Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abu al-Hajjaj le salua et lui dit : « Je me rends chez le Commandeur des croyants. As-tu à lui faire une requête ? » Il répondit : « Oui, demande-lui de me relever de mes fonctions de juge. » Alors Abu al-Hajjaj s’exclama : « Gloire à Dieu ! Par Dieu, je ne connais pas de juge, aujourd’hui, meilleur que toi. »

Puis il retourna auprès de son fils, al-Hajjaj, et celui-ci lui dit : « Ô mon père, comment peux-tu te lever pour accueillir un homme de la tribu de Tujīb alors que tu es toi-même un Thaqafī ? » Il répondit : « Mon fils ! Par Dieu, je pense que les gens reçoivent la miséricorde divine grâce à cet homme et à ses semblables. » Al-Hajjaj répliqua : « Par Dieu, rien n’est plus nuisible au Commandeur des croyants que lui et ses semblables. » Son père lui demanda : « Pourquoi cela, ô mon fils ? » Al-Hajjaj expliqua : « Parce que cet homme et ceux comme lui rassemblent autour d’eux les gens pour leur parler de la conduite (sîra) d’Abou Bakr et de ‘Umar. Alors, les gens en viennent à mépriser la conduite du Commandeur des croyants, ne la considérant plus à la hauteur de la leur ; ils finissent par le destituer, se rebeller contre lui, le détester et ne plus obéir à son autorité. Par Dieu, si j’obtenais un jour une position de pouvoir, je ferais trancher la tête de cet homme et de ses semblables. » Son père lui dit : « Mon fils, par Dieu, je crois bien que Dieu t’a créé pour un destin funeste. »

Cela montre que son père jouissait de considération auprès du calife (1) et qu’il avait une grande clairvoyance : il devina à l’avance le sort que connaîtrait son fils par la suite. On rapporte qu’al-Hajjaj serait né en l’an 39, ou en l’an 40, ou en l’an 41 (2). Puis il grandit en se montrant sagace (3), faisant preuve d’une grande éloquence et mémorisant le Coran. Certains des Anciens relatent qu’al-Hajjaj récitait entièrement le Coran chaque nuit (4).

Abou ‘Amr ibn al-‘Alâ’ a dit : « Je n’ai vu personne de plus éloquent que lui et al-Hassan al-Basrî, si ce n’est que ce dernier était encore plus éloquent que lui » (5). Ad-Dâraqutnî (6) rapporte que Soulaymân ibn Abî Shaykh (7), d’après Sâlih ibn Soulaymân, a dit : « ‘Utba ibn ‘Amr affirmait : “Je trouve que l’intelligence des gens n’a pas d’écart majeur d’un individu à l’autre, sauf chez al-Hajjaj et Iyâs ibn Mu‘âwiyah : leur intelligence dépasse de beaucoup celle du commun. ” »

On a déjà mentionné que, lorsque ‘Abd al-Malik fit tuer Mus‘ab ibn az-Zoubayr en l’an 73, il envoya al-Hajjaj auprès de son frère ‘Abd Allah à La Mecque. Celui-ci l’assiégea et dirigea pour les gens le pèlerinage cette même année. Ni lui ni ceux qui étaient avec lui ne purent alors accomplir le tawâf autour de la Ka‘ba, pas plus qu’Ibn

(1) Ibn Qutaybah dit dans les Maʿārif (p. 173) : Quant à Yūsuf — le père de l’al-Ḥajjāj — il fut investi par ʿAbd al-Malik d’une partie de la wilāya, et il commandait avec lui certaines légions le jour où al-Ḥunayf ibn al-Sajjaf combattit ʿAjrash ibn Duljah. (2) Voir ce qu’a mentionné Ibn ʿAsākir dans son Taʾrīkh Dimashq (12/115) concernant les informations sur l’année de naissance d’al-Ḥajjāj. (3) Dans l’édition : « chābānan labīban ». (4) Taʾrīkh Dimashq (12/116). (5) Taʾrīkh Dimashq (12/116-117). (6) Taʾrīkh Dimashq (12/117), Tahdhīb Taʾrīkh Dimashq (4/52) et al-Dhahabī le mentionne dans Tārīkh al-Islām (événements de l’année 81-100 / p. 316). (7) Dans l’édition : « manīḥ » ; c’est une altération, la correction est due à al-Bukhārī et à Taʾrīkh Dimashq.
أبو الحجاج فسلّم عليه، وقال له: إنه ذاهب إلى أمير المؤمنين، فهل من حاجة لك عنده؟ قال: نعم تسأله أن يعزلني عن القضاء. فقال: سبحان الله!! واللّه لا أعلم قاضيًا اليوم خيرًا منك. ثم رجع إلى ابنه الحجاج فقال له ابنه: يا أبة أتقوم إلى رجل من تُجيب وأنت ثقفي؟ فقال له: يا بني واللّه إني لأحسب أن الناس يرحمون بهذا وأمثاله. فقال: واللّه ما على أمير المؤمنين أضر من هذا وأمثاله، فقال: ولم يا بني؟ قال: لأن هذا وأمثاله يجتمع الناس إليهم فيحدثونهم عن سيرة أبي بكر وعمر، فيحقر الناس سيرة أمير المؤمنين ولا يرونها شيئًا عند سيرتهما فيخلعونه ويخرجون عليه ويبغضونه، ولا يرون طاعته، واللّه لو خلص لي من الأمر شيء لأضربن عنق هذا وأمثاله. فقال له أبوه: يا بني واللّه إني لأظن أن الله – Exalté soit-Il – خلقك شقيًا. وهذا يدل على أن أباه كان ذا وجاهة عند الخليفة (١) وأنه كان ذا فراسة صحيحة، فإنه تفرس في ابنه ما آل إليه أمره بعد ذلك. قالوا: وكان مولد الحجاج في سنة تسع وثلاثين، وقيل في سنة أربعين، وقيل في سنة إحدى وأربعين (٢) . ثم نشأ بلبابًا (٣) فصيحًا بليغًا حافظًا للقرآن، قال بعض السلف: كان الحجاج يقرأ القرآن في كل ليلة (٤) . وقال أبو عمرو بن العلاء: ما رأيت أفصح منه ومن الحسن البصري، وكان الحسن أفصح منه (٥) . وقال الدارقطني (٦) : ذكر سليمان بن أبي شيخ (٧) ، عن صالح بن سليمان قال: قال عتبة بن عمرو: ما رأيت عقول الناس إلا قريبًا بعضها من بعض، إلا الحجاج وإياس بن معاوية، فإن عقولهما كانت ترجح على عقول الناس. وتقدم أن عبد الملك لما قتل مصعب بن الزبير سنة ثلاث وسبعين بعث الحجاج إلى أخيه عبد الله بمكة فحاصره بها وأقام للناس الحج عامئذ، ولم يتمكن ومن معه من الطواف بالبيت، ولا تمكن ابن
(١) قال ابن قتيبة في المعارف (ص ١٧٣): فأما يوسف - والد الحجاج - فولي لعبد الملك بعض الولاية وكان معه بعض الألوية يوم قاتل الحنيف بن السجف جيش بن دلجة. (٢) انظر ما ذكره ابن عساكر في تاريخ دمشق (١٢/ ١١٥) في الخلات في سنة مولد الحجاج. (٣) في ط: شابًا لبيبًا. (٤) تاريخ دمشق (١٢/ ١١٦). (٥) تاريخ دمشق (١٢/ ١١٦ - ١١٧). (٦) تاريخ دمشق (١٢/ ١١٧) وتهذيب تاريخ دمشق (٤/ ٥٢) وذكره الذهبي في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٣١٦). (٧) في ط: منيح؛ تحريف، والتصويب من ب وتاريخ دمشق.

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