Après la mort d’al-Hajjaj ibn Yusuf, cet événement le déconcerta et il ramena les troupes à la ville de Marw. À cette occasion, il récita les vers d’un poète :
« Par ma vie, certes, l’homme issu de la famille de Ja‘far…
À Ḥawrân, voilà qu’il fut pris dans les pièges.
Si tu survis, jamais je ne me lasserai de ma vie ;
Mais si tu meurs, alors ma vie après ta mort n’a plus de sens. » (1)(2)
Cette même année, al-Walīd écrivit à Qutayba pour qu’il persévère dans l’attaque contre les ennemis ; il lui promit une généreuse récompense et le félicita pour ses exploits en matière de combat, de conquête de territoires et de lutte contre les infidèles obstinés (3).
Al-Hajjaj avait désigné son fils ʿAbd Allāh comme substitut pour diriger la prière. De son côté, al-Walīd nomma Yazīd ibn Abī Kabsha pour superviser la prière et les affaires militaires dans les deux grandes villes (al-Kūfa et al-Baṣra). Il nomma également Yazīd ibn Abī Muslim à la perception de leurs impôts. Il est aussi rapporté qu’al-Hajjaj les avait déjà investis de ces fonctions et qu’al-Walīd les y maintint. Tous les autres gouverneurs nommés par al-Hajjaj conservèrent leurs charges.
Al-Hajjaj mourut cinq (ou selon d’autres sources trois) jours avant la fin de Ramaḍān ; certains affirment qu’il décéda au mois de Shawwāl de cette même année. La même année, la direction du pèlerinage fut assurée par Bishr ibn al-Walīd ibn ʿAbd al-Malik, d’après Abū Maʿshar et al-Wāqidī. La même année, al-Waḍḍāḥī fut tué en territoire byzantin, accompagné de mille de ses compagnons (4). Elle vit également la naissance d’Abū Jaʿfar al-Manṣūr ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās.
On trouvera ci-après la notice biographique (5) d’al-Hajjaj ibn Yusuf al-Thaqafī et le récit de sa mort. Il s’agit d’al-Hajjaj ibn Yusuf (6) ibn Abī ʿAqīl ibn Masʿūd ibn ʿĀmir ibn Maʿtṭib ibn Mālik ibn Kaʿb ibn ʿAmr ibn Saʿd ibn ʿAwf ibn Thaqīf – celui que l’on nomme Qasī ibn Munabbih ibn Bakr ibn Hawāzin – Abū Muḥammad al-Thaqafī. Il avait entendu (des hadiths) d’Ibn ʿAbbās et transmit ce qu’il avait recueilli d’Anas, de Samura ibn Jundub, de ʿAbd al-Malik ibn Marwān, ainsi que d’Abū Burda ibn Abī Mūsā.