Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les deux femmes (1), selon ce qui est rapporté, s’en allèrent donc auprès de leur père. On raconte qu’il trouva leur retour trop rapide et qu’elles lui relatèrent alors ce qui s’était passé avec Moïse (que la paix soit sur lui). Il ordonna à l’une d’elles de se rendre auprès de lui afin de l’inviter. C’est ainsi que l’une d’elles vint à lui, marchant avec pudeur — c’est-à-dire à la manière des femmes libres — et déclara : « Mon père t’invite afin de te rétribuer pour l’eau que tu as puisée pour nous. » Elle le lui dit de façon explicite pour ne laisser place à aucune ambiguïté, témoignage de sa grande pudeur et de sa préservation. Lorsque Moïse se présenta devant le vieil homme et lui raconta ses péripéties, notamment son départ du pays d’Égypte pour fuir Pharaon, ce dernier lui dit : « N’aie pas peur : tu as échappé aux gens injustes », c’est-à-dire que tu es sorti de leur juridiction et ne te trouves plus sous leur autorité.

On diverge sur l’identité de ce vieil homme. Certains ont soutenu qu’il s’agissait de Shou‘ayb (que la paix soit sur lui), et c’est l’avis le plus répandu auprès de nombreux savants (2). Al-Hasan al-Basrî et Mâlik ibn Anas font partie de ceux qui l’ont clairement affirmé. Un hadith (3) l’indique également, mais sa chaîne de transmission soulève quelques doutes. Un groupe a même mentionné que Shou‘ayb (que la paix soit sur lui) aurait vécu fort longtemps après la destruction de son peuple, au point d’avoir pu rencontrer Moïse (que la paix soit sur lui), lequel aurait épousé sa fille (4).

D’après Ibn Abî Hâtim et d’autres, Al-Hasan al-Basrî rapporte qu’il s’appelait Shou‘ayb, qu’il était « le maître de l’eau » mais qu’il ne s’agissait pas du prophète ayant été envoyé au peuple de Madyan. Certains ont dit qu’il s’agissait du neveu de Shou‘ayb, d’autres qu’il était son cousin, ou bien un simple homme croyant du peuple de Shou‘ayb, ou encore qu’il se nommait Yathrûn, ainsi qu’on le trouve chez les Gens du Livre, qui le désignent comme « Yathrûn, prêtre de Madyan », c’est-à-dire leur chef et savant. Ibn ‘Abbâs et Abû ‘Ubayda ibn ‘Abd Allâh ont affirmé que son nom était Bathrûn (5), et Abû ‘Ubayda a ajouté qu’il était le fils du frère de Shou‘ayb. Ibn ‘Abbâs a pour sa part indiqué qu’il était le chef de Madyan (6).

(1) Al-Sūhīlī dans al-Taʿrīf wa al-Iʿlām, page 46 : Ce sont Sāfūriyā et Walīyā, les filles de Batrūn, et Batrūn est Shuʿayb. Il est dit qu'il est le neveu de Shuʿayb, et que Shuʿayb était déjà décédé. La majorité des exégètes considèrent qu'elles sont les filles de Shuʿayb, et certains disent qu'elles ne le sont pas, ce qui est la version correcte.\n(2) Dans la version B : « la majorité ». L'auteur a cité ces avis dans son exégèse (3/483).\n(3) L'auteur a rapporté dans son exégèse (3/483), d'après la narration d'al-Ṭabarānī (dans son al-Muʿjam al-Kabīr, n° 6364), que Salama ibn Saʿd al-ʿAnazī vint à la rencontre du Messager de Dieu ﷺ et dit : « Bienvenue au peuple de Shuʿayb et aux deux sœurs de Mūsā. »\n(4) Il s'agit de sa fille Sāfūriyā, comme mentionné par al-Sūhīlī dans al-Taʿrīf wa al-Iʿlām, page 47, qui ajoute : elle est « aḥlu-hu » (sa famille) dont Allah dit : « [Quand] il vit un feu, il dit à sa famille : Restez [là]. » [Taḥā, 20:10].\n(5) Dans nos sources, on trouve « Yathrūn ». Dans le Taʾrīkh de al-Ṭabarī (1/385) : « Yatrūn », les deux sont des codex coraniques. La correction est issue d'al-Taʿrīf wa al-Iʿlām d'al-Sūhīlī, page 46.\n(6) Ce que dit Ibn ʿAbbās رضي الله عنه : celui que Mūsā a engagé est un Yathrībī, un habitant de Madāyn, comme rapporté par Ibn Kathīr dans son Tafsīr.
المرأتان (١) -فيما قيل- فذهبتا إلى أبيهما، فيقال: إنه استنكر سرعة رجوعهما، فأخبرتاه ما كان من أمر موسى (عليه السلام) ، فأمر إحداهما أن تذهب إليه فتدعوه ﴿فَجَاءَتْهُ إِحْدَاهُمَا تَمْشِي عَلَى اسْتِحْيَاءٍ﴾، أي: مَشْيَ الحرائِرِ، قالت: ﴿إِنَّ أَبِي يَدْعُوكَ لِيَجْزِيَكَ أَجْرَ مَا سَقَيْتَ لَنَا﴾ صرَّحت له بهذا لئلّا يوهم كلامُها ريبةً. وهذا من تمام حيائها وصيانتها. ﴿فَلَمَّا جَاءَهُ وَقَصَّ عَلَيْهِ الْقَصَصَ﴾ وأخبره خبره، وما كان من أمره في خروجه من بلاد مِصْرَ فرارًا من فرعونها ﴿قالَ لَهُ﴾ ذلك الشيخ: ﴿لَا تَخَفْ نَجَوْتَ مِنَ الْقَوْمِ الظَّالِمِينَ﴾، أي: خرجت من سلطاتهم فلست في دولتهم. وقد اختلفوا في هذا الشيخ من هو؟ فقيل: هو شعيبٌ (عليه السلام) ، وهذا هو المشهور عند كثيرين (٢) . وممَّن نصّ عليه: الحسن البصري، ومالك بن أنس. وجاء مصرحًا به في حديث (٣) ، ولكن في إسناده نظر. وصرّح طائفةٌ بأن شعيبًا (عليه السلام) عاش عمرًا طويلًا بعد هلاك قومه حتى أدركه موسى (عليه السلام) وتزوَّج بابنته (٤) . وروى ابن أبي حاتم وغيره، عن الحسن البصري، أن صاحب موسى (عليه السلام) هذا اسمه شعيب، وكان سيّد الماء، ولكن ليس بالنَّبي صاحب مَدْيَن. وقيل: إنّه ابن أخي شعيب. وقيل: ابن عمه. وقيل: رجل مؤمن من قوم شعيب. وقيل: رجل اسمه يثرون، هكذا هو في كتب أهل الكتاب: يثرون كاهن مَدْين؛ أي: كبيرها وعالمها. قال ابن عبَّاس وأبو عُبَيْدة بن عبد الله: اسمه بترون (٥) . زاد أبو عبيدة وهو ابن أخي شعيب. زاد ابن عبَّاس: صاحب مَدين (٦) .
(١) قال السُّهيلي في التعريف والإعلام الورقة (٤٦): هما صَفُوريَا ولَيا ابنتا بترون، وبتَرون هو شعيب، وقيل: ابن أخي شعيب وأن شعيبًا كان قد مات، وأكثر المفسرين على أنهما ابنتا شعيب وقال بعضهم: ليستا ابنتي شعيب، وهو الصواب. (٢) في ب: الأكثرين، وقد أورد المؤلف هذه الأقوال في تفسيره (٣/ ٤٨٣). (٣) وقد ساقه المؤلف في تفسيره (٣/ ٤٨٣) من رواية الطبراني (وهو في معجمه الكبير ٦٣٦٤) عن سلمة بن سعد العنزي أنه وفد على رسول الله ﷺ فقال: "مرحبًا بقوم شعيب وأختان موسى". (٤) وهي ابنته صَفْوريَا كما ذكر السهيلي في التعريف والإعلام الورقة (٤٧) وزاد: وهي أهله التي قال [الله تعالى] فيها: ﴿إِذْ رَأَى نَارًا فَقَالَ لِأَهْلِهِ امْكُثُوا﴾ [طه: ١٠]. (٥) في أصولنا يثرون. وفي تاريخ الطبري (١/ ٣٨٥): يترون، وكلاهما مصحف، والتصويب من التعريف والإعلام: للسهيلي الورقة (٤٦). (٦) ما قاله ابن عباس ﵁ : الذي استأجر موسى يثربي صاحب مدين كما أورده ابن كثير في تفسيره =

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