Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils complotent de te tuer, alors quitte cette ville. C’est-à-dire : sors de cette cité. « Je suis vraiment l’un de ceux qui te conseillent sincèrement », autrement dit : au sujet de ce que je te dis.

Dieu – qu’Il soit exalté – dit : « Il sortit de là, craintif et sur ses gardes », c’est-à-dire qu’il quitta aussitôt la ville d’Égypte, sans connaître de chemin ni de direction, en disant : « Seigneur, sauve-moi du peuple des injustes (21). Et lorsqu’il se dirigea vers Madyan, il dit : “Il se peut que mon Seigneur me guide sur la voie droite” (22). Et quand il parvint au point d’eau de Madyan, il y trouva un groupe de gens qui abreuvaient (leurs troupeaux), et en retrait, deux femmes qui empêchaient (leur troupeau) d’avancer. Il dit : “Quelle est votre affaire ?” Elles dirent : “Nous n’abreuvons pas (nos bêtes) tant que les bergers ne se sont pas retirés, et notre père est fort âgé” (23). Alors, (Moïse) abreuva (le troupeau) pour elles, puis il se retira à l’ombre et dit : “Ô mon Seigneur, je suis dans le besoin du bien que Tu feras descendre sur moi.” » [Al-Qasas, 21-24].

Dieu, qu’Il soit exalté, nous informe ainsi de la sortie de Son serviteur, de Son Messager et de Celui à qui Il s’adressa, hors d’Égypte, craintif et sur le qui-vive : il se retournait constamment de peur qu’un homme du peuple de Pharaon ne le rattrape, tout en ignorant où aller et dans quelle direction se rendre, car il n’avait jamais quitté l’Égypte jusque-là.

« Lorsqu’il se dirigea vers Madyan », c’est-à-dire qu’un chemin s’offrit à lui pour continuer sa route, « il dit : “Il se peut que mon Seigneur me guide sur la voie droite.” » Autrement dit : il se peut que cette route le mène à l’objectif recherché. Et, en effet, c’est ce qu’il advint : elle le conduisit précisément vers ce qu’il visait, et quel but !

« Et lorsqu’il arriva au point d’eau de Madyan » – c’était un puits où l’on puisait –, Madyan étant la ville où Dieu avait détruit les gens de l’Aïka, c’est-à-dire le peuple de Chuʿayb (sur lui la paix). Leur perte eut lieu avant l’époque de Moïse (sur lui la paix), selon l’une des deux opinions des savants. Moïse trouva alors à ce puits « un groupe de gens qui abreuvaient (leur bétail), et, à l’écart, deux femmes qui retenaient (leur troupeau) », c’est-à-dire qu’elles empêchaient leurs moutons de se mêler à ceux des autres. (Moïse) leur demanda : « Qu’avez-vous donc ? » Elles répondirent : « Nous n’abreuvons pas (nos bêtes) tant que les bergers ne se sont pas retirés. »

(1) Son expression signifie : « de cette ville ». C’est une interpolation présente dans les manuscrits B et T. (2) Al-Raʿā’, avec un rā’ kasra et une lettre mîm silentieuse : pluriel de rāʿi (berger), se forme aussi au pluriel sous les formes ru‘āt et ru‘iyān. Voir l’exégèse d’al-Ṭabarī (20/36). (3) Absente dans le manuscrit B. (4) Dans B on trouve : « et je l’ai rejoint ». (5) Mādīn est une ville située sur la mer de Qulzum (Mer Rouge), face à Tabūk à environ six étapes. Elle contient le puits d’où Moïse (paix sur lui) a tiré de l’eau pour les pasteurs. (6) C’est l’opinion d’Ibn ʿAbbās et Qatāda, mentionnée par l’auteur d’après l’exégèse d’al-Ṭabarī (20/35) avec quelques adaptations. Quant à la seconde opinion, al-Ṭabarī indique dans son tafsīr (20/34) : « Son propos : (peut-être que mon Seigneur me guidera sur le droit chemin) signifie : peut-être que mon Seigneur m’indiquera la voie vers Mādīn. Il dit cela parce qu’il ne connaissait pas le chemin vers cette ville. Il est rapporté qu’Allah lui accorda cette direction suite à sa prière : (Ô mon Seigneur, sauve-moi du peuple injuste) ; Allah facilita alors la route vers Mādīn. Il quitta l’Égypte sans provisions, ni chaussure, ni monture, ni argent, ni pain, craintif et vigilant, jusqu’à ce qu’il parvint à un groupe de personnes abreuvant leurs troupeaux près de Mādīn. » (7) Addition dans B : « et parmi les gens du Livre, elles étaient sept filles ». Cela est également erroné. Il se pourrait qu’il ait eu sept filles, mais il puisait de l’eau seulement pour deux d’entre elles, ce qui reste plausible si ces sept filles étaient sous sa garde, sinon il semble n’avoir eu que deux filles. Une addition analogue se trouve dans T : « ... cette erreur ; il semble qu’elles étaient sept, mais il ne faisait que rassembler de l’eau pour deux d’entre elles... sauf deux filles. » Cette interpolation témoigne clairement d’une faiblesse et d’une erreur.
يَأْتَمِرُونَ بِكَ لِيَقْتُلُوكَ فَاخْرُجْ﴾ أي: من هذه البلدة (١) ﴿إِنِّي لَكَ مِنَ النَّاصِحِينَ﴾، أي: فيما أقوله لك. قال الله تعالى: ﴿فَخَرَجَ مِنْهَا خَائِفًا يَتَرَقَّبُ﴾، أي: فخرج من مدينة مِصْرَ من فوره على وجهه، لا يهتدي إلى طريق ولا يعرفه قائلًا: ﴿رَبِّ نَجِّنِي مِنَ الْقَوْمِ الظَّالِمِينَ (٢١) وَلَمَّا تَوَجَّهَ تِلْقَاءَ مَدْيَنَ قَالَ عَسَى رَبِّي أَنْ يَهْدِيَنِي سَوَاءَ السَّبِيلِ (٢٢) وَلَمَّا وَرَدَ مَاءَ مَدْيَنَ وَجَدَ عَلَيْهِ أُمَّةً مِنَ النَّاسِ يَسْقُونَ وَوَجَدَ مِنْ دُونِهِمُ امْرَأَتَيْنِ تَذُودَانِ قَالَ مَا خَطْبُكُمَا قَالَتَا لَا نَسْقِي حَتَّى يُصْدِرَ الرِّعَاءُ (٢) وَأَبُونَا شَيْخٌ كَبِيرٌ (٢٣) فَسَقَى لَهُمَا ثُمَّ تَوَلَّى إِلَى الظِّلِّ فَقَالَ رَبِّ إِنِّي لِمَا أَنْزَلْتَ إِلَيَّ مِنْ خَيْرٍ فَقِيرٌ﴾ [القصص: ٢١ - ٢٤] . يخبر تعالى عن خروج (٣) عبده ورسوله وكليمه من مصر خائفًا يترقّب؛ أي: يتلفّت خشية أن يدركه أحدٌ من قوم فرعون، وهو لا يدري أين يتوجَّه، ولا إلى أين يذهب، وذلك لأنّه لم يخرج من مصر قبلها. ﴿وَلَمَّا تَوَجَّهَ تِلْقَاءَ مَدْيَنَ﴾ أي: اتجه له طريقٌ يذهب فيه ﴿قَالَ عَسَى رَبِّي أَنْ يَهْدِيَنِي سَوَاءَ السَّبِيلِ﴾. أي: عسى أن تكون هذه الطريق موصلة إلى المقصود، وكذا وقع، أوصلته (٤) إلى مقصود، وأي مقصود. ﴿وَلَمَّا وَرَدَ مَاءَ مَدْيَنَ﴾ وكانت بئرًا يستقون منها، ومَدْيَن (٥) هي المدينة التي أهلك الله فيها أصحاب الأَيْكة، وهم قوم شعيب، (عليه السلام) ، وقد كان هلاكهم قبل زمن موسى (عليه السلام) في أحد قولي العلماء (٦) ، ولما ورد الماء المذكور ﴿وَجَدَ عَلَيْهِ أُمَّةً مِنَ النَّاسِ يَسْقُونَ وَوَجَدَ مِنْ دُونِهِمُ امْرَأَتَيْنِ تَذُودَانِ﴾ أي: تكفكفان غنمهما أن تختلط بغنم النَّاسَ (٧) . ﴿قَالَ مَا خَطْبُكُمَا قَالَتَا لَا نَسْقِي حَتَّى يُصْدِرَ الرِّعَاءُ
(١) قوله: أي: من هذه البلدة. زيادة في ب، وط. (٢) الرعاء، بكسر الراء المهملة: جمع راعٍ، ويجمع أيضًا على رُعاة، ورُعيان. تفسير الطبري (٢٠/ ٣٦). (٣) ليست في ب. (٤) في ب: ووصلته. (٥) مدين: على بحر القلزم (الأحمر) محاذية لتبوك على نحو ست مراحل، وبها البئر التي استقى منها موسى (عليه السلام) للسائمة. (٦) وهو قول ابن عبَّاس وقتادة، وقد نقله المؤلف عن تفسير الطبري (٢٠/ ٣٥) بتصرف. وأما القول الثاني فقد قال الطبري في تفسيره (٢٠/ ٣٤): وقوله: (عسى ربي أن يهديني سواء السبيل) يقول: عسى ربي أن يبين لي قصد السبيل إلى مدين، وإنما قال ذلك لأنه لم يكن يعرف الطريق إليها، وذُكر أن الله قيض له إذ قال: (رب نجني من القوم الظالمين) فهيأ الله الطريق إلى مدين، فخرج من مصر بلا زاد ولا حذاء ولا ظهر ولا درهم ولا رغيف خائفًا يترقب حتى وقع إلى أمة من الناس يسقون بمدين. (٧) زاد في ب: وعند أهل الكتاب أنهن كن سبع بنات، وهذا أيضًا من الغلط، ولعله كان له سبع، وإنما كان يستقي منهن اثنتان، وهذا الجمع ممكن إن كان ذاك محفوظًا، وإلا فالظاهر أنه لم يكن له سوى اثنتين. وزاد مثل هذا في ط، وفيهما: .. الغلط وكأنه كُنَّ سبعًا ولكن إنما كان تسقي اثنتان منهن .. سوى بنتان. وواضح في هذه الزيادة الضعف والخطأ.

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