب تاريخ دمشق (٤/ ٧٢) وتاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٣٢٠). (٣) بعدها في ط كلام من الواضح أنه من زيادات النساخ وهو في فضائل ابن مسعود ﵁ ، ولا مكان له هنا، والأولى أن يكون مع ترجمته. (٤) سنن أبي داود رقم (٤٦٤٢) في السنة، والخبر بالسند نفسه في تاريخ دمشق (١٢/ ١٥٨) وإسناده ضعيف. (٥) في الأصل: بزيغ، والتصحيح من سنن أبي داود وكتب الرجال.

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