Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«Le fait que tu demandes: “Qui est-ce donc ?” ne peut nullement lui nuire… Les Arabes savent bien qui tu prétends ne pas reconnaître, et les non-Arabes le savent aussi.
[Quiconque connaît Dieu reconnaît la primauté de celui-ci… C’est de la maison de cet homme que les nations ont reçu la religion.]

(1)

Il raconta : Hishâm se mit en colère à cette parole et ordonna l’emprisonnement d’Al-Farazdaq à ‘Asfân, entre La Mecque et Médine. Quand ‘Alî ibn al-Husayn l’apprit, il envoya à Al-Farazdaq douze mille dirhams, en s’excusant en ces termes : « Je n’ai rien d’autre en cet instant. »

Al-Farazdaq les refusa et déclara : « J’ai dit ce que j’ai dit pour Dieu et afin de soutenir la vérité [et pour défendre le droit qu’a le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) sur ses descendants]. Je ne souhaite rien en contrepartie. »

Alors ‘Alî ibn al-Husayn lui fit dire : « Dieu sait la sincérité de ton intention dans tout cela, et je te conjure, au nom de Dieu, de les accepter. » Al-Farazdaq finit par accepter, puis se mit à composer des satires contre Hishâm. Parmi ces vers, il dit :

(2)

Tu m’emprisonnes entre Médine et ce lieu… où les cœurs des hommes, en repentir, aspirent.
Il tourne une tête qui jamais ne fut celle d’un maître… et deux yeux qui louchent, où sont flagrants les défauts.

(3)

Nous avons également transmis de ‘Alî ibn al-Husayn qu’il disait, lorsque passait un convoi funèbre, ces deux vers :

Nous sommes frappés d’effroi lorsque des cercueils nous font face… mais nous reprenons nos divertissements dès que leur cortège s’éloigne.
Tel est l’effroi d’une brèche lorsque surgit un lion… mais une fois qu’il disparaît, on fait paître à nouveau le troupeau.

(4)

Le hâfiẓ Ibn ‘Asâkir (5) a rapporté, selon la chaîne de transmission de Muhammad ibn ‘Abd Allâh al-Muqri’, lequel raconta : « Sufyân ibn ‘Uyayna m’a transmis, d’après az-Zuhrî, qui dit : ‘J’ai entendu ‘Alî ibn al-Husayn, le maître des adorateurs, s’adresser à lui-même et confier ceci à son Seigneur :

(6)

“Ô âme, jusqu’à quand seras-tu trompée par le bas-monde et penchera-tu à le bâtir ? N’as-tu donc pas tiré leçon de ceux qui t’ont précédée parmi tes aïeux, de tes proches que la terre a recouverts, ou de tes frères dont tu as été privée, et qui ont été emportés parmi tes semblables ?”

(7)

Ils gisent au ventre de la terre après qu’ils aient arpenté sa surface… Leur beauté désormais effacée dans une vallée reculée.
Leurs demeures se sont vidées d’eux et leurs vastes cours sont désertées… Le sort les a poussés vers la mort inéluctable.
Ils ont quitté ce monde et ce qu’ils y avaient amassé… Et la terre les a retenus sous ses monceaux de poussière.»

(1) Le dernier vers est une addition de l'édition T ; ces vers ne se trouvent pas tous dans le Dîwân d’al-Farazdaq (2/848-849). Le récit et certains vers sont également dans al-Aghānī (21/376-377) ainsi que dans Ḥilyat al-Awliyāʾ (3/139). Voir aussi Tārīkh al-Islām (événements de l'année 81 - 100/ p. 438). (2) Dans Tārīkh Dimashq (41/403) : « bi-ḥabsī »… (3) Les deux vers sont dans al-Aghānī (21/378) où il est dit : « wa-ʿaynan lahu ḥawlāʾ... » et dans le Dîwān d’al-Farazdaq (1/51), leur formulation est : "Yuraddidunī bayna al-madīnah wa-llatī ... ilayhā qulūb an-nās yahwī munība-hā Yuqallibu ʿaynan lam takun li-khalīfatin ... mashawwahat ḥawlāʾ bādin ʿuyūb-hā" (4) Dans l'édition T : « thulla ». (5) Tārīkh Dimashq (41/403-404). (6) Dans l'édition T : « sukūnak ». Le manuscrit concorde avec Tārīkh Dimashq. (7) Dans l'édition T : « ath-tharā ». Le manuscrit concorde avec Tārīkh Dimashq.
فليسَ قولكَ مَن هذا بضائرهِ … العربُ تعرفُ من أنكرتَ والعجم [منْ يعرفُ الله يعرف أوليةَ ذا … فالدينُ منْ بيتِ هذا نالهُ الأممُ] (١) قال: فغضب هشام من ذلك وأمر بحبس الفرزدق بعسفان، بين مكة والمدينة، فلما بلغ ذلك علي بن الحسين بعث إلى الفرزدق باثني عشر ألف درهم، وأرسل إليه يعتذر أن ليس عنده اليوم غيرها، فردَّها الفرزدق وقال: إنما قلت ما قلت لله – Exalté soit-Il – ونُصْرَةً للحقَّ، [وقيامًا بحق رسول الله ﷺ في ذريته] ، ولست أعتاض عن ذلك بشيء. فأرسل إليه علي بن الحسين يقول: قد علم الله صدق نيتك في ذلك، وأقسمتُ عليك بالله لتقبلنَّها؛ فتقبَّلها منه ثم جعل يهجو هشامًا وكان مما قال فيه: تحبسني (٢) بينَ المدينةِ والتي … إليها قلوبُ الناس يهوي مُنيبها يقلّبُ رأسًا لم يكنْ رأس سيِّدٍ … وعينينِ حولاوينِ بادٍ عُيُوبُها (٣) وقد رَوينا عن علي بن الحسين أنه كان إذا مرت به الجنازة يقول هذين البيتين: نراعُ إذا الجنائزُ قابلتنا … ونلهو حينَ تمضي ذاهباتِ كروعةِ ثلمة (٤) لمغارِ سَبْعٍ … فلما غابَ عادتْ راتعاتِ وروى الحافظ ابن عساكر (٥) من طريق محمد بن عبد الله المقرئ: حدّثني سفيان بن عيينة، عن الزُّهري قال: سمعت علي بن الحسين سيّد العابدين يحاسب نفسه ويناجي ربه: يا نفس حتام إلى الدنيا غرورك (٦) ، وإلى عمارتها ركونك، أما اعتبرت بمن مضى من أسلافك ومن وارته الأرض من أُلَّافك، ومن فجعتِ به من إخوانك، ونقل إلى البلى (٧) من أقرانك؟ فهم في بطون الأرض بعد ظهورها … محاسنهم فيها بوادٍ دواثر خلت دورهم منهم وأقوت عراصهم … وساقتهمُ نحوَ المنايا المقادرُ وخلّوا عن الدنيا وما جمعوا لها … وضمهمُ تحتَ الترابِ الحفائرُ
(١) البيت الأخير زيادة من ط؛ وليست كل هذه الأبيات في ديوان الفرزدق (٢/ ٨٤٨ - ٨٤٩) والخبر والأبيات - بعضها - في الأغاني (٢١/ ٣٧٦ - ٣٧٧) وكذلك في حلية الأولياء (٣/ ١٣٩) وانظر تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٤٣٨). (٢) في تاريخ دمشق (٤١/ ٤٠٣): بحبسي … (٣) البيتان في الأغاني (٢١/ ٣٧٨) وفيه: وعينًا له حولاء … وفي ديوان الفرزدق (١/ ٥١) لفظهما: يرددني بين المدينة والتي … إليها قلوب الناس يهوي منيبها يقلِّب عينًا لم تكن لخليفةٍ … مشوَّهة حولاء بادٍ عيوبها (٤) في ط: ثلة. (٥) تاريخ دمشق (٤١/ ٤٠٣ - ٤٠٤). (٦) في ط: سكونك. والمثبت يوافق تاريخ دمشق. (٧) في ط: الثرى. والمثبت يوافق تاريخ دمشق.

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