Voici le fils du meilleur de tous les serviteurs de Dieu, cet homme pieux, pur et illustre. Lorsque Quraych le voit, l’un d’eux déclare : « En la présence de ses vertus, la générosité atteint son ultime perfection. »
Son ascendance le ramène au sommet de la gloire qu’aucun Arabe ni aucun non-Arabe de l’islam ne sut égaler. Le pilier du ḥaṭīm (près de la Ka‘ba) est presque tenté de saisir sa main lorsqu’il s’approche pour la toucher. Il baisse son regard par modestie et l’on s’incline devant sa majesté ; nul ne s’adresse à lui si ce n’est lorsqu’il sourit.
Il tient dans sa main un bâton de bambou au parfum suave, remis par une âme noble à la fierté affichée. Sa lignée—(1)—provient du Messager de Dieu, ses origines sont pures, et sa tente (al-ḫīm) ainsi que ses traits moraux (aš-šiyam) sont excellents. (1)
La lumière de la guidée (2) jaillit de l’éclat de son front, tel le soleil dissipant l’obscurité par sa splendeur. Il porte les fardeaux des peuples lorsqu’ils le sollicitent ; doux de caractère, ils trouvent auprès de lui un accueil bienveillant. Voici le fils de Fâṭima, si tu ne le connaissais pas ; c’est par son aïeul que Dieu a scellé la lignée de Ses prophètes.
Dieu l’a privilégié depuis toujours et élevé en honneur ; le calame l’a inscrit ainsi dans la Tablette prééternelle. De son grand-père vient la supériorité reconnue à l’ensemble des prophètes, et la supériorité de sa communauté fut admise par toutes les nations.
Il a comblé l’humanité de bienfaits, balayant ainsi l’égarement, la misère et l’injustice. Ses deux mains sont sources de secours, prodiguant un bénéfice étendu à tous ; elles demeurent inlassablement généreuses sans jamais connaître la disette. D’un naturel affable, nul ne craint de sa part quelque écart irréfléchi ; deux qualités l’ornent : la mansuétude et la magnanimité.
Il ne manque pas à sa promesse et demeure de bon augure jusque dans son absence. Son hospitalité est ample et il est avisé lorsqu’il prend une décision. Il fait partie d’un groupe dont l’amour est religion, dont l’inimitié est mécréance, et dont le voisinage est salut et refuge.
Par leur amour, on repousse (3) le mal et l’épreuve ; et c’est en lui (4) que se développent la bienfaisance et les faveurs. Après la mention de Dieu, on mentionne leur nom dans tout jugement, et c’est sur l’évocation de leur mérite que s’achève la parole. S’ils sont comptés parmi les gens de la piété, ils en sont les chefs ; si l’on interroge : « Qui sont les meilleurs de la terre ? », on répond : « Ce sont eux. »
Nul homme généreux ne peut les surpasser et nulle tribu, si noble soit-elle, ne saurait les égaler. Ils sont comme la pluie bienfaitrice au temps de la disette, et tels des lions dans la steppe lorsque l’ardeur du combat s’intensifie. Leur noblesse leur interdit qu’aucun blâme ne pénètre en leur demeure ; ils demeurent d’une haute lignée et leurs mains sont prodigues.
La pénurie ne réduit jamais l’étendue de leurs dons ; qu’ils prospèrent ou soient démunis, ils ne fléchissent pas en libéralité. Quelle créature donc n’est pas redevable à leur égard ? Car c’est par ce lignage que tout bienfait a commencé.