Ali ibn al-Husayn lui dit alors, à propos de l’excès de son fils : « En vérité, ton fils possède trois qualités : l’attestation qu’il n’y a de dieu que Dieu, l’intercession du Messager de Dieu, et la miséricorde de Dieu. » (1)
Al-Mada’ini rapporte : « Az-Zuhri commis un péché dont il fut accablé, si bien qu’il s’enfuit, abandonnant sa famille et ses biens. Lorsqu’il rencontra Ali ibn al-Husayn, celui-ci lui dit : “Ô Zuhri, ton désespoir à l’égard de la miséricorde de Dieu, qui embrasse toute chose, est plus grave que ton péché.” » Az-Zuhri répondit alors : « “Dieu sait mieux où Il place Son message.” (Coran 6:124) » Dans un autre récit, on rapporte qu’il avait versé, par erreur, du sang illicite ; Ali ibn al-Husayn lui ordonna de se repentir, d’implorer le pardon de Dieu et d’envoyer la diya (prix du sang) à la famille de la victime, ce qu’il fit. Depuis lors, Az-Zuhri répétait : « La plus grande grâce que j’aie reçue me vient d’Ali ibn al-Husayn. » (2)
Sufyân ibn ‘Uyaynah a dit : « Ali ibn al-Husayn avait coutume de déclarer : “Qu’un homme ne dise de bien d’un autre que ce dont il est certain, de peur qu’il ne se mette bientôt à dire de lui du mal dont il n’est pas sûr. Et que deux personnes ne se fréquentent pas pour commettre un péché, sans qu’elles ne tardent à se séparer sur un autre acte de désobéissance.” » (3)
Ils racontent également qu’il maria une esclave à l’un de ses affranchis, puis qu’il affranchit une autre esclave et l’épousa. ‘Abd al-Malik lui en fit le reproche, alors il lui écrivit : « “En vérité, vous avez dans le Messager de Dieu un excellent modèle...” (Coran 33:21) », faisant allusion au fait que le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) affranchit Safiyya puis l’épousa, et qu’il maria son affranchi Zayd ibn Hâritha à Zaynab bint Jahsh, la fille de sa tante paternelle. (4)
On rapporte qu’il portait en hiver un manteau de khazz (fine étoffe soyeuse) valant cinquante dinars ; lorsque l’été arrivait, il le donnait en aumône et revêtait alors des habits rapiécés ou plus modestes, tout en récitant : « “Dis : Qui donc a interdit la parure de Dieu, qu’Il a produite pour Ses serviteurs, ainsi que les bonnes nourritures ?” (Coran 7:32) » (5)
On lit, dans plusieurs sources citées par as-Sûlî et al-Jarîrîd (6), qu’Hishâm ibn ‘Abd al-Malik fit le pèlerinage alors que son père et son frère al-Walîd étaient califes. Il tourna autour de la Ka‘ba puis voulut toucher la Pierre Noire, mais ne put y parvenir qu’en faisant ériger une estrade. Après avoir touché la Pierre, il s’assit, entouré des gens du Shâm (Grande Syrie). C’est alors qu’Ali ibn al-Husayn s’approcha ; quand il fut près de la Pierre pour la saluer, la foule se retira par respect et révérence envers lui, et il portait un vêtement élégant et avait une belle prestance. Les gens du Shâm demandèrent alors à Hishâm : “Qui est cet homme ?” Celui-ci répondit : “Je ne le connais pas” — par mépris, pour que les Syriens ne s’inclinent pas devant lui. Al-Farazdaq, qui se trouvait là, reprit : “Moi, je le connais.” Et lorsque les gens lui demandèrent de qui il s’agissait, il désigna Ali ibn al-Husayn en disant :
« C’est celui dont les plaines de la Mecque reconnaissent la trace,
Et la Maison le connaît, tout comme l’enceinte sacrée et sa périphérie. »