Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Khallikân (1) a dit : « Le nom de sa mère est al-Fâriʿa bint Hammâm ibn ʿUrwa ibn Masʿûd ath-Thaqafî. Son époux était al-Hârith ibn Kalda ath-Thaqafî, le médecin des Arabes, et il a rapporté à son sujet cette anecdote relative au siwâk (bâton à dents). »

L’auteur du Kitâb al-ʿIqd (2) rapporte qu’al-Hajjâj et son père enseignaient aux garçons à Tâ’if, puis ils arrivèrent à Damas et entrèrent au service de Rawh ibn Zunbâʿ, ministre de ʿAbd al-Malik. Or, ʿAbd al-Malik se plaignit auprès de Rawh du fait que l’armée ne s’installait pas quand il s’installait et ne partait pas quand il partait.

Rawh déclara alors : « J’ai un homme à qui confier cette mission. » ʿAbd al-Malik confia donc le commandement de l’armée à al-Hajjâj, qui mit aussitôt fin à tout retard dans les haltes et les départs, au point qu’il passa près de la tente de Rawh ibn Zunbâʿ pendant que celui-ci et ses gens prenaient leur repas. Al-Hajjâj les frappa, les promena à travers le camp et endommagea la tente. Rawh s’en plaignit alors à ʿAbd al-Malik, qui dit à al-Hajjâj : « Pourquoi as-tu agi ainsi ? »

Al-Hajjâj répondit : « Je ne l’ai pas fait de mon propre chef, c’est toi qui l’as fait. En effet, ma main est ta main, et mon fouet est ton fouet. Quel tort y a-t-il à ce que tu accordes à Rawh deux tentes à la place de la sienne, et deux serviteurs à la place du sien, sans me discréditer dans la fonction que tu m’as confiée ? » ʿAbd al-Malik accepta et, dès lors, la position d’al-Hajjâj gagna en importance auprès de lui.

On raconte qu’il bâtit la ville de Wâsit en l’an 84 de l’Hégire et qu’il l’acheva en 86, bien que certains mentionnent d’autres dates. Toujours selon ce récit, c’est à son époque que l’on commença à ajouter la ponctuation diacritique (les points) sur les exemplaires du Coran. Il est précisé dans son histoire qu’il s’appelait d’abord Kulaïb, puis qu’il fut nommé al-Hajjâj.

On rapporte également qu’il serait né sans orifice de sortie, et qu’on dut lui en créer un ; qu’il ne put pas être allaité durant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’on lui fît boire le sang d’un chevreau, puis le sang d’un animal fraîchement écorché, tout en enduisant son visage de ce sang, après quoi il se mit à téter. C’est cet épisode qui, dit-on, lui aurait conféré sa bravoure et son goût pour le sang, dans la mesure où la toute première chose qu’il but fut ce sang dont on l’avait barbouillé.

On raconte par ailleurs que sa mère était celle qui espérait la naissance de Nasr ibn al-Hajjâj ibn ʿAllât (4), d’autres disant qu’elle était la mère de son père ; Dieu seul sait la vérité. Il fit preuve d’une grande audace, mais son sabre était prompt à frapper. Il fit périr de nombreuses âmes sacrées pour le moindre prétexte, et ses colères étaient comparables à celles d’un roi. On prétend qu’il imitait Ziyâd ibn Abîh, tout comme on dit que Ziyâd cherchait à ressembler à ʿUmar ibn al-Khattâb, mais sans commune mesure.

Ibn ʿAsâkir (5) a évoqué, dans la biographie de Sulaym ibn ʿAtr at-Tujîbî – qui fut juge en Égypte et l’un des grands tâbiʿîn (de la génération suivant les Compagnons) –, qu’il avait assisté au sermon de ʿUmar ibn al-Khattâb à al-Jâbiya. Il était réputé pour sa grande ascèse et sa piété, et il achevait la lecture du Coran trois fois chaque nuit, aussi bien en prière qu’en dehors.

Ce qui importe ici, c’est que lorsque al-Hajjâj se trouvait avec son père dans la grande mosquée d’Égypte, Sulaym ibn ʿAtr passa devant eux. Al-Hajjâj se leva alors pour aller à sa rencontre

(1) Wafayāt al-Aʿyān, vol. 2, p. 29. (2) Al-ʿAqd al-Farīd d'Ibn ʿAbd Rabbih, vol. 3, p. 6. (3) As-Sālikh : désigne un noir intense et profond. (4) Ibn Khallikān a dit (vol. 2, p. 32) : « ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb est passé dans Médine et a entendu une femme chanter depuis son harem : Y a-t-il un moyen d’obtenir du vin pour que je le boive... Ou un moyen d’atteindre Naṣr ibn Ḥajjāj ? » Il est alors allé trouver Naṣr et l’a envoyé à Bassorah. (5) Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq d'Ibn Manẓūr (vol. 10, p. 201). Une édition de Tārīkh Dimashq publiée par Dār al-Fikr sous le nom de Salīm a été omise.
قال ابن خلكان (١) : واسم أمه الفارعة بنت همام بن عروة بن مسعود الثقفي، وكان زوجها الحارث بن كلدة الثقفي طبيب العرب، وذكر عنه هذه الحكاية في السواك. وذكر صاحب العقد (٢) أن الحجاج كان هو وأبوه يعلمان الغلمان بالطائف، ثم قدم دمشق فكان عند رَوْح بن زنباع وزير عبد الملك، فشكا عبد الملك إلى روح أن الجيش لا ينزلون لنزوله ولا يرحلون لرحيله، فقال روح: عندي رجل توليه ذلك، فولى عبد الملك الحجاج أمر الجيش، فكان لا يتأخر أحد في النزول والرحيل، حتى اجتاز إلى فسطاط رَوْح بن زنباع وهم يأكلون فضربهم وطوّف بهم وأحرف الفسطاط، فشكا روح ذلك إلى عبد الملك، فقال للحجاج: لم صنعت هذا؟ فقال: لم أفعله إنما فعله أنت، فإن يدي يدك، وسوطي سوطك، وما ضرك إذا أعطيت روحًا فسطاطين بدل فسطاطه، وبدل الغلام غلامين، ولا تكسرني في الذي وليتني؟ ففعل ذلك، وتقدم الحجاج عنده. قال: وبنى واسط في سنة أربع وثمانين، وفرغ منها في سنة ست وثمانين، وقيل قبل ذلك قال: وفي أيامه نقطت المصاحف، وذكر في حكايته ما يدل أنه كان أولًا يسمى كليبًا، ثم سُمي الحجاج. وذكر أنه ولد ولا مخرج له حتى فتق له مخرج، وأنه لم يرتضع أيامًا حتى سقوه دم جدي ثم دم سالخ (٣) ولطخ وجهه بدمه فارتضع، وكانت فيه شهامة وحب لسفك الدماء، لأنه أول ما ارتضع ذلك الدم الذي لطخ به وجهه. ويقال إن أمه هي المتمنية لنصر بن حجاج بن علاط (٤) ، وقيل إنها أم أبيه، والله أعلم. وكانت فيه شهامة عظيمة، وفي سيفه رهق، وكان كثير قتل النفوس التي حرمها الله بأدنى شبهة، وكان يغضب غضب الملوك، وكان فيما يزعم يتشبه بزياد بن أبيه، وكان زياد يتسْبه بعمر بن الخطاب فيما يزعم أيضًا - ولا سواء ولا قريب -. وقد ذكر ابن عساكر (٥) في ترجمة سليم بن عتر التُّجيبي قاضي مصر، وكان من كبار التابعين. وكان ممن شهد خطبة عمر بن الخطاب بالجابية، وكان من الزهادة والعبادة على جانب عظيم، وكان يختم القرآن في كل ليلة ثلاث ختمات في الصلاة وغيرها. والمقصود أن الحجاج كان مع أبيه بمصر في جامعها، فاجتاز بهما سليم بن عتر هذا فنهض إليه
(١) وفيات الأعيان (٢/ ٢٩). (٢) العقد الفريد لابن عبد ربه (٣/ ٦). (٣) السالخ: الأسود الشديد السواد. (٤) قال ابن خلِّكان (٢/ ٣٢): إن عمر بن الخطاب طاف في المدينة فسمع امرأة تنشد في خدرها: هل من سبيل إلى خمر فأشربها … أم من سبيل إلى نصر بن حجاج فأتى عمر بنصر وسيّره إلى البصرة. (٥) مختصر تاريخ دمشق لابن منظور (١٠/ ٢٠١) وقد سقط من تاريخ دمشق ط: دار الفكر من اسمه سليم.

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