« Un guide que vous suivez, un chef que vous obéissez, un conseiller digne de confiance que vous consultez et dont vous demandez l’avis. Comment une expérience pourrait-elle vous être utile, ou comment un exposé pourrait-il vous servir (1) ? N’êtes-vous pas mes compagnons à al-Ahwāz, lorsque vous avez fait face à la ruse, vous vous êtes ligués pour trahir, vous vous êtes accordés sur la mécréance, et vous avez pensé qu’Allah délaisserait Sa religion et Son califat ? Par Dieu, je vous observe d’un regard vigilant pendant que vous vous éclipsez en catimini et que vous prenez la fuite en toute hâte. Et le jour de la Zāwiyah, qu’est-ce que le jour de la Zāwiyah ? Il est marqué par votre faiblesse, vos disputes, vos controverses, par le fait que Dieu se désolidarise de vous et par l’endurcissement de vos cœurs, lorsque vous vous êtes détournés tels des chameaux errants, chacun sans se soucier de son frère, et lorsqu’un vieillard ne se retournait pas vers ses fils, au moment où les armes vous harcelaient et les lances vous piquaient. Et le jour de Dayr al-Jamājim, qu’est-ce que le jour de Dayr al-Jamājim, sinon le théâtre de combats et d’âpres affrontements :
Par un coup qui sépare la tête de son cou (2)
… Et fait qu’un ami oublie son ami.
Ô gens d’Irak, ô vous qui commettez des incrédulités après vos fautes, qui trahissez après avoir feint la bonne foi (3), et qui sautez à la moindre impulsivité après de multiples emballements ! Quand nous vous dépêchons vers vos frontières, vous êtes traîtres et lâches. Quand vous vous sentez en sécurité, vous sèmez la rumeur. Quand vous avez peur, vous vous montrez hypocrites. Vous ne retenez aucune faveur, vous ne remerciez aucun bienfait. Existe-t-il un parjure qui vous ait méprisés, ou un égaré qui vous ait induits en erreur, un pécheur qui vous ait mobilisés, un tyran qui vous ait requis, ou un rebelle qui vous ait appelés, sans que vous accouriez à son appel, répondant aussitôt à son cri, accourant vers lui tantôt légers, tantôt chargés, à cheval ou à pied ? Ô gens d’Irak, qu’un agitateur se dresse, qu’un corbeau croasse, qu’un braiment se fasse entendre, et vous voilà aussitôt ses partisans et ses soutiens ! Ô gens d’Irak, les leçons ne vous ont-elles donc servi à rien ? Les événements n’ont-ils pas su vous refréner ? Dieu n’a-t-Il pas accentué sur vous Sa rigueur, ne vous a-t-Il pas fait goûter l’ardeur de Son glaive, la sévérité de Sa puissance et la justesse de Ses représailles ?
Puis il se tourna vers les gens du Shām et dit : « Ô gens du Shām, je suis pour vous tel l’autruche qui donne des coups de patte pour protéger ses petits, repoussant loin d’eux les impuretés (4), mettant à distance les pierres, les préservant de la pluie, les protégeant de la brume et les gardant des insectes. Ô gens du Shām, vous êtes la tunique et le manteau, vous êtes l’étoffe et les chaussures ; vous êtes mes alliés et mes soutiens, l’habit intérieur plutôt que le vêtement extérieur. C’est par vous que la patrie et ses frontières sont protégées, c’est par vous que les divisions ennemies sont repoussées, et c’est par vous que celui qui s’y oppose est vaincu et s’enfuit (5). »
Abū Bakr ibn Abī al-Dunyā (6) rapporta : « Muḥammad ibn al-Ḥusayn nous raconta, ‘Ubayd Allāh ibn Muḥammad al-Tamīmī nous narra : “J’ai entendu un vieillard de Quraysh, surnommé Abū Bakr al-Taymī, dire : ‘Al-Ḥajjāj déclarait dans l’un de ses sermons – car il était très éloquent – que Dieu créa Adam et sa descendance à partir de la terre, les fit marcher sur sa surface afin qu’ils mangent ses fruits et boivent de ses rivières, puis ils la labourèrent avec leurs pioches et la foulèrent…’ »