Alors qu’il pleurait sur ses fautes passées et se lamentait de ce qu’il laissait derrière lui de ce monde, il demandait pardon à un moment où le pardon ne lui était plus d’aucun secours, et où les excuses ne pouvaient le sauver, face à l’horreur de la mort et à la venue du fléau.
Ses peines et ses soucis l’enveloppèrent, et il tomba dans la désolation lorsque les décrets du destin le réduisirent à l’impuissance. Nul ne pouvait le délivrer de l’angoisse de la mort, nul ne pouvait le protéger de ce qu’il redoutait. Son âme était secouée par la crainte de la fin, si bien que ses gorges et son gosier en tremblaient.
Alors ses visiteurs se firent rares, sa famille et ses enfants l’abandonnèrent. La foule poussa des cris de lamentation quand ils perdirent tout espoir du malade. Ils fermèrent de leurs mains ses yeux, et au moment où son âme s’échappait, ils étendirent ses jambes [et l’ami proche, le compagnon dévoué, se détourna de lui].
Combien d’affligés pleurent sur lui en pleine détresse, cherchant de la patience sans pouvoir y parvenir ! Combien implorent Dieu sincèrement en sa faveur, énumérant de lui tout ce qu’ils peuvent évoquer ! Et combien se réjouissent de sa disparition pour s’en féliciter, alors que bientôt ils seront traités à la même enseigne…
Ses femmes se déchirèrent le col de leurs vêtements, ses servantes se frappèrent les joues, ses voisins hurlèrent son absence et ses frères s’affligèrent de son malheur. Puis ils s’affairèrent à ses funérailles et se préparèrent à l’emporter, [comme s’il n’avait jamais été parmi eux l’être cher et précieux, le bien-aimé placé au-dessus de tous].
Et voilà qu’alors, le plus aimé d’entre les siens, demeuré à ses côtés, pressait qu’on accélère sa mise au linceul. Ceux qui se tenaient prêts pour le laver se dépêchèrent, tandis qu’on dirigeait déjà la bêche vers la tombe une fois son âme partie. Il fut enveloppé dans deux pièces de tissu, et ses frères ainsi que ses proches vécurent ce moment ensemble, le conduisant en cortège.
Si tu voyais le plus jeune de ses enfants, submergé par le chagrin qui envahissait son cœur ! La détresse l’écrasait au point que ses yeux débordaient de larmes. Il se lamentait sur son père en disant : « Hélas ! Ô mon père, toi mon refuge ! »
Tu aurais vu l’hideux spectacle de la mort, qui effraie le regard et fait trembler le spectateur ; comment les aînés de ses fils s’affligeaient davantage encore si, de temps à autre, les plus jeunes l’oubliaient. Et les femmes, le cœur brisé, épanchaient des flots de larmes sur leurs joues.
Puis on le fit sortir de la vastitude de son palais pour le conduire dans l’exiguïté de sa tombe. Lorsqu’il fut installé dans la fosse et qu’on y disposa les briques, [ses actes se rassemblèrent autour de lui et ses fautes l’encerclèrent. Il se trouva oppressé par ce qu’il voyait]. On jeta alors la terre sur lui de leurs mains, dans des pleurs et des sanglots redoublés. Puis ils s’arrêtèrent un instant près de lui, perdirent tout espoir de le revoir et partirent, le laissant en gage de ce qu’il avait acquis et recherché.